‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 49 sur 139 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

que rapport “. Selon Plutarque, le second des dieux créés par Ormuzd était celui de la vérité, «auJiw; et Anquetil n’hésite pas à reconnaître, à cette définition, l’Amscbaspand Ardibehescht ou ■ la . pureté excellente » On ne peut cependant s’empêcher de remarquer que l'expression de Plutarque est un peu vague , et qu’elle ne désigne qu’imparfaitement le troisième des Amschaspands. Mais on doit convenir aussi d’un autre côté que le mot acha est très-général , et que l’idée de vérité peut être renfermée dans celle de pureté ou de sainteté que, d’accord avec la tradition des Parses, nous attribuons à ce mot. < -

3. Le troisième titre est celui du quatrième Amschaspand, Schahnver selon les Parses. Tous les manuscrits. lisent de même ces deux mots zends qui sont un substantif et un adjectif au datif singulier masculin. Anquetil les traduit par * désir du roi, et désir royal, « c’est-à-dire, puissant roi; • ce n’est pas là une traduction bien précise. Nériosengh se. contente de transcrire l’altération parsie de ces deux mots, et ne nous donne aucune lumière sur leur sens primitif. Le premier est le datif de khsathra (ou khehathra ), signifiant roi; nous le retrouverons plus tard dans des passages on sa valeur ne peut être douteuse. C’est exactement le sanscrit kchattra (guerrier), avec la différence très-légère de l’aspiration du th rend pour le t sanscrit.

Le mot suivant, vairyâi, est encore un datif; c’est le même adjectif dont nous avons trouvé le nominatif dans le vt* paragraphe de l’Invocation. Nous avons déjà dit que les Parses attachaient à ce mot l’idée de désir, et l’on a vu que cette notion s'expliquait si on le dérivait du radical var (désirer). Mais l’identité du rend vairya et du sanscrit varya nous a engagés à regarder le premier de ces deux mots comme venant de vri, au même titre , quoique avec un autre sens , que le second, et comme également irrégulier, en ce qu'au lieu

M Zend Avesta , tom. O, pag. 69 et 77. Mèm. de VAcad. des irucr. tom. XXXIV, M Voy. De Js. et Otir. hoc. cit . Anquetil, pag. 39a.

«5a COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.

d’un vriddhi, devant le suffixe ya, la racine ne subit qu'un guna. Ici je serais moins éloigné d’admettre le sens de désir pour expliquer le titre de khchathra vairya, qui peut signifier • le roi désirable, » ou, en donnant au zcnd vairya le sens que prend d’ordinaire le sanscrit varya , «l'excellent roi. • On peut choisir entre cette dernière traduction et la suivante , » le roi qui doit être vénéré ; » car l’une et l'autre est justifiée par l’analyse grammaticale, et nous ne trouvons rien dans les attributions de l’Amschaspand Schahriver, qui se rapporte plus exclusivement à la première qu’à la seconde. La glose de Nériosengh nous apprend que cet être divin est • le maître «les sept « métaux. » Or, le Zend Avesta nous fournit des textes qui reconnaissent à Schahriver le caractère d’un dieu sous la garde duquel sont les richesses enfouies dans la terre “. C’est, jusqu’à un certain point, une divinité analogue au Kouvêra indien; et ce qu’il y a de singulier, c’est que, non-seulement le caractère d’un puissant roi est commun à Kouvêra et à Schahriver, mais encore la seconde partie du nom du dieu des richesses, dans la mythologie brahmanique, présente une analogie frappante avec la seconde partie du titre de l'Amschaspand bactrien. Dans le mot Kuvéra , les syllabes vêra ne sont pas fort éloignées du zend vairya. Mais ce ne peut être pour nous un motif de renoncer à l’explication que les grammairiens indiens donnent du nom de Kavéra (celui dont le corps est difforme). Le rapprochement que l’on peut établir entre les noms de ces deux personnages mythologiques est vraisemblablement dû au hasard.

Quant au rapport de l’Amschaspand Schahriver avec les noms de génies que nous a transmis Plutarque, il n’est pas aisé à déterminer, parce que les expressions que nous a conservées cet auteur ont, à peu d’exceptions près, une signification trop vague. Anquetil n’hésite cependant pas à regarder Schahriver comme le génie de l’équité, t vtCfMeu “. Les seuls arguments qui nous paraissent donner quelque

“ Zend Avest». tom. II , pag. i53. i54 ” Delt.elOiir. c. 47- Anquetil . A/cm

et 317. lie l'Acad. du iiucr, loin. XXXIV. png. 3()3

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