‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 80 sur 139 · CHAPITRE I. ai · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. ai

en tend qu'en sanscrit au nom qu’ils modifient, c’cst-à-dirc qu’ils se présentent sous leur forme absolue. L’emploi de la désinence ô dans l’adjectif hazaghra, ainsi que dans quelques autres adjectifs que nous rencontrerons par la suite, vient sans doute de l'habitude, prise de bonne heure par la langue' de mettre au nominatif les noms en a, lorsqu’ils forment la première partie d’un composé. L’analogie a entraîné l’usage de cette désinence, même pour le cas où la première partie du composé est un adjectif.

Le substantif avec lequel hazaghrô entre en composition est lu par le n" 3 S, jy t>i.u par le n" a F, et par le n° 6 S. Sauf la suppression fautive de h devant é, cette dernière leçon est la meilleure. Ce mot signifie oreille; c’est le persan Déjà nous avons essayé de le rattacher au radical sanscrit ghuch*0; nous n’avons pu trouver jusqu’ici d’explication plus satisfaisante de ce mot, et nous ajouterons même que la leçon ghaosahê, avec le gh aspiré, vient à l’appui de notre hypothèse, puisque la gutturale y est encore aspirée comme dans le sanscrit ghuch. Il est bon toutefois de remarquer que cette orthographe est beaucoup plus rare que celle qui montre ce mot écrit avec un g; le passage qui nous occupe est jusqu'ici le seul, dans tout le Vendidad-sadé, où je l’aie remarqué. En résumé, de hazaghrô, pour hazaghra , réuni à gaochahê, nous ferons un composé possessif signifiant, comme le pensent Nériosengh et Anquetil, ■ qui a mille oreilles. »

L’adjectif suivant est encore composé de deux parties : l’une baêvari, que tous les manuscrits lisent de même, à l’exception du n” 6 S qui a ; et l'autre Ichasmanô , que le n* 3 S écrit

W"C- Le premier mot signiiie , d’après le témoignage uniforme de Nériosengh et d’ Anquetil, dix mille; c’est le parsi mais je n’ai pu jusqu’ici trouver en sanscrit l’analogue de ce mot. Au contraire

'* Voy. ci-dessus , Observ. sur VA Iph. zend, commise à l’endroit cité. M. de Bohlen. dans pag. eu. Je profite de cette occasion pour ré- sa dissertation {De Orig. ling. zend. p. à), parer une omission involontaire que j'ai avait déjà fait ce rapprochement.

a 1 4 COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.

tchasmanô, qu’il est vraisemblablement plus correct d’écrire Ichachmanri ou tchaçmanô , ne me parait autre chose que le sanscrit tchakchus , sauf la différence du suffixe; c'est incontestablement le persan En retranchant le suffixe manâ qui est ici au génitif, nous obtenons Ichaç, et avec la sifflante radicale, ichach, monosyllabe dans lequel le ch rend représente le kch sanscrit, de sorte que Ichach est identique à tchakch (dire). Si le mot qui désigne l 'mil dérive, d’après le témoignage des grammairiens, d’un radical signifiant dire, c’est vraisemblablement par une analogie du même genre que celle qui, en sanscrit et en grec , rattache à une même racine les deux idées de lumière et de parole™. Remarquons que la déclinaison du mot Ichaçman suit celle des mots sanscrits qui ne contractent pas leur suffixe en mnô, etc., parce que cette contraction occasionnerait une accumulation trop considérable de consonnes. Ce fait doit être rapproché de taçnr. que noua avons analysé ci-dessus au paragraphe U , et où nous avons pu nous convaincre, quoique M. Bopp pense le contraire, que le zend suit, au moins dam la déclinaison des noms on an, la règle de contraction qu’applique régulièrement le sanscrit. Ce qu’il faut dire, c’est qu’il ne paraît pas que cette règle soit aussi rigoureusement observée en zend que dans la langue sacrée des Brahmanes, comme nous le constaterons tout à l’heure. Au reste , en réunissant en un composé les deux mots baêvarè tchaçmanô . nous en ferons un adjectif possessif qu’il faudra traduire, avec Nériosengh et Anquetil, par « qui a dix mille yeux. •

Ce que notre Vendidad lithographié lit en un seul mot, est joint de même dans le n°6 S, mais la première partie de ce

mot jusqu'à nômô est due à une main moderne qui a restauré d’une manière malheureuse plusieurs mots que le temps avait effacés. Les n" a F et 3 S séparent en deux mots la sé-

paration des parties qui composent un mol est en effet plus fré-

“ A. G. de Sclilcgel, Iml. Bilholh. tom. U. p«g. abi stp;

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