‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 8 sur 139 · SU H · texte numérisé non relu

SU H

L’ALPHABET ZEND

L’alphabet zentl, tel qu’il est donné par Anquetil Dtiperron, se compose de quarante-huit caractères, dont seize pour les voyelles, et trente-deux pour les consonnes, sans compter trois groupes ou

lettres composées, qui portent le

' Los observations qu'on va lire ont un double objet : elles sont destinées à faire connaître au lecteur la forme et la valeur des caