‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 77 sur 139 · CHAPITRE I. ao · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. ao

semble meme qu’ou trouve une iaible trace de ce sens dans la glose de Nériosengh.

Le mot suivant, viçyditcha, est lu de celte manière par le n* 3 S; les deux autres manuscrits du Yaçna donnent fautivement tifi , le ^ i remplaçant par erreur le jj y. Anquetil diffère de Nériosengh dans 1’interprctation de ce mot; le premier y trouve l’idée de rue, le second celle d'homme; mais nous savons par d’autres passages que cette dernière idée n'est pas toujours celle que Nériosengh attache au substantif qui est le véritable primitif de viçydi. Le mot viçydi est un datif qui est plutôt masculin que féminin, parce que, s’il était de ce dernier genre, nous aurions viçyayâi, de même que nous avons çpëntaydi au féminin, et, au masculin, çpënlâi. Cette observation préliminaire me paraît décider du genre de çdvaÿhc; car comme viçydi est rattaché à ce mot par la copule tcha , et que la réunion de ces deux adjectifs exprime deux attributs que les Parses vont jusqu’à personnifier, ces attributs doivent avoir le même genre l'un que l’autre, celui de leur sujet, quel qu’il soit. Or, le genre de çdvaghê pouvant être à la rigueur aussi bien le masculin que le féminin, tandis que celui de viçydi est bien déterminé, c’est le genre de ce dernier adjectif qui doit servir à préciser celui de l’autre.

J’appelle viçydi un adjectif au datif, parce que j’y vois évidemment le suffixe ya que nous avons constaté dans nmânya ( relatif aux maisons). Le retranchement de ce suffixe nous donne le substantif vif, qu' Anquetil traduit invariablement par rue, sens qui fait penser au latin viens Nériosengh rend d’ordinaire ce mot par vdsa ( habitation ). Cette traduction est vraisemblablement plus exacte que celle d’Anquetil; et nous verrons plus tard que la glose de Nériosengh, eu

“ J'ai déjà dit quelque chose de ce mot sous la forme do vtji ( ci-dessus , Obscn\ sur CAIph. zend, pag. exil); mais duu un postscriptum joint aux Obscrv. sur la Gramm.

comp. de Al Dopp, i833, in- -V. j'ai établi que la véritable forme est vfç (mot qui vient de eip, entrer ). Au reste . ce sujet sera repris plus lard en détail.

qo8 COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.

fixant le nombre de couples d’hommes et d'animaux qui forment un viç (hameau?), donne un haut degré de probabilité à cette explication , sur laquelle le retour prochain du mot viç nous donnera occasion de revenir. On peut donc renoncer à la traduction que donne Anquctil (rue), pour adopter celle de Nériosengh. Il est vrai que, dans le passage qui nous occupe, la version sanscrite n’ofïre pas de traces du sens que nous venons d’indiquer; après avoir transcrit le zend viçyâi en caractères dévanâgaris (visi-nàmniih), Nériosengh ajoute: «celle qui fait le bien au milieu des hommes Mobeds, cx- « cellents maîtres. » Il me paraît résulter de cette glose que le traducteur indien, ou plutôt que la version pehlvie qu’il a suivie, a regardé le mot viçya comme signifiant, non pas « relatif aux habitations, • mais «relatif aux hommes,* et quelle a précisé cette notion des hommes en y ajoutant le mot Mobed. Or, il existe peut-être en zend, comme cela se voit en sanscrit, un mot viç ou plutôt viç avec le sens d'homme; du moins j’ai essayé d’expliquer ainsi le mot viç, dans le composé viç harëzanêm, « création d’hommes*1. • Il se pourrait même que viç (si toutefois il existe avec le sens d’homme) fût distingué de viç (habitation), et que la marque même de cette distinction fût la différence de quantité dans la voyelle. Je crois doncpouvoir m’en tenir à l’interprétation que Nériosengh donne ordinairement de viç, interprétation qui rentre d’ailleurs plus dans celle d'Anquctil que dans celle que semble offrir la glose sanscrite relative à notre passage.

Pour terminer ces remarques, je ferai observer que le n”6 S lit par erreur et wfijsw , ce que les deux autres Yaçnas lisent

mieux achaonê et ralhwé. Tous les manuscrits ont asahê , ce que je n’hésite pas à regarder comme une faute pour achahê. Enfin nous traduirons ce paragraphe, en partie d’après Anquctil, en partie d’après l’analyse que nous venons d’en faire.

** Voyet c i-des&oiis , Notes et éclaircissements , note R. pag~cij.

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