CHAPITRE 1. îàg
l'idce du duel a été suggérée en partie par la vue de ces objets doubles, comme aussi c’est aux noms qui les désignent que le duel reste le plus longtemps attaché dans les langues qui l’ont perdu d’ailleurs; 3" enfin, sur ce que Nériosengh a reconnu lui-niéme que ces deux génies formaient un couple qui ne se séparait jamais, puisque dans un passage remarquable du xxxiv' chapitre du ïaçna , sa version les appelle dvitayam x. Je n’en conclurais pas que Nériosengh a reconnu la valeur de la désinence bya, mais je dois avouer que c’est la comparaison de passages tels que celui que je viens de citer avec les noms de quelques parties du corps humain portant cette désinence, qui m’a donné la véritable signification d’une terminaison que j’ai, pendant quelque temps, regardée comme une variété de byah, parce que dans un grand nombre de cas elle se confond avec cette dernière. 11 est d’ailleurs remarquable que, devant tcha, cette terminaison bya ne devient jamais byaç , ce qui devrait avoir lieu si bya était Uapocope de bhyas, ou de bhyô (sanscrit). La seule modification qu’elle subisse, c’est l’allongement de l’a final, la désinence devenant byd- Ce changement qui a lieu même sans que tcha suive la désinence, me semble rapprocher davantage le zend byâ et bya du sanscrit byi-m. Ces deux terminaisons ne di (Icrent plus l’une de l’autre que par la présence ou l’absence de la nasale labiale finale, que nous verrons également supprimée dans un autre cas analogue. Or, cette suppression me parait être une marque de postériorité; du moins je n’ai pas de raison de supposer que la désinence du datif duel ait été d’abord bya, qui se serait plus tard augmenté, et aurait formé bhydm. La véritable désinence se trouve d’ailleurs en zend même, dams le mot brvafbyàm ( superciliomm ) , qui est employé quatre fois dans le Vendidad-sadé.
line autre particularité non moins digne de remarque, c’est la lecture du manuscrit n° 6 S, qui sépare la désinence du radical par un point. Nous verrons cette orthographe se reproduire par la suite " U» Anq n° a F. pag. a 48.
et s'appliquer même aux désinences byô, byaç-tcha, et bis, biçlcha, du datif et de l’instrumental pluriel. J’examinerai plus tard jusqui quel point cette orthographe peut passer pour une faute de copiste ou pour un fait appartenant à l’ancien état de la langue, lorsque les désinences n’étaient pas encore intimement unies au thème qu’elles étaient destinées à modifier. Dans l’état d’imperfection où se trouvent nos manuscrits zends, il est, pour quelques cas, difficile de décider avec leur seul secours, la question de savoir s’il faut suivre de préférence la leçon des copies où la désinence est immédiatement liée au radical. Mais ce que je puis affirmer, c’est que cette séparation de la désinence d'avec le thème absolu du mot n’est pas usitée pour toutes les déclinaisons , et qu’il y a des substantifs qui n’en offrent jamais d’exemple. Il faudra voir jusqu’à quel point cette distinction nécessaire peut jeter du jour sur la question. Nous remarquerons dès à présent, pour haarvatbya . que, même lorsque la désinence bya se joint immédiatement au thème, il n’y a pas lieirsà l’épenthèse d'un i attiré par la semi-voyelle y de bya. Cela vient ici de l’accumulation des deux consonnes / et b, au delà desquelles l’action de y ne peut se faire sentir.
Quand on a retranché la désinence bya, on obtient, pour thème du mot dont les Parses ont fait en l’altérant le nom propre Khordad, haunadh, haorvat, haourvat, hurvat. Aucune de ces leçons ne me paraît complètement irréprochable , et je me crois autorisé , par la comparaison des autres cas de ce mot, à lire haurvat. J’y trouve d’abord haarva, qui ne peut être autre chose que le sanscrit sarva (tout), l’a qui précède r étant attiré par le v qui suit la liquide. Les lois du changement des lettres que nous avons établies, et le témoignage de Nériosengh , ne laissent aucun doute à cet égard. La version sanscrite du Yaçna traduit en effet,, dans un passage du xvii' chapitre, le nom de l’Amschaspand Khordad par sarvapratchâra, ce qui signifie : « celui qui produit tout “. »
" Mss. Anq n° a F, pag. 1 36.