XVII
AVANT-PROPOS, manière indienne. Mais j'ai besoin de m’expliquer sur le nom même du traducteur de l’Izeschné, nom qui pourrait suggérer quelques doutes sur l’authenticité de la traduction sanscrite.
Nous remarquerons d'abord que le Parsc qu’Anquetil appelle Nériosengh, est le seul auquel soit 'attribuée la version sanscrite de l’Izeschné. L’invocation, dans laquelle Nériosengh se nomme lui-même, ne parle pas d’Ormuzdiar, fils de Ramiar, cité par Anquclil. Le nom de Nériosengh y est écrit en caractères dévanâgaris Niriosamgha ; et M. de Bohlen , dans une dissertation dont j’ai eu occasion de parler ailleurs14, frappé de la ressemblance de ce mot avec le sanscrit Namsimha ( le nom d’une incarnation célèbre de Vichnou), croit pouvoir avancer que le nom propre zend n’est pas autre chose que le nom du dieu indien. M. A.W. de Schlegel , qui a bien voulu indiquer l’existence du travail que je fais paraître eu ce moment, dans sa Lettre récemment publiée sur l'étude des langues asiatiques, semble approuver ce rapprochement. 11 ne va pas cependant jusqu’à en tirer la conséquence que l’auteur de la traduction de l’Izeschné fût un Indien, ni que la critique doive se mettre en garde contre les interpolations des idées cl des termes brahmaniques auxquels le traducteur aurait pu se laisser aller ’5. 11 est certain toutefois que, si ion parvenait à prouver que c’est à un Brahmane qu’est duc la traduction sanscrite de l’Izeschné, l’authenticité de cette traduction deviendrait trèssuspecte, et les inductions qu’on en tirerait relativement au sens du texte zend, pourraient ne pas reposer sur une base très-solide. Si, au contraire, le traducteur est un Parsc qui avait appris le sanscrit, on peut avoir autant de confiance dans
14 De orig. lingase zendica , p. 46. ( Voy. 11 Bèjlexions sur Vétade des langues astah - Journal des Savons , août 1 83a. ) gués, adressées à Sir James Macintosh, p. 68.
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son interprétation que dans celle que des Parses plus modernes ont communiquée à Anquctil; et alors la question du nom qu’il portait n’est plus que secondaire: car il est assez peu important, quant à la valeur de son travail, que son nom soit identique à un nom connu dans la mythologie indienne, sur-r tout si l’on fait attention aux rapports si nombreux qui rattachent le sanscrit aux langues de la Perse ancienne et moderne, ou que l’on admette entre des idiomes aussi rapprochés l’un de l’autre la possibilité d'une ressemblance fortuite de mots. Or, Anquetil affirme d’une manière positive que Nériosengh était un Mobed.et qu’il apprit le sanscrit, ainsi qu’Ormuzdiar, de trois Brahmanes convertis à la religion de Zoroastre, dont les noms sont mentionnés dans une prière moderne que l’on récite en jetant des parfums dans le feu 1S. On ne peut guère admettre , en effet, que cette traduction ait été rédigée par un Brahmane; le style en est trop barbare, les règles les plus simples de la grammaire y sont trop ouvertement violées, et les fautes nombreuses qu’on y remarque à chaque pas trahissent trop clairement l’indécision d’un écrivain qui s’exprime dans une langue qui ne lui est pas familière. L’examen de la traduction sanscrite confirme donc le témoignage d’ Anquetil, et il ne reste plus que le nom du traducteur qui puisse laisser à la critique quelques doutes.
Mais ces doutes eux-mêmes disparaissent devant l’explication du nom zend de Nériosengh. Nous le rencontrons assez fréquemment sous sa forme originale dans les livres des Parses; et, sans entrer ici dans une analyse grammaticale qui trouvera sa place ailleurs, nous pouvons affirmer que ce nom s’écrit Nairyô rang ha, et qu’il désigne un des vingt-quatre Izcds; c’est,
