‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 79 sur 139 · CHAPITRE L an · texte numérisé non relu

CHAPITRE L an

fois le n° 3 S. Je dis tous les manuscrits en y comprenant le n" 6 S, quoiqu’une main moderne ait écrit sur la marge la syllabe r6 (etfnj). Ce mot est séparé par un point, en vertn île la méthode que suivent les copistes, surtout quand un composé est un peu long. Les mots qui, dans les traductions d’Anquetil et de Nériosengh, répondent/ à vàuru, sont fertiles et habité, significations qui, vu les autres éléments du composé, ne sont pas trop éloignées l'une de l’autre. Nous avons déjà proposé plus haut de traduire cet adjectif par nombreux, abondant, et l’interprétation actuelle donnée par Nériosengh appuie jusqu’à un certain point notre hypothèse. Cependant je n'ai rien trouvé depuis qui lui donne toute la certitude désirable.

Le mot suivant, ou plutôt la seconde partie de ce composé ( puisque vôaru doit ici se réunir ait terme qui le suit), est diversement écrit dans les manuscrits du Yaçna. Le n” 6 S et le n“ '± F ont et le n” 3 S . La comparaison des

passages où se représente cet adjectif, m'autorise à l’écrire gaoyaotdis ou gaoyôtâis, avec une accumulation de voyelles presque barbare, mais que cependant l’on peut expliquer par les habitudes de la langue zende. Et d’abord la désinence tâis est le génitif d’un mot en ti. Ici ce mot, se rapportant à mithrahf (au génitif), sera masculin comme lui. La syllabe pénultième yao réunie à tâis, dont le thème est ti, nous donnera yao-ti, et au nominatif yaoitis ou yôitis. On ne peut méconnaître ici le radical yu (joindre), et dans yaoiti ou yôiti le sanscrit yuti ou yùti ( faction de joindre ). Seulement, on se demande pourquoi le sulfixe ti, qui en sanscrit n’exige jamais de guna de la voyelle du radical , en nécessite un en zend. Cette observation m’engagerait à préférer la leçon yôki à yaoiti, qui se présente avec le ao, guna dé a (yu), si je n'éprouvais le même embarras pour expliquer la présence de l'o au lieu de IV du radical. Quoi qu’il en soit de cette difficulté, qui paraîtra moins considérable si l’on fait attention que l’application de la loi du guna se remarque en zend dans des cas où le sanscrit l’ignore, je

a la COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.

crois que le zend yaoili ou yàiti répond au sanscrit yûti, et qu’il signifie réunion, puis, dans le composé dont il s’agit, couple; car le mot gao n’est sans doute que le sanscrit gâ (bœuf), et gaoyaoili doit être le sanscrit goyûti (pâtre). On peut traduire ce mot par « qui a de « nombreux couples de bœufs, » interprétation qui me semble confirmée par le passage de Julius Firmicus où Mithra est nommé boum abactor Je dois faire remarquer toutefois que cette explication, malgré sa grande vraisemblance, a contre elle de n’être soutenue ni par Anquctil ni par Nériosengh. Les deux interprètes s'accordent dans le même sens; caria traduction d’Anquetil, «qui rend « fertiles les terres incultes, • rentre aisément dans celle de Nériosengh , ■ celui par qui les déserts sont peuplés. » Sans doute la culture et la population des terres incultes ne sont qu'un souvenir et comme une image du texte où nous croyons pouvoir trouver des couples de bœufs. Cependant j'aimerais à voir la traduction que me suggère l’analyse grammaticale s’accorder plus directement avec celle d’Anquetil.

Heureusement ce désaccord ne se renouvelle pas à l’occasion des épilbètes suivantes. Ce que notre Vcndidad-sadé lithographié réunit en un seul mot liazagrôghaosahê , est séparé par les autres manuscrits. Le n° 2 F lit i , le n° 3 S , et le n" 6 S

5?^ VJ- Cette dernière leçon me paraît préférable, en ce que j y vois ■t)1# jArqui représente le sanscrit srde sahasra (mille). Il est remarquable que le mot zend hazaghrô porte la désinence d’un nominatif singulier masculin, comme si c’était un substantif. On ne peut cependant le considérer ici que comme un adjectif en composition avec gaochahé; et c’est justement ce qui rend plus digne d’attention l’existence de la terminaison du nominatif singulier masculin : car les adjectifs qui se joignent à des substantifs pour former des composés déterminatifs, s’unissent en général presque aussi intimement

" De Error prof. ni. 1. 1, c. 5.

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