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dique âs (er-at) trouvé par M. Lassen iS. Dans ces divers cas, le changement d’un à long sanscrit en do zend est une espèce de renforcement de la voyelle, qui ressemble beaucoup à un vriddhi.
Dans les exemples qui ont servi de base à cette discussion , nous n’avons pas cité de mot où la sifflante dentale suivie de la liquide r se changeât en A. Un mot qui revient très-fréquemment nous offre ce phénomène, c’est hazaghra (mille), pour le sanscrit sahasra. Dans ce mot, l’aspiration prend la nasale g. Si les observations que nous venons de présenter tout à l’heure sont fondées, ce fait appuierait l’existence du groupe sr en sanscrit, groupe dont M. Lassen a pu contester la réalité En effet, si le s dental seul se change en A en zend, on peut admettre que le mot zend où se trouve jAra pour correspondant en sanscrit la syllabe sr.
L’aspiration A se rencontre encore dans quelques positions où elle joue un rôle propre à la langue sacrée des Parses. Ainsi au commencement du mot hyat, qui répond à yat (que), elle doit représenter cette aspiration que l'on fait nécessairement entendre lorsque l’on veut donner au son i, suivi d’une voyelle, la valeur et le corps d’une consonne. Peut-être aussi hyat, signifiant que , n’existe-t-il pas, et ne doit-on y voir le plus souvent qu'une confusion du relatif avec le démonstratif hyat, en sanscrit syat. De même devant r, l’existence du A zend est probablement due à ce que l’on écrit -d’une manière visible l’aspiration qui se trouve virtuellement dans la lettre r. Nous avons déjà énoncé cette conjecture ci-dessus, en parlant de la liquide r, n" 7 d'Anquetil , et nous l'avons appuyée de l’orthographe des mots véhrka (loup), kêhrpa (corps), etc.
Nous devons ajouter pour terminer cette discussion sur la lettre A, discussion qu’il n’a pas dépendu de nous de rendre plus courte, que l’aspiration A repousse l’épenthèse de l’i; ainsi on a bimdhya (qui dure deux mois), et non btmâihya w.
•* but. BîbUoth, lom III. p»g. 78. “ L» lettre h repoussant l'épentlioje de
•' Ini. Bibliolh lom. III. pag 49- fi, et d'un autre côté un i capable de se
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Le n" 10 contient deux formes du y initial. Nous avons déjà fait connaître la valeur de ces lettres dans notre discussion sur les voyelles; nous ne les rappelons ici que pour exposer que, médiales et précédées immédiatement d’une consonne, elles jouissent quelquefois de la propriété que nous avons reconnue à la liquide r, savoir, d’aspirer une gutturale, une dentale, une labiale douce ou forte. Mais nous devons en même temps avertir que cette loi est d’une application beaucoup moins rigoureuse pour y que pour r et pour les semi-voyelles v ou ».
Le n* 3 2 fi tch a cette valeur dans l'alphabet de M. Rask. C’est le tch ou la première des palatales fortes de l'alphabet dévanâgari. Elle se trouve employée dans des mots communs aux deux langues. Cette consonne repousse l'épenthèse de la voyelle; et comme elle n’a pas dans l’alphabet zend d’aspirée qui lui corresponde, elle échappe à la loi d’aspiration que nous avons constatée sur y et sur v. C’est ainsi que l’on trouve dans notre Tableau des groupes zends, tchv et Ichy. D'un autre côté, cette lettre exerce sur la sifflante la même action que le tch dévanâgari; elle force un s dental à devenir p.
Le n” 2 3 y p est le p de l’alphabet dévanâgari, la première des labiales fortes. Elle se trouve employée dans des mots communs aux deux langues. 11 faut seulement remarquer , qu’après le p palatal , le p zend représente le v sanscrit. Le p admet en outre l’épenthèse de la voyelle i, et il est soumis au changement en / dans sa rencontre avec les nasales n, m, les liquides jr, r, et les sifflantes p, ch, s.
Le n° 3 1\ tb j a la même valeur dans l’alphabet de M. Rask ; c’est un son propre à la langue zende , et il n’a pas de correspondant en
changer en h n'existant jamais après i. il en résulte que le zend ne supporte pas l’aspiration h après cette voyelle non plus qu'après la lettre u. Il se passe dans celte langue
à peu près la même chose qu'en gothique, où Grimm nous apprend que h ne suit jamais les voyelles i et a. [Deutsch. Gramnt. tour. 1. pag. 71.)
