CHAPITRE I
léger. Je ne trouve en sanscrit aucun radical qui réponde à ce verbe 7,end. L’idée de protéger est, dans la langue des Parses connue dans celle des Brahmanes, exprimée par la racine thrâ et Ird (pour Irai), qui n’a qu’un rapport très-éloigné avec thru. Je crois que cette racine, qui d'ailleurs est très-rare en zend, doit être rangée au nombre de celles qui appartiennent exclusivement à la langue de l'Ane. On verra par la suite combien le nombre de ces racines est borné. Peut-être même pourrait-on rapprocher ihra du grec
Enfin, la dernière partie du paragraphe est formée de deux adjectifs , que les deux Yaçna zend-sanscrits lisent de même , tandis que le n° 6 S a fautivement Ce dernier manuscrit est le seul
qui réunisse en un même mot la fonnative du superlatif avec l’adjectif çpéiitô , infléchi au nominatif selon l’usage le plus ordinaire de la langue zendc. Nous avons déjà vu ces deux mots , le premier au génitif dans le ’Vin® paragraphe de l'Invocation, le second dans une note sur nos Observations préliminaires, où nous avons essayé de Te rattacher de loin au sanscrit. Ici, tous deux sont au nominatif singulier masculin, et le second est de plus au superlatif. Le premier, mainyas, a la désinence s, caractéristique du nominatif, comme darft rat us; nous avons déjà dit que ce mot signifiait dans le principe intelligent. Le second a, dans Anquetil, le sens d'excellent. Au reste, l’interprétation que donne ce savant ne paraît pas prouver qu’il se soit fait une idée bien nette de ces deux mots. La paraphrase : • qui « est souverainement absorbé dans l’excellence, » ne présente pas les éléments d’une analyse précise. Nériosengh traduit mainyas par un sens d’extension : « le plus grand des êtres invisibles , » pour dire, des êtres diviqs. Enfin, M. Rask est plus près du sens, quand il adopte « spiritus excellentissimus 14 ; » seulement nous ne croyons pas que mainyas soit un substantif.
Après l’analyse successive que nous venons de donner de toutes les parties de notre premier paragraphe, nous pourrons présenter " Ueber dai Aller, elc. pag. 35.
i4 6 COMMENTAIRE SLR LE YAÇNA.
la traduction suivante comme fondée sur la connaissance du sens des mots et de leur forme , telle du moins qu’il nous a été possible de l’obtenir:
« J'invoque et je célèbre le créateur Aliura-mazda , lumineux, res- « plendissant, très-grand et très-bon, très-parfait et très-énergique, ■ très-intelligent et très-beau, éminent en pureté, qui possède la
• bonne science, source de plaisir, lui qui nous a créés, qui nous « a formés, qui nous a nourris, lui le plus accompli des êtres intel-
• ligents. »