14 Zend Avtsta, tom. II, p*g. 53, note i.
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d’après les Parses, le génie d’un des feux que la religion consacre, celui qui anime les rois n. Je ne m’occupe pas en ce moment du rôle mythologique de l’Ized Nériosengh , et je ne cherche pas jusqu'à quel point les Parses sont autorisés par les textes zends à y voir un des génies du feu. Ce qu’il m’importe uniquement de constater, c’est que le nom de Aniryà çanglia est bien un nom zend, et qu’il ne présente, avec le sanscrit A arasimka, qu’une ressemblance fortuite. Je trouve ce mot écrit nairyô çangha, et très- fidèlement transcrit par les copistes indiens de l’Izeschné, nairiô samgha, avec
les différences très-légères de Çf s, pour « ç, et de l’auusvâra suivi de g h, pour le zend où le ^ h ne fait pas
corps avec la nasale IS. Celte simple transcription ne nous apprend pas l’opinion du traducteur indien sur le sens des deux mots nairyô çangba , et Anquclil se contente de nous dire que le premier signifie homme sans indiquer ce qu’il faut entendre par çangha. Au XXIIe fargard ou chapitre du Vcndidad, Anquetil ajoute, au nom de l’Ized Nériosengh, le titre de chef de l’assemblée, et cette traduction, qui vient, selon toute apparence, de la glose pelilvie, et que j’avoue n’avoir pu jusqu'ici retrouver dans le texte zend, semble devoir, au premier coup d’œil, jeter quelque jour sur la signification du nom de nairyô çangha, dont elle peut être comme le commentaire Dans cette hypothèse, le mot zend çangha serait le sanscrit samgha, réunion , assemblée ; et nairyô, à la forme absolue nairya, serait
V Zend Attifa, lom. I, af part. , p. Ziay. note 3, p. i33, note 1, et les renvois à la table d'Anquetil.
** Voy. le XVÜ- chap. du Yacna, ms.
Anq , n° a. Fonds» p. 1 4o
"Zend Avesta , t. I, a* part., p. i33, note i.
Vcndidad lend-pehlvi, ms. Anq.. n° 1, Fonds, pag. 869.
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l'adjectif fie nar (radical , nerc ], homme , et signifierait viril, d’où l’on traduirait le composé entier par « assemblée des hommes » ou peut-être « celui qui préside à l’assemblée des hommes. » Toutefois l’identité du zend çangha et du sanscrit samgha est plus apparente que réelle, et il serait possible que ces deux mots vinssent de racines différentes. Je trouve en effet en zend, et notamment dans le passage même du Vendidad auquel je viens de faire allusion tout à l’heure, un radical verbal écrit çungh, dans lequel des lois de permutation de lettres que j’ai établies le premier sl, me permettent de reconnaître le sanscrit SfpFT ças, dire, ou même 3TÇJ çams, ordonner, annoncer w. Le mot çangha en est le substantif et signifie ordre, parole; d’où je me crois autorisé à traduire nairyô çangha par les mots « ordre « humain ou précepte des hommes, » titre qui a pu être convenablement donné à celui qui, dans le passage précité, est chargé de transmettre aux hommes la volonté d’Ormuzd. Cette traduction me paraît de beaucoup préférable à celle d'assemblée virile, et je n’hésite pas à l’adopter à l’exclusion de la première. Au reste, quelle que soit celle qu’on admette, le rapprochement du nom de Nériosengh [nairyô çangha) avec celui de Narasimha ne doit plus paraître fondé; et le traducteur de l’Izeschné, qu’Anquetil affirme avoir été un Parse, porte en réalité un nom d’origine zendc, et qui , pour être composé d’éléments communs à cette langue et au sanscrit, ne peut pas pour cela passer pour dérivé de ce dernier idiome.
La discussion à laquelle je viens de me livrer paraîtra peutêtre sortir du caractère que j’ai voulu donner à cet Avantpropos. Mais, comme la version sanscrite de Nériosengh est,
** Nouveau Journal asiat. t. Il, p. 34a* sale pami, n’est pas, selon toute apparence,
** Le radical sanscrit cas, et avec une na- fondamentalement différent de fâs.
AVANT-PROPOS, à mes yeux , une traduction xlc l’interprétation traditionnelle de l'Izeschné, et que je m’en sers pour critiquer le témoignage des Parses modernes, j’avais besoin de dissiper tous les doutes qui pouvaient s’élever sur son authenticité. Je suis d’opinion (et l’étude attentive de cette version devra inspirer le même sentiment au lecteur) que la traduction deNériosengh est aussi pure d'interpolations brahmaniques qu’on peut le désirer pour un travail de ce genre, rédigé par des Orientaux , c’est-à-dire par des écrivains dont la critique n’est pas très-rigoureuse; et j'ai l’espoir qu’on sera bientôt convaincu, comme moi, que le petit nombre de termes empruntés par Nériosengh à la mythologie et au langage religieux des Brahmanes n’est pas de nature à diminuer la confiance que doit inspirer sa traduction sanscrite de l’Izeschné. Cette confiance repose en entier sur cette circonstance, que la glose sanscrite est la reproduction fidèle de la version pehlvie, qu’Anquetil n’a pu se procurer dans l’Inde. Ce fait est formellement énoncé dans le préambule que j'ai traduit plus haut : le mot pelilvi y est exprimé ; et quoique l'addition du mot djamda, que je crois être la transcription du nom de zend, donne lieu à des questions fort difficiles que je m’engage à examiner ailleurs, le témoignage d’Anquetil et celui de ce préambule même déterminent suffisamment l’origine de cette traduction sanscrite. J’ai même un double motif pour croire que le traducteur ne s’est pas référé souvent, si jamais il l’a fait, au texte zend, et qu’il a suivi avec une servilité excessive la version pehlvie. C’est, en premier lieu, que la traduction sanscrite est beaucoup plus développée que l’original zend; et cela vient de ce que les versions pehlvies, outre l’interprétation littérale du texte, eu donnent encore un commentaire plus ou moins étendu. Ensuite la glose sanscrite est *