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sanscrit. Cependant, si l’on compare ia plupart des mots communs aux deux idiomes dans lesquels se trouve le j zend, on reconnaîtra que cette dernière lettre n’est que l’adoucissement du dj dévanâgari. Ainsi le zend jnâld est le sanscrit djiidtâ (celui qui connaît); et le zend vtji (rue), qui est, selon toute vraisemblance, le gothique vigs (voie), l’allemand wege, et le latin vicus 11 , se rattache sans doute au radical sanscrit vidj (se mouvoir). La suite de nos analyses nous donnera de fréquentes occasions d’appuyer pr des exemples ce rapprochement du j avec le dj sanscrit.
Mais le j zend a encore un usage qui lui apprtient en propre; c’est qu’il est le substitut d'un ch (ou i), linal d’un préfixe et venant à s’unir à un mot qui commence par une des sonnantes g, dj , d, b, v. Les voyelles â et â, entre autres, exercent la même action que ces consonnes, et ainsi duch devient duj dans tous les cas de rencontre précités. De même la particule nich, qui est au sanscrit nir, comme le zend dach est à dur, se change en nij devant les consonnes que nous venons d’indiquer **. Cette loi de permutation , nouvelle trace du sandhi en zend, est analogue à celle que nous avons précédemment exposée sur la lettre z, substitut de f et s, et nous avons essayé dès lors d’en faire apprécier l’importance. Toutes ces lettres, ç, ch , s,j, z, ont entre elles des rapports qu’expriment très-bien les per-
" Cette étymologie de vicus est peut-être plus naturelle que celle que I on donne ordinairement, wwf. Ne pourrait-on pas aussi rattacher à cette famille le mot via , nonobstant l'autorité de Varron , qui le tire de vtha ( rac. vehere ) , employé , dit-il , par les hommes de la campagne? Veha pourrait bien n'étre en effet qu’une mauvaise prononciation de via, ou mieux encore un archaïsme qui rapprocherait le mot latin du wege tudesque.
11 Les grammairiens indiens considèrent
nir et dur comme la forme première de ces préfixes , que nous trouvons en zend écrits avec la sifflante c&. Je doute cependant que r soit la finale primitive. En sanscrit r est très-fréquemment postérieur à l’égard d’un i, ainsi qu'on le voit en latin, et dans les dialectes germaniques où le savant Grimm a démontré le fait jusqu'à l’évidence.
[Deutsche Gramm. tom. I, pag. 58 1, et les renvois indiqués sur cette page.) Comme nir et dur sanscrits sont même > dans certaines circonstances , ru ch et duch , ce sont
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mutations euphoniques qu’elles subissent. En effet , j est l'adoucissement de ch , comme z est celui de s et de ç. Que 1® loi de permutation d’une sourde en sonnante, lorsque la sourde vient à tomber sur une sonnante , soit connue d’une langue qui a développé avec prédilection les sons sifflants, et alors s rencontrant un b deviendra z (zb), comme ch rencontrant la même lettre sera j (jb). Les lettres z et j ne sont en réalité que des développements des sifflantes; elles en ajoutent deux au nombre de trois que possède déjà le xend en commun avec le sanscrit, et peut-être est-ce dans la multiplicité de ces sons ç, s, z, ch.j. qu’il faut chercher la raison de cette opinion d’Hcrodote, qui prétend que tous les mots de la langue persane étaient terminés par un s. Cette assertion, qui a beaucoup embarrassé les philologues, se trouverait ainsi justifiée, en ce sens que, pour une oreille étrangère frappée de la fréquente répétition des sifflantes, chaque mot aurait pu passer pour terminé par un s. Quoi qu’il en soit de ce rapprochement, qui ne |>eut avoir de valeur qu’autant qu'on aura prouvé que le zend était la langue des Perses au temps d’Hérodote, la loi de permutation du ch xend (ou sanscrit) en j a une grande extension en zend. Nous oserions même nous en servir pour expliquer, au moins en partie, le nominatif pluriel du pronom de la deuxième personne yûjém (vous), pour le sanscrit yàjam. Certainement le j zend peut bien être le substitut du y sanscrit, en passant par le dj , comme le ( grec l’est fréquemment M. Mais comme les
cm dernières formes que je serais tenté de regarder comme primitives. C’est ainsi que je trancherais une question que M. Ch.
Schmidt, dans son ingénieux Traité sur les prépositions grecques, a laissée indécise. [Depnxpos. grmc. p. 84.) On pourrait ajouter, relativement à la préposition duch , que c’est le même mot que le radical verbal sanscrit dach (nuire) , et selon toute apparence le même que dvtch { haïr.) Or, dans
ces deux mots, le ch, ou d'une maniéré plus générale, U sifflante est primitive. En supposant ch devant l'aspiration h, et en renversant le mot, on aurait Jtadqui donne le gothique luths et le latin odium.
11 Notamment dans (vy< pour le sanscrit ce qui n’empêche pas que le ( grec ne soit aussi le représentant d'un dj sanscrit , par exemple dans Çmm , qui est le sanscrit djit ( vivre } .