‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 44 sur 139 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Ce substantif est le génitif d’un nom en nas, formative changée en naÿh devant la désinence du génitif 6. Quand on a retranché de raf-nagk-â la marque du génitif et le suffixe , on obtient le radical raf, qui me paraît identique au sanscrit rabh, par le changement du bh en f La racine sanscrite rabh a, comme on sait, le sens de se réjouir, sens qu’elle garde dans quelques-uns de ses dérivés , comme rabhasa (joie); c’en est assez, ce me semble, pour nous autoriser à rapprocher l’un de l’autre ces deux monosyllabes raf et rabh. Nous ajouterons que le changement du bh sanscrit en f zend, qui se remarque dans d’autres cas encore, est vraisemblablement ici favorisé par la présence du n du suffixe. Mais, quelle qu’en soit la cause, on y voit une nouvelle preuve de l'analogie du zend et du grec dans certains détails de la théorie des lettres. On sait en elfet que le H bha sanscrit devient souvent f en grec. Or, outre divers changements qu’il subit en passant en zend, le bh dévanâgari devient encore / comme en grec. S’il en fallait une autre preuve, nous comparerions au sanscrit nâbhi (nombril) le zend najédhra, qui sera expliqué plus bas, et le grec

7. La dernière division de notre texte se compose de courtes propositions formées d’un sujet et d’un verbe; le sujet commun de ces propositions est yd pour le sanscrit y ah , qui se rapporte à Ormuzd. Ce fait, établi par Anquetil et par Nériosengh, ne peut être douteux. Le mot suivant nô, pour le sanscrit nah , est également le pronom de la première personne à l’accusatif pluriel. Nériosengh reconnaît la véritable valeur de ce mot, mais Anquetil le prend à tort pour un singulier (qui me donne les biens, etc.). Nous verrons dans le cours de notre travail se reproduire cette confusion qu’Anquetil fait du singulier avec le pluriel des pronoms. Les manuscrils écrivent tous uniformément le mot dadha de la môme manière; seulement le n” 2 F, pag. 3 , oubliant les points après yô et nô , réunit ces trois mots en un seul. Le mot dadha, que l'on reconnaîtrait pour

i4a COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.

le sanscrit dadâ u, quand bien même Nériosengh ne nous en avertirait pas, est plutôt le parfait du verbe dd {donner}, pour les Parses créer, que celui de dhâ (poser, établir), qui pourrait prendre aussi le sens de créer, par extension. Nous savons en effet que les copistes préfèrent comme lettre médiale le dh au d.

Le parfait dadha, avec son redoublement, et sa brève pour désir nence, est intéressant en oe qu’il se prête à deux explications qui, toutes deux, éclairent la grammaire zende. En premier lieu, on peut croire que, dans cette troisième personne du parfait, la désinence a fait disparaître l'd long du radical, qui se trouve dansdd/a, dditya, dûlarv , etc. , et qu’elle se substitue & sa place. Cette formation peut même passer pour ancienne, en ce qu’elle fait rentrer le radical dâ, quoique terminé par une voyelle longue , dans l’analogie des verbes terminés par une consonne, et qu’elle traite ce verbe d’après les lois générales de la conjugaison du parfait. Secondement (et cette interprétation me paraît plus vraisemblable), dadha peut être l’abrégement de dadhâu, par la suppression de l’élément u de la diphthongue, d a devenant d, comme nous verrons que le lait a lieu pour mazdào , au nominatif même mazdd, et cet a final se contractant encore en un u bref. Les trois mots de notre phrase signifieront donc littéralement «qui nous a donnés, » c’est-à-dire criés.

Le mot suivant, tatas , lu de même dans le n° a F, est écrit dans le n‘ 3 S , et mieux encore dans le n* 6 S.

il faut en effet à ce verbe sa désinence a; et nous savons qu'un ay i dental n'est jamais précédé d'un a en zend sans se changer en u* A. Anquetil traduit ou plutôt paraphrase ce verbe par « qui est fort • et agissant. • Nériosengh le rend à peu près de même par un verbe sanscrit signifiant • agir avec énergie; • mais il en précise davantage le sens en le conjuguant à la dixième classe , littéralement en latin « qui coagmentavit. > Ces deux acceptions me paraissent également justifiées par les textes, où nous voyons ce radical et plusieurs de ses dérivés avec les sens suivants: « agir avec énergie, organiser, dis-

Page 1