‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 4 sur 139 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT-PROPOS

depuis Yczdedjerd, dernier roi de Perse, les émigrés, jusque-là réunis, se dispersèrent ; et les résultats de cet événement furent si fâcheux, que Henri Lord 5 a pu dire «que les Parsesperdi- « rent le souvenir de leur origine et de leur religion, jusqu'à « ne savoir plus d’où ils étaient descendus. * Si Anquetil a raison de trouver cette assertion exagérée, on ne peut nier que l’ignorance de la langue pehlvie n’eût fait en peu de temps de rapides progrès parmi les Parscs du Guzarate. Vers la fin du xivc siècle de notre ère, la copie du Ycndidad qu’ils avaient apportée avec eux était déjà perdue. Ce fut un Destour, nommé Ardeschir, qui vint du Sistan dans le Guzarate et qui donna aux prêtres un exemplaire duVendidad, avec la traduction pehlvie. On en tira deux copies, et c’est de ces deux copies que viennent tous les Vendidad zends et pehlvis que l’on trouve dans l’Inde6. Ce n’est pas tout; la traduction pehlvie elle-même subit des modifications capitales, et ces faits sont si importants dans la question qui nous occupe, qu’on nous permettra de nous servir des paroles mêmes d’Anquetil.* 11 y a quarante-six ans plus ou « moins (ce qui nous reporte vers le commencement du xvme « siècle), qu’il vint du Kirmau un Destour fort habile nommé

« Djamasp Il crut devoir examiner le V endidad qui avait

« cours dans le Guzarate. Il en trouva la traduction pehlvie trop

* longue et peu exacte en plusieurs endroits. L’ignorance était

• le vice dominant des Parscs de l’Inde. Pour y remédier, le « Destour du Kirman forma quelques disciples, Darab à Surate, « Djamasp à Nauçari, un troisième à Iîarotch, auxquels il ap- « prit le zend et le pehlvi. Quelque temps après, las des con- « tradictions qu'il avait à essuyer, il retourna dans le Kirman...

% Histoire île la religion îles anciens Persans, * Zend Avesta, Discours préliminaire ,

trad. franc, pag. i4i< pag. cccxxiij.

AVANT-PROPOS. xi

« Ce Destour a laissé dans l’Inde une copie exacte duVendidad a zend et pchlvi. Darab, premier disciple de Djamasp et Des- « tour Mobed, consommé dans la connaissance du zend et du « pehlvi, voulut corriger la traduction pehlvie du Vendidad.et « rectifier quelques endroits du texte zend qui lui paraissaient « ou transposés, ou présenter des répétitions inutiles. Il com- « mença par expliquer à de jeunes théologiens parscs les Qu- 'l vrages de Zoroastre,que les Mobeds lisaient tousles jours sans

« les entendre Le texte zend était inondé de commentaires

« pehlvis souvent très-inconséquents 7. ■

Ainsi, non-seulement la tradition ne se conserva pas dans toute sa pureté parmi les Parsesdu Guzarate, mais encore elle y fut quelque temps interrompue; non-seulement la connaissance de la langue pehlvie ne s’y perpétua pas d’une manière régulière, mais le souvenir son eflaça complètement; et, sans les communications qui s’établirent dans des temps très-modernes entre les Parscs du Guzarate cl ceux du Kirman, il est vraisemblable qu’Anquetil , à son arrivée dans l’Inde, n'aurait plus même trouvé de traces des livres qu’il poursuivait avec tant de persévérance. Or, si les Parses du Guzarate purent oublier une fois le pehlvi, quelle garantie la critique possèdet-elle qu’ils aient pu l’apprendre de nouveau d’une manière assez complète et assez sûre pour être en état de donner de la version pehlvie une traduction exacte? Et si les manuscrits rapportés de 1 Inde par Anquetil nous fournissent les moyens de rectifier leurs assertions, si 1 étude comparative du zend, du sanscrit et des langues de la même famille nous permet de saisir directement le sens du texte zend, et de corriger avec certitude plusieurs passages des traductions données par eux à

1 Zend Avetta, Discours préliminaire , pag. cccxxvi.

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