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le plus souvent composée d’une série de mots placés les uns auprès des autres, sans qu’aucune désinence en marque les rapports mutuels; et cela me semble tenir encore au pehlvi, qui est loin d’être aussi riche en désinences grammaticales que le zend. On peut donc regarder comme un fait certain , quoiqu’il manque à cette assertion la preuve la plus décisive, c’està-dire la comparaison du texte pehlvi lui-même avec la traduction sanscrite , que le travail de Nériosengh est une copie fort exacte de la version pchlvie, qui existait, il y a trois siècles, dans le Guzaratc. Qu’une exactitude aussi minutieuse ait ses inconvénients, c’est ce qui n’est pas douteux, et on n’en trouvera dans la suite de ce Commentaire que trop de preuves. Mais le mérite littéraire delà version de Nériosengh, le plus ou le moins de difficulté quelle présente au lecteur qui veut la comprendre, ne sont pas en ce moment en question. Ce qu’il m’importait d’établir, c’est quelle est authentique, qu’elle est la reproduction de l’original pehlvi, et que, comme telle, on doit la placer au premier rang parmi les moyens dont la critique peut disposer pour entreprendre une traduction nouvelle du livre zend de la liturgie , et par suite des autres ouvrages de Zoroastre.
Ces considérations m’ont engagé à la publier intégralement, et à la soumettre ainsi aux discussions quelle ne peut manquer de faire naître. Sans parler du secours qu’elle doit offrir pour l’intelligence de la version pehlvie, si jamais on la possède en France, j’ai voulu, en en donnant le texte, fournir au lecteur le moyen de vérifier l’usage que j’en ai fait. Je l’ai donc transcrite fidèlement, avec les fautes le, plus souvent très-grossières qui la déparent , ne me permettant aucun changement sans en avertir le lecteur, à moins que ce ne fut une de ces corrections faciles que mé suggérait la comparaison
AVANT-PROPOS, des deux manuscrits. J’ai agi de même pour les passages qui m’ont paru inintelligibles, parce qu’ils peuvent être compris par d’autres personnes, et que d’ailleurs leur obscurité vient peut-être de ce qu’ils renferment des termes pehlvis ou persans qui me sont inconnus. Ainsi le lecteur est mis en possession d’un nouveau moyen d’interprétation, dont il peut user avec indépendance, et il a pour vérifier mon travail l'instrument dont je me suis serv i pour contrôler celui d’Anquctil.
Je n’insisterai pas davantage en ce moment sur l’importance de cette glose sanscrite, sur les défauts et les mérites de sa rédaction, sur l'esprit des commentaires dont elle se compose, sur les notables changements quelle introduit dans l’interprétation d’un grand nombre de passages fondamentaux du texte. La plupart des observations que je ferais ici auraient besoin de preuves, et les preuves se présenteront en foule dans la suite de ce Commentaire. Les rassembler en ce moment, et les offrir au lecteur dans celte préface, ce serait, dans bien des cas, répéter des faits qui n’ont besoin que d’être indiqués une seule fois, et qui seront suffisamment appréciés en leur lieu ; ce serait d’ailleurs anticiper sur l’exposé des résultats généraux de ce travail, qui ne peuvent être jugés que quand on en possédera l’ensemble et qu’on aura pu se rendre compte des moyens par lesquels ils ont été obtenus. Ces résultats sont si variés; ils louchent à tant et de si belles questions : l’étude d’une langue jusqu’ici à peu près inconnue, l’analyse comparative de cette langue et de celles qui appartiennent à la même souche, l’interprétation des ouvrages religieux qui ont formé pendant des siècles la base de la civilisation persane , l'intelligence du système philosophique contenu dans ces livres, et la comparaison de ce système avec ceux de quelques grandes
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nations de l’Asie, en un mot, tout ce qui intéresse l’histoire de l’homme doit en recevoir des éclaircissements si nombreux et quelquefois si nouveaux, que ce ne serait pas trop d’un travail spécial pour les exposer avec tous les développements nécessaires. Mais quand même j’aurais sur toutes ces questions, les plus difficiles peut-être de l’histoire orientale, une réponse ou une conjecture à offrir au lecteur, je ne songerais pas à la lui soumettre avant d’avoir mis entre ses mains la totalité des preuves qui peuvent la justifier.
