‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 39 sur 139 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

réponse précise à la question de savoir s’il faut écrire le nom propre du personnage dont nous parlons, =if«» ou =tfïiy. Les manuscrits varient beaucoup en ce point; mais tous les doutes sont levés si l’on admet notre explication. Car, comme il n’y a qu’un fl s qui puisse se changer en ty h rend, il faut reconnaître que la forme primitive de laquelle part vakisla, doit s'écrire en sanscrit t lasichtlia, et non avec un ç palatal , lequel persisterait en zend.

3. La phrase qui est marquée n°3 commence par l’adjectif çraéçtahêtclia, que les deux Yaçna zend-sanscrits écrivent bien avec un ay dental g}o,jq«-‘0)0^J9 ■ tandis que le n* 6 S lit fautivement .uipasg).» Mfi. La ressemblance de ce mot avec le sanscrit çréchtha est trop évidente pour qu’il soit nécessaire de nous y arrêter. Il est bon toutefois de remarquer que le principe que nous avons posé au commencement de ce travail sur l’identité du zend aê et du sanscrit é, reçoit de l’étymologie de ce mot une confirmation nouvelle. Je n’hésite pas, en effet, à rattacher le superlatif çraésta au mot fraye (perfection), que nous verrons plus tard dans les textes au nominatif et à l'instrumental. Or, (ray-ô répond à un sanscrit (rayas qui n’existe pas, il est vrai, mais que les lois euphoniques nous permettent de regarder comme la résolution de çré devant le suffixe as. Le zend f roy-é, de même que le sanscrit pay-as (lait), nous montre la syllabe ay précédant une voyelle. La syllabe ay doit donc, dans la première de ces deux langues, venir des mêmes éléments que dans la seconde, c'est-à-dire d'un é. Par là le radical du substantif f ray-ci se trouve ramené à çraè , élément du superlatif çraé (-sta), auquel la formative sta se joint immédiatement sans la voyelle de liaison i, qui ne me semble pas appartenir primitivement au suffixe. Mais ce radical çraé ne peut être lui- même que secondaire; il faut y voir le guna de çrt, mot très-connu en sanscrit avec le sens de prospérité, beauté, et en général de perfection due à la nature ou au hasard. Je n'ai pas rencontré fri à part en zend ; mais il est

i3a COMMENTAIRE SUR LE YAÇN Æ

bien reconnaissable dans l’adjectif çrira (fortuné), adjectif formé de fri avec le suffixe ra. En résumé, le substantif fri (prospérité) me paraît donner naissance i tous ces mots: i°fri-rn (fortuné); a* f ray-é (perfection), avec un gana appelé par- le suffixe as, et résolu devant la voyelle de ce suffixe; 3* çraé-sta (parfait), avec un gtma qui reste sans changement devant la formative du superlatif sta. Ici, comme on voit, le zend jette le plus grand jour sur un mot sanscrit, çréchtha, que les Brahmanes n’expliquent qu’imparfaitement quand ils le dérivent de ç ra ou de pré, et dont aucune grammaire européenne n’a encore essayé l’analyse. Quant au sens que les Parses donnent à cet adjectif, il s’accorde très-bien avec les rapprochements que nous venons de faire. Anquelil le traduit par très-pur; il vaudrait peut-être mieux dire très-parfait. Mais Nériosengh conserve, À ce qu’il semble, une trace curieuse de l’une des significations de çréchtha ( rad. fri) dans sa traduction qui signifie > très-beau à la vue.»

L’adjectif suivant, lu dans le manuscrit lithographié khraôjdiçtahétcha, est écrit, dans l'addition faite d’une main récente au n° 6 S, ifèsnyÿ , leçon excessivement fautive ; dans le n° 3 S , jnW*M*T* *0 **jtb ** où le second j> a pour i i est seul fautif; enfin, dans le n* a F, ô> , ce que je crois être la véri-

table orthographe. Premièrement on y voit entière et sans altération la désinence ista, écrite avec le -nj dental , selon l’usage des anciens manuscrits; et secondement l’o du thème khraojda y est bref, comme dans le n* 3 S et dans les meilleures copies. Selon Anquetil , cet adjectif signifie très-fort; selon Nériosengh, excessif, oppressif Ce dernier sens doit revenir à celui d’ Anquetil , car la glose sanscrite ajoute pour le déterminer kdryanjdjdih, mot après lequel nous plaçons un visarga que ne donne pas le n* a F, en abandonnant la lecture du n” 3 S, , qui ne nous paraît qu’une faute de copiste. Ce

composé, qui signifie littéralement « actionum proprietatibus , » ou ■ par les choses propres à l’action , » paraît destiné à modifier la

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