CHAPITRE I
mêmes sous lg nom de Raschné-rdst, est jointe, selon eux, celle d’un autre Iz'ed qu’ils appellent Aschtdd, et qui passe pour l’ized de l’abondance. Son nom, séparé dans notre Vendidad-sadé en deux mots, est écrit dans les deux Yaçnas zend-sanscrits et dans le n° 6 S. Anquctil traduit ce mot par • qui
> fait aller les désirs (qui les remplit), • et N'ériosengh se contente de le remplacer par âstâda, c’est-à-dire par l’alteration parsie du zend anlâtaçtcha, ou plutôt arstât. Nous pouvons déjà reconnaître, dans la fin de ce mot, tâtaçtcha, le génitif (suivi de la particule tcha) du suffixe tôt, que nous avons examiné en détail dans un des précédents paragraphes. Nous avons établi que ce suffixe ajoute, au dérivé dont il fait partie, la notion de faire, produire, notion que nous trouvons plus ou moins clairement exprimée dans les explications ou dans les paraphrases que donne Anquetil de ces mots mêmes. Mais, en même temps, nous avons fait voir qu'en sanscrit ce suffixe sert à former des noms substantifs abstraits, et nous pouvons dire ici que l’analogie nous autorise à donner la même valeur au suffixe tdt du zend.
Quant au commencement du mot, an (car le témoignage des manuscrits prouve que celte leçon est préférable à celle du Vendidad-sadé araf), on peut y voir une nouvelle modification du radical ërëch, avec un guna régulier. En effet ars se retrouve dans archukhdha (dit avec vérité), mot où la dure ch (ou, selon quelques manuscrits, j) n’a pas même été changée en j devant la voyelle n. Dans cette hypothèse, arstdt, au génitif arsldtd, et, devant tcha, arstâtaçtcha , signifiera «celle qui est véridique, ou la vérité. «Celte explication offre même l’avantage de rendre compte du rapport de cet Izcd avec- celui de la justice et de la droiture. Cependant je n’ose affirmer sans réserve que cette interprétation soit la véritable; je regrette de la voir s’éloigner autant de celle qu’Anquetil a reçue des Parses; et les idées de • remplir les désirs, de procurer J'abon- • dance, » qui se rattachent au nom de cet Ized, me font soupçonner
que le zend ars peut dériver du radical sanscrit ridh (s’augmenter), changé en ardh, puis en an, par suite de l'influence de la dentale de tôt sur le dh final, ou qu’il peut venir encore de la racine ridj ou ardj (gagner), dont le dj, changé en z, est dès lors entraîné naturellement à devenir s ou ç. Je dois dire toutefois que je n’ai pas encore trouvé à part ni dans un autre composé un mot comme an ou arch (dérivé de ridj ou ridh), qui ait le sens d’augmentation, gain, tandis que l’existence du mot ars, avec le sens de vrai, est assez visible dans archukhdha.
En passant au mot suivant, nous ferons remarquer que celui que nous venons d’expliquer, comme presque tous ceux qui sont formés avec le suffixe tdf, est du féminin. C’est ce que démontre suffisamment la désinence de l'adjectif composé .*uM
que les deux Yaçnas zcnd-sanscrits lisent mieux fwiMu<^U.u.u , et que le n* 6 S écrit La dé-
sinence ayâo aunonce le génitif singulier féminin d’un nom dont le thème est en a. Ce thème est frddat gactha, que nous avons expliqué tout à l’heure, et qui est encore ici un adjectif possessif, mais en rapport avec un nom féminin.
C’est encore un adjectif de la même espèce, au meme cas et au même genre , que varédat gaithayâo, ou , selon
les deux Yaçnas zend-sanscrits, le n” a F seul employant m pour qj, ou encore (mimu , selon le n° 6 S. Ce composé signifie, selon Anquetil, «qui remplit le monde de fruits, » et, suivant Nériosengh, « qui nourrit la production, ou la fécondité de la terre. » Ces interprétations donnent sans doute suffisamment la valeur générale de ce mot; mais l’analyse qu'on en doit fairç présente encore quelques difficultés. Au premier coup d’œil, on est frappé de la ressemblance du zend vëridal avec le sanscrit vridh (s’augmenter, croître). Mais si vridh doit se retrouver dans le vërëdat de notre composé, il faudra l’écrire , comme le fait le .Vendidad-sadé , varédat