Je passe au second moyen d’interprétation que j’ai employé pour vérifier la traduction d’Anquctil ; les détails dans lesquels je dois entrer à ce sujet feront en même temps connaître une partie des résultats de cet ouvrage, ceux qui importent à la connaissance du zend, et à la comparaison de cet idiome avec d'autres langues de l’Asie et de l’Europe. En possession de la traduction d’Anquetil et de celle de Nériosengh , j’avais un double secours pour l’interprétation du texte. Ou Anquetil et Nériosengh s’accordent sur le sens de l’original; et alors je devais admettre que la tradition des Parses était uniforme, et il ne me restait plus qu’à retrouver dans le texte le sens des mots, et la valeur des signes de rapport qui les unissent dans la proposition^Ou Anquetil et Nériosengh différaient entre eux, et je devais encore me reporter au texte pour y reconnaître à laquelle des deux interprétations il se prêtait le mieux : de part et d’autre, la lecture des deux traductions m’imposait toujours l’obligation d’une analyse grammaticale du texte, analyse dont le but était de justifier l’une des deux versions. Si les deux traductions (ou seulement l’une d’elles) eussent été exactes, ce travail d’analyse eût été bientôt fait; il en serait aisément sorti une grammaire et un dictionnaire zends, et le résultat
AVANT-PROPOS, philologique eût été dès lors complètement atteint. Malheureusement il n’en a pas été ainsi, et l'examen le plus rapide de ce Commentaire prouvera au lecteur combien la traduction d’Anquelil et celle de Nérioscngh , prises à part ou comparées l’une à l’autre, laissent encore subsister de difficultés graves sur le sens du texte, difficultés qui viennent ou de ce que la signification des mots «ends est inconnue, ou de ce que le rôle qu’ils jouent dans la phrase n’est pas assez nettement déterminé. Les preuves de cette assertion se présenteront à chaque ligne de cet ouvrage; et, pour ne pas m’arrêter davantage sur ce fait, je dirai qu’il a sa raison dans l'extrême licence de la traduction des Parses. Au lieu de suivre pas à pas le texte, les traducteurs n’en ont guère donné qu'une imitation approximative; de sorte qu'en supposant même que celte imitation représente le sens général, elle n’est encore que d’un faible sis cours pour l’explication approfondie de chaque expression du texte zend. Pour sortir du vague de ces traductions inexactes, je me suis attaché à déterminer aussi rigoureusement que cela m'a été possible la valeur des formes grammaticales de chaque mol; et, quoique ce travail offrît quelque difficulté, parce qu’il arrive souvent que la forme grammaticale ne peut être reconnue que quand on sait la signification du mol, je dois dire cependant que la ressemblance si frappante du zend avec le sanscrit m’a été d’un grand secours. La détermination des désiuences qui marquent les rapports des mots m’a donné la proposition, et il ne m’est plus resté qu'à faire à chacun de ces mots l’application du sens vague dont Nériosengh et Anquetil me fournissaient les éléments. Les obstacles que j’ai rencontrés dans cette portion de mon travail étaient très-considérables; ils ont été levés en partie, et d'une manière directe,
AVANT-PROPOS, par le moyen du dictionnaire sanscrit, qui peut le plus souvent servir de vocabulaire zend, et par la comparaison des divers passages où un même mot se trouvait répété. Mais quand ces passages n’étaient pas assez nombreux pour que le rapprochement des différentes positions d’un même mot pût conduire à un résultat positif, j’ai dû avoir recours à une espèce de divination dont le lecteur appréciera le mérite dans chaque cas donné, mais dont je dois brièvement lui faire connaître les procédés généraux.
Le problème que j’avais à résoudre était celui-ci : étant donné un mot zend auquel les Parses attribuent une signification que la comparaison des textes et l’étude des langues qui appartiennent à la même famille ne confirment ni n’expliquent, justifier le sens donné par les Parses ou en trouver un autre. J’ai commencé par détacher du mot à traduire les désinences, formatives et suffixes, que l’analyse grammaticale m'avait fait reconnaître dans d’autres mots sur lesquels le concours de Nériosengh , d’Anquetil et de la comparaison des langues-ne laissait aucune incertitude. J’ai réduit ainsi à ses éléments les plus simples, ou à ce qu’on appelle le radical, le mot sur lequel portait la difficulté, et, une fois maître de ce radical, j’ai cherché si les langues avec lesquelles le zend a le plus de rapport , comme le sanscrit, le grec, le latin, les dialectes germaniques, etc., n'en offraient pas quelques traces. Cette méthode m’a conduit, dans un grand nombre de cas, à des résultats très-curieux; ainsi j’ai constaté que la liste des racines sanscrites contenait presque tous les radicaux dont je cherchais le sens, mais que ces radicaux n’étaient pas fréquemment usités, s’ils l’étaient jamais, dans le sanscrit classique, et que, pour les trouver dans la langue, il fallait remonter jusqu'aux Védas. Ces radicaux