CHAPITRE I. i
port est aussi frappant que je le suppose, il faut écrire ce mot comme je le fais, et non, selon le manuscrit, avec un sa f, qui
me paraît fautif en cet endroit. Ànquetil traduit ce mot par élevé. en sous-entendant Oschen; et il est facile de voir qu’il a été conduit à cette interprétation par le sens qu’il était dans l’habitude de donner à uç. Cette opinion n’en est pas moins erronée; et uchdoghcm, qui serait en sanscrit uchâsam, nous donne le thème o chas, qui existe en sanscrit lettre pour lettre avec le sens de aurore. La seule différence que je remarque, c’est qu’en sanscrit 3M*i uchas est neutre, tandis que le zend uchâoghèm suppose nécessairement un thème masculin, ou, comme je le crois plutôt, féminin.
Or, ce thème uchas, en admettant même que, à cause de la diplithongue pu do, il faille l’écrire uchas, n’en est pas moins le primitif d’où dérive le zend achahéna ou bien a chahina, h l’aide d'un suffixe êna ou ina. Quoique les manuscrits donnent plus souvent la première de ces deux orthographes que la seconde, c’est cependant cette dernière que je préférerais, parce que nous rencontrerons bientôt plusieurs noms d’une formation analogue où l’on doit reconnaître, de l’aveu des manuscrits, que le suffixe est ina. L’on doit même remarquer qu’on aimerait à retrouver ici le suffixe ina (par i long), qui, comme on sait, se joint d’ordinaire à des mots qui désignent quelque portion du temps. Mais on peut toujours avancer que uchahina pour achasina est à uchas primitif, comme le sanscrit 3WW uchasya est au même uchas. Quelque usage que la liturgie ait pu faire de ce nom comme titre d’un génie particulier, il ne peut avoir été dans le principe autre chose qu’un dérivé de uchas, ni avoir d’autre sens que celui de « relatif au point du jour, » ou peut-être • qui confine au point du jour. *
Le sens précis de ce mot, dont la forme première est un adjectif, dépend de celui de uchas; et il faut admettre sans doute que la langue zendc a voulu établir quelque différence entre uchas et uchd. Cette différence ne me paraît pas facile à saisir en sanscrit; en zend,
18a COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.
quoique aussi peu claire , elle semble cependant ressortir du rôle assigné au génie nommé Oschcn. Il est en effet permis de supposer que b chahina est le dieu qui préside à la portion de la nuit qui commence à minuit et s’arrête à la pointe du jour. Le mot a chas est ou cette portion de la nuit elle-même , ou la première apparition de la lumière. Peut-être que uchd est l’aurore plus avancée. Ou la personnification elle-même de l'aurore, personnification qui joue un si grand rôle dans l’ancienne poésie des Védas et dont les Parses auront perdu le souvenir. Mais quand même nous n’aurions pas saisi la véritable nuance qui distingue achas de uchd, l’existence du premier de ces deux mots en rend, et le rapport qu’il présente avec uchahina, n’en sont pas moins prouvés; et c’est le point que nous voulions établir pour arriver à l’explication de achahina, employé comme nom du génie Oschen.
Ajoutons, pour terminer cette analyse, qu’au lieu de asahê du Vendidad-sadé, il faut lire, comme dans un très-grand nombre d’autres passages, achahê. Le n* 3 et le n* 6 S lisent, comme notre Vendidad-sadé, ; et le premier de ces deux manuscrits
joint à tort ce mot au suivant, qu’il lit par erreur Le n” a F
a seul la bonne orthographe, hjo*-**^-**- Le n° 6 S lit encore par suite de la confusion ordinaire de j i avec jy ê. Les deux autres Yaçnas ont la véritable lecture.
En réunissant les observations précédentes et en insérant dans notre version le mot génies, pour montrer que les Parses ont personnifié les objets de cette invocation, nous traduirons:
• J’invoque, je célèbre les parties du jour, (génies) maîtres de « pureté, Oschen (Uchahina) pur, maître de pureté. •