CHAPITRE I
• poser. » II est vraisemblable qu’il faut suppléer le complément nci . « qui nous a organisés, formés, • idée qui précise davantage et détermine celle de création, exprimée d’une manière générale par la proposition yô nô dadha. Lorsqu’on a retranché du parfait tatacha le redoublement et la désinence ta et a, on obtient le radical tach, que je crois le même que le sanscrit takch (façonner), et vraisemblablement que le grec m'ai » (disposer). L’identité de ces deux radicaux paraît surtout dans les dérivés qu’ils forment de part et d’autre. Car comme le kch perd sa gutturale en sanscrit, le radical takch est réduit à tach . de même qu’en zend. Ce passage du kch au ch a lieu, comme nous le verrons, en zend même, notamment dans le mot fravachi (Férouer) , que je n’hésite pas & rattacher au radical zend et germanique vakhs. Ce rapport m’a suggéré pendant quelque temps la conjecture que le mot takhma, que nous avons vu au paragraphe v de l’Invocation, pourrait aussi appartenir au radical takch, dont le ch aurait disparu pour ne laisser subsister que la gutturale. Mais comme on trouve en sanscrit un radical tak, dont on n’a pas besoin de forcer beaucoup le sens pour le rattacher au zend takhma, j’aime mieux laisser séparés ces deux radicaux tach et tak, jusqu’à ce qu’on découvre un mot qui en montre plus clairement l’identité.
La proposition suivante nous donne encore un verbe , tathmyi1 . que lisent de même les deux Yaçna zend-sanscrits , et que le n° fi S écrit jt)t> Cette leçon me paraît fautive en ce que nous avons besoin dans ce texte d’un verbe et non du génitif singulier d’un adjectif en ya, forme que semble présenter le mot donné par le n° 6. L’accord de trois manuscrits , et surtout la facilité avec laquelle s’explique leur leçon, me paraissent lui assurer toute la certitude désirable. Le verbe tnihruyê a la désinence d’une troisième personne du singulier du parfait moyen, ê. Cette désinence me semble ne se joindre ici au radical que par l’intermédiaire d’un i , voyelle de liaison qui se change en y devant é. L’insertion de cette lettre est très-fréquente eu tend après une voyelle u et d, ainsi que l’a re-
marqué M. Bopp pour le verbe rnrùyé (je dis) et pour dayê (deux) Mais ce savant philologue n’a pas énuméré tous les cas où se montre ce fait, qui se reproduit dans le dialecte des Védas“, et il a notamment omis d’en constater l’existence après les voyelles 6 et ao dans plusieurs cas d’un adjectif dérivé de mainyu, dont la déclinaison reçoit de la connaissance de cette règle une grande lumière. Je pense aussi que c’est plutôt la voyelle i que l’on insère pour la changer ensuite en y; au moins savons-nous d'une manière certaine que la lettre i joue, comme voyelle de liaison, un très-grand rôle dans les formations grammaticales, surtout dans celles des verbes.
L’emploi d’une lettre intercalée a ici un résultat remarquable, et qui prouve bien l’analogie intime de la conjugaison ‘zende avec celle du sanscrit. Cette lettre me paraît destinée à conserver entière la voyelle du radical a devant la désinence â, désinence qui, suivant la théorie de M. Bopp, étant grave, ne doit pas être précédée d’une augmentation du radical. Changer la voyelle a en v devant ê, selon la loi euphonique, eût occasionné une accumulation de lettres tuthrv-ê , que l’on n’eût pu prononcer que très-difficilement. Développer comme en sanscrit l’a du radical en av, c’eût été apporter une certaine modification à la racine. Le radical subsiste au contraire intact au moyen de l’insertion de la semi-voyelle y , et en ce point le zend me paraît rester plus fidèle que le sanscrit à la loi de la conjugaison des verbes comme sta , brû , et le zend 1 Ara.
Après le retranchement de la désinence et de la lettre intercalée, il nous reste luthru dont le redoublement est régulièrement formé, comme en sanscrit, de la première consonne et de la première voyelle du radical. La racine ihru, que nous obtenons ainsi par l’analyse, a , selon Anquetil, le sens de nourrir, selon Nériosengh, celui de pro-
” Gramm uuucr. pàg. 3a8. On peut et d'autre* mot* que nous verrons ailleurs, ajouter encore frrçtayc , qui ouvre le Ven- “ Vov. les scolies *ur Pânini. VU, t . didadsadé, de çlu (louer), tanuyi (au cité par Laasen, Intl. bibi lom. III, pag. -jà. corps) pour tanave qu'on ne trouve pas, et par Bopp. Gramm. sanscr. pag. 3a i.