CHAPITRE I. * i
ver le correspondant sanscrit de ce mot, que la consonne ou le groupe de consonnes auquel est substitué le rend ch. Parmi les lettres que représente cette sifflante est le groupe Ichtchh qui, rétabli dans amacha, nous donne amalchlchha. c’est-à-dire la forme pâlie du sanscrit amartya (immortel). Le témoignage de Nériosengb qui attribue ce sens au mot rend que nous examinons, joint à la considération que quelques termes de la langue religieuse des Parses ont subi des altérations très-considcrables, me paraît appuyer cette explication. Elle s’était déjà présentée à l’auteur d’un article critique sur un mémoire de M. Erskinc de Bombay, article inséré dans le Quarterly oriental Magazine de Calcutta 55, et dont je n’ai eu connaissance que depuis peu de temps. Mais, tout en l'adoptant avec l’auteur précité , je ne puis en tirer la conséquence que le rend est une langue forgée de mots indiens de tous les âges. Au reste, je ne disconviens pas que l’explication de M. Bopp n’offre au premier abord quelque chose de plus philosophique. On n’est pas obligé pour l’admettre de recourir à un mot d’une formation aussi moderne que amatchlchha ; mais cet avantage ne compense pas à mes yeux l’inconvénient qu’il y aurait à supposer pour le mot amécha un changement de lettres qui serait peut-être unique dans la langue.
Un autre rapprochement, dû également à M. Bopp, est celui que ce savant a établi entre le rend çpëhta et le mot lithuanien szventa J’avoue «pic, si j’eusse connu ce mot, je n’aurais pas essayé, comme je l’ai fait ci-dessus, de retrouver le rend çpëhta dans la langue sanscrite M. Cependant l’analogie si frappante de ces deux idiomes, le sanscrit et le zend, et ce fait bien constaté qu’il y a très-peu de mots dans cette dernière langue «pii ne puissent se retrouver en sanscrit, sinon avec le même sens, au moins avec une forme analogue, justifient jusqu’à un certain point le rapprochement que j’ai proposé; et je pense encore que si le zend çpëhta a en sanscrit son
M Quart, orient. Mag. juin i8a4, p. i84- ** Voye* ci-dessus, Obterv. sur l'aiphub.
14 Vergleich. Gramm. pag. 20. zend, pag. xcvi.
i74 ' COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.
analogue, ce n’est sans doute que la syllabe ç va du monosyllabe çvas, dans le sens de bénédiction.
Il ne nous reste plus, pour terminer ce que nous avons à dire de ce paragraphe, qu’à résumer les interprétations que nous avons proposées pour chacun des articles qui le compbsent, et qu’à en donner ainsi la traduction suivie et complète.
• J’invoque et je célèbre Bahman (la bienveillance)5*; Ardibc-
• hescht (la pureté excellente); Schahriver (le roi désirable) **; Sa- - pandomad (celle qui est sainte et soumise); Kbordad et Amerdad
• (celle qui produit tout, et celle qui donne la vie); le corps du
• taureau, l’âme du taureau; le feu d’Ahuramazda, le plus rapide « des saints immortels. »
* J ‘ai oublié de faire remarquer on analysant les mots wujhavê manaÿhé , qui reviennent au sanscrit v usumanas, que ces deu,x mots existaient , chez les Brahmanes , ainsi réunis pour former un nom propre, celui de l'ammanas, sous lequel est connu un roi cité par les Védas (Colebrookc, Ai ta t. Bes. tom. \1II, pag. 385, éd. Cale.). Cest donc à vasamanat qu'il faut comparer le zend vâku manô t et non à bdhuman (qui serait en zend bdzuman) , comme l'a proposé M. de Bolilen dans sa dissertation De orig. hntj. zend. pag. 48. M. Pott ( Etym. Fonch. introd. pag. xlv) a déjà relevé cette erreur qu'avait commise aussi Sir J. Malcolm. Le même auteur a rapproché du mot Bahman plusieurs noms propres persans , tels que Vonones , Aman et quelques autres, à l'aide de procédés qui ne sont peut-être pas toujours aussi fondés que hardis. Voyez au reste ces rapprochements dans l'introduc-
tion qui ouvre son travail déjà cité. ( Etym. Fonchung. introd. pag. xlu.)
lT Je n’ignore pas combien cette traduction est vague , mais on devra aussi convenir que notre langue n'est pas celle qui se prête le mieux à la traduction des mots si complexes et si compréhensifs du sanscrit ou du zend. Je ne crois pas que vairya, dans le mot khehathra vairya , signiüe vénérable ; j'aime mieux lui attribuer le sens du sanscrit varya employé dans l’acception de • ce
• lui auquel il faut s'adresser pour en obte-
• nir l'objet de ses désirs. » Peut-être ce sens doit-il s'appliquer également au vairyé de la prière yathâ ahu, etc. Cette interprétation changerait d'une manière peu sensible la traduction que nous avons proposée plus haut ; elle lui donnerait seulement un peu plus de précision. C'est comme si le texte disait : « comment le seigneur doit-il être
• abordé pour qu’on obtienne sa faveur ? •