CHAPITRE I. i4g
nous présente cette orthographe , que l’on peut sûrement passer du g au b, ainsi que le propose M. Bopp, en rapprochant le sanscrit gâ du grec âtuiu Nous ferons observer, en outre , que les Grecs ont connu, mais dans des temps assez modernes, le nom de Bahman sous sa forme parsie , et qu’ils l’ont transcrit et même encore
d’une manière plus altérée ïittfuù w.
Le premier des deux mots qui forment le nom de Bahman, est l’adjectif vaghu, au datif avec la désinence ê, devant laquelle la voyelle finale du thème, prenant un gana, se résout en av (vagho-t-é =vaghavé). Nous savons déjà à quel radical rattacher cet adjectif; la suppression de l’a formatif nous donne le monosyllabe vaÿh qui se ramène à vah, dont l’origine première est vas. Anquetil voit dans ce mot l’idée de sainteté : celle de bonté est peut-être plus près du sens: au moins s’accorde-t-elle mieux avec les emplois divers des nombreux dérivés que forme le radical vas. Le substantif managhê est bien le datif de manô, forme absolue, devant une voyelle manaijh; il signifie en zend comme en sanscrit, esprit, coeur, pensée. Nous traduirons donc le nom de Bahman par « le bon cœur, » en conservant toutefois dans notre interprétation définitive la transcription parsie , qui est devenue un nom propre que l’on ne peut supprimer maintenant sans porter le désordre dans le système religieux des Parses. Ce qu’il faut toutefois ne pas oublier, c’est que ce titre a été significatif au propre, et qu’il a désigné * la bonté de cœur ou la bienveil- * lance , » avant de devenir un mot que les Parses répètent le plus souvent sans y voir les notions qu’il devrait réveiller. Nériosengh, qui, comme nous l’avons déjà remarqué, se contente de transcrire le nom parsi, donne en revanche, sur les attributs de cet être, une indication qui est confirmée par d’autres textes relatifs à Bahman. 11 le nomme « l’immortel, le maître de la vache et des troupeaux. • Or, on sait que quelques passages du Zend Avesta attribuent à Bah-
" Bopp, Gloa. saluer, pag.aoi; l’auteur ” Burto», AtAfara «(. /inj. ptri. p 58 rapproche le sanscrit yd du grec /HSmpi. et aoo
i5o COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.
inan la protection de» bestiaux Le titre d’immortel, que Nériosengh donne à Bahman, répond à sa qualité d’Amschaspand , le mot sanscrit amara représentant, pour le scoliaste indien, le zund amvcha, qui sera expliqué plus bas. C’est par un titre analogue, celui de dieu, Si«V, que Plutarque désigne les six Amschaspands. Le premier est pour lui ■ le dieu de la bienveillance, • Wm'at, définition qui s’accorde d’un^manière remarquable avec l’interprétation que l’autorité des Parses et l’analyse grammaticale nous suggèrent- pour vagliu ma rt 6 5I.
a. Le second titre est celui du troisième Amschaspand (ou du second, en omettant Onnuzd), que les Parses nomment, d’après la transcription peblvie, Ârdibcheschl. Les deux manuscrits du Yaçna accompagnés de la traduction sanscrite lisent les deux mots zends exactement comme notre lithographie. Le n° 6 S seul donne fautivement en deux parties jj*>(**ü Ces deux mots, qui sont au
datif singulier masculin, ont été expliqués déjà plus haut, acha, au in* paragraphe de l’Invocation, et vahiita au premier paragraphe du Yaçna , que nous analysons en ce moment. Anquetil les traduit par
• saint et excellent; » il est plus exact de dire • la pureté excellente; • car, de ces deux mots, l'un est un substantif et l'autre un adjectif. Comme pour le précédent Amschaspand, Nériosengh, au lieu de ilonner le sens de son nom, se contente de le transcrire en caractères dévanâgaris. Mais sa transcription reproduit ici fidèlement l’orthographe zende, tandis que, pour le nom de Bahman, il s’était arrêté à l’altération pehlvie, et n’était pas remonté jusqu’à l’original. La glose dont il accompagne ce titre signifie « l’immortel, le maître
• des feux. • Cette indication est encore confirmée par quelques textes zends, où l' Amschaspand Ardibehescht est envisagé comme en rapport avec le feu ou avec des êtres qui y ont eux-mêmes quel-
** Zend Airs ta, tom. I, a* part pag i34 M De h. et Osir. c. 47. Anquetil, lifèm. et 417, tom. II , pag. C9 et 77. de f. Acad, des inscr. tom. XXXIV, pag. 3g3.