CHAPITRE I
valeur de l’adjectif gddhata ra, et à lui donner le sens de « énergique
• dans l’accomplissement de l’action. > Au reste, la signification d’oppreuif, donnée par Nériosengh, s’accorde assez avec celle que suggère l’étymologie du mot. Après le retranchement de la formative ista, il nous reste khraojd, qui se retrouve en zend dans d’autres mots, mais en petit nombre. Ce radical doit avoir perdu, devant le suffixe ista du superlatif, la voyelle a qui en faisait un adjectif, khraojda. Si nous admettons que ao soit l’expression zende du gu. na appelé par le suffixe a, nous ramènerons ce mot à khrujd, c’est-à-dire à un radical terminé en d, comme mijd-a.yaojd-a et pazd-a.
Nous avons déjà essayé d’analyser deux de ces mots difficiles, en nous appuyant sur la comparaison du j zend avec le ch sanscrit. Nous avons émis la conjecture que da, dont la dentale paraît faire partie du radical mtj, yaoj, etc., doit n’être qu’un reste de la racine dà qu’on peut considérer comme ayant tantôt la signification active, tantôt la signification passive. C’est ainsi que dans mîj-da (récompense), comme nous avons essayé de l’expliquer, da ne peut guère avoir d'autre sens que celui d’un participe parfait passif^» donné en récom-
• pense. • Mais il faut admettre aussi que da signifie gai donne (comme à la fin d’un grand nombre de composés sanscrits) dans le verbe pazda, «frapper à coups de pieds,» où nous voyons un exempte intéressant du changement du d radical de pad (pied) en la lettre plus douce z devant la dentale d, tant la langue zende repousse l’accumulation en un groupe de deux consonnes semblables.
Si nous appliquons ces principes de décomposition à khraoj-da, nous trouverons après la suppression de da, reste du radical dd (donner), khraoj ou khruj, monosyllabe dans lequel la finale j peut être la permutation de diverses lettres. Elle peut se ramener d’abord à une sifflante ch , de la même façon que dajddo revient à duch-dào. On obtient ainsi le radical khrach, qui n’est, selon- toute apparence, qu'une modification de la racine khruç, le ç primitif passant au ch devant une dentale (comme le sanscrit krâchtu, chacal, de kruç), et ce
ch se changeant ensuite en j dans sa rencontre avec la sonnante d. Le radical khruç existe d'ailleurs en zend, où il suit le thème de la quatrième classe. Mais, ou il faut admettre que ce radical a eu d’autres significations que celle de crier, ou l’on doit convenir que la traduction qui résulte de cette analyse, ■ ciamores dans, • est assez peu satisfaisante. Si, d’un autre côté, l’on se reporte à l’analyse que nous proposons pour pazda, dans lequel z représente un d, ou même un dh , selon l’orthographe du mot padh assez fréquente en zend, on ramènera khruj à khradh, en sanscrit krudh (colère). La différence du z au j ne peut pas faire difficulté, puisque j après i, u, o, répond à une sifflante (ch), differente de celle que remplace z après a, savoir s, et que de plus il faut supposer, pour comprendre ce changement de d en z et en j, que la dentale simple ou aspirée passe par les sifflantes j et cA , de cette manière pad-da , pas-da , paz-da , et khraodh-da . kraoch-da, khmoj-da.
Ce changement d’une dentale radicale en s devant une autre dentale, changement que nous avons indiqué dans nos Observations préliminaires, se jjyésenter* quelquefois en zend, où il nous aidera à expliquer divers mots difficiles. 11 nous suffira, quant à présent, de remarquer qu’il se voit également en latin où est vient d’un verbe ed-ere dont le radical est terminé par une consonne dentale qui, au lieu de persister devant la dentale t de la désinence, se change en la sifflante $. Ajoutons toutefois que dans pazrda, par exemple, le zend a non-seulement remplacé la dentale par une sifflante , mais encore choisi la sifflante la plus douce de toutes celles qui peuvent précéder la dentale d.
Si les observations précédentes sont fondées, le zend khraojda peut répondre non-seulement à un composé sanscrit kradh-da , que l’on pourrait traduire par irum dans, c’est-à-dire, « violent , emporté, » mais encore à l’adjectif kruddha (irrité). Cette dernière explication me paraît toutefois moins vraisemblable que la première. Car, pour qu'on dût l’admettre, il faudrait que les règles relatives à la forma-