‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 72 sur 139 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

avec un guna, à moins de supposer qu’en rend ce radical suit le thème de la sixième classe et qu’il ne prend pas de gana. Ensuite le radical vrïdh est essentiellement neutre; ce n’est qu’à la forme causale qu’il reçoit la valeur d’un verbe actif; d’où il résulte que, dans notre composé vërëdat (ou varëdat) gaétha, on ne pourra pas traduire, « qui augmente la terre , • pour dire « qui augmente la fé- « condité de la terre, » mais, en suivant les règles des adjectifs possessifs indiens, «qui crescentem terram habet. • Or, quoique cette explication n’ait en elle-même rien d’impossible, je préférerais trouver dans varëdat ou vërëdat un sens actif comme celui qu’il faut reconnaître au mot frâdat, et à ddat que nous verrons ailleurs; et il me semblerait plus satisfaisant d’admettre que ces deux composés , si voisins l’un de l’autre et si semblables, même extérieurement, sont formés d’après la même analogie. C’est cependant, je le répète, ce qui ne peut avoir lieu que si nous donnons à varëdat ou vërëdal un sens actif, supposition que contredit l'existence , dans la langue zende, du radical vrïdh avec la conjugaison causale et le sens actif.

Les difficultés qui restent encore, en admettant que varëdat soit ' le participe présent de vrïdh , en zend vërëd (mot que, pour le dire en passant, il serait naturel de trouver écrit avec un dh), me font soupçonner que varëdat n’est pas un mot unique, mais un composé comme frâdat. La seconde partie de ce composé est dat, comme dans frâdat; la première, varë, peut être identique au sanscrit v ara (présent, objet d’un désir), dont le second a s’est adouci en ë. Le composé qui résulte de la réunion de ces deux mots reviendrait au sanscrit varada (dona dans), bienfaiteur. Ce mot, dont la valeur est active, sc joindrait à gaétha, comme le fait frâdat, et l’on traduirait varëdat gaétha par « qui donne des présents ou des trésors au « monde, • interprétation qui ne s’éloigne pas beaucoup de celle d’Ànquetil : « qui remplissent le monde de fruits. • C’est au lecteur qu’il appartient de décider si cette seconde analyse est préférable ou inférieure à la première , qui consiste à prendre varëdat comme

participe présent du verbe vridh (croître), dans un sens actif.

Après l’analyse qui précède des deux articles qui composent notre paragraphe, nous pourrons en donner la traduction suivante :

« J’invoque, je célèbre Séroscb (Çraoclia), saint, doué de sainteté, «victorieux, qui donne l’abondance au monde, Raschnê (Raçnu), • très-juste, et Aschtâd (Arstât), celle qui donne au monde l'abon- ■ dance, qui donne au monde les biens. »

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