‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 31 sur 139 · CHAPITRE I. no · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. no

zend , à un nom féminin, celui de la femme impudique , de laquelle il est dit : yénijhé fra Jravaili manô yalhd awarim vdlô cliûlëm . « celle

■ dont le cœur va toujours, comme un nuage chassé par le vent *. •

Tous les mots que nous venons d'expliquer forment une première proposition, dont la disposition a cela de remarquable, que le rapport qui l’unit à la proposition principale tâçlchd, tâoçlchd yaz

est exprimé irrégulièrement. Le mot qui fait le lien de ces deux propositions est yênghê. qu’il serait plus naturel de voir au génitif en rapport avec hdtâm, terme qui doit être traduit dans le sens d’un datif, ainsi que la syntaxe le veut le plus souvent en zend aussi bien qu’en sanscrit. Littéralement rendue, la phrase signifie en latin barbare:

• quicunque existentium tune in sacrificio bonum multiscius Ahura

• declaravit per puritatem, et quarumeunque (feminarum existentium

• tune, etc.), illosque basque adoramus9. »I1 est évident que les deux premiers mots représentent cette expression quibus illis existentibus. Mais il est d’autant plus facile de comprendre l'espèce d’irrégularité de construction qui se trouve dans cette phrase, que la tournure zende revient à cette forme qui nous est familière : « tous les êtres exis-

■ tants auxquels le tout savant Ahura a enseigné alors dans le sa- « crifice (ou le Yaçna) le bien par la pureté (c’est-à-dire, a enseigné

• que le bien s'obtenait dans le sacrifice par la pureté)... nous leur < adressons un sacrifice. » Entre ces deux propositions s’en place une troisième qui répond à tdoçtchâ (illasque), comme la première répond à tàftchâ. Cette proposition, qui, dans le style souvent si elliptique du Zend Avesta, n’est exprimée que par un mot, est annoncée par ydoqhàmtchâ, qui est au génitif pluriel féminin, beaucoup plus régulièrement que le yénghc masculin du commencement. Il

' Venduiad-sadè , pag. 48. Ma. Anq. n° a F, pag. 101. Peut-être, dnna ce cm, faudrait-il lire yainjhê; mais cette correction n'est pas autorisée par les manuscrits. En grec d'ailleurs owu se dit aussi pour nemoç.

* J’omets à dessein de parier ici du mol âat (alors), pour ne pas prolonger cette discussion préliminaire. 0 a vraisemblablement ici un sens plus élevé, celui de « ja- « dis , à l’origine des choses. ■

faut y rétablir, après yâoghâmtchd [et quaram pour et quibas), la phrase entière qui suit ydnjjhc . en mettant sans doute hâiàm au féminin ( hditinàm ). Les mots tâçtchâ. tâoçtchd, que nous examinerons plus tard sous le point de vue grammatical, nous feraient déjà par euxmêmes soupçonner qu'il s’agit d’êtres des deux sexes, quand même la glose de Nériosengh n’ajouterait pas encore cette indication précieuse; savoir, que cette prière se rapporte aux Amschaspands, dont les uns sont mâles et les autres femelles. Nous pouvons donc, d’après cette analyse, traduire de la manière suivante : • tous les êtres mâles » et femelles à qui le tout savant Aliura a enseigné alors que le bien « s'obtenait dans le sacrifice par la pureté, nous leur adressons le • sacrifice. »

Si tel est bien le sens de notre passage , on peut considérer cette prière, malgré sa brièveté, comme un des textes les plus remarquables du Zend Avesta. Elle résume en peu de mots les principales idées sur lesquelles repose la partie morale du système religieux de Zoroastre : le bien ou la sainteté [vaghô); le sacrifice (yaçna), considéré comme le moyen d’y parvenir; et la pureté ( acha ), indiquée comme la condition nécessaire pour pouvoir célébrer le sacrifice et en obtenir les résultats. Elle nous conserve, en outre, la trace d’une notion qui occupe certainement moins de place dans les livres des Parscs que dans ceux des Brahmanes , mais qui n'est cependant pas entièrement étrangère aux premiers. Nous y voyons, en effet, Aliura enseignant aux Amschaspands que le sacrifice est la voie de la sainteté; et l’Ormutd des Parscs y paraît, comme le Pouroucha indien, l’instituteur du sacrifice. Cette notion , dont le mythe de Kaiomorts est une des expressions les plus complètes, a pris, dans la prière de notre texte, la couleur morale qui distingue d’une manière si tranchée l’ancienne croyance des Parses de celle des Hindous.

Le lecteur est maintenant.cn état d’apprécier jusqu’à quel point il est permis d’appeler lias les divisions ou les portions de textes qui forment l’ensemble du Yaçna. On voit que, pour répondre à cette ques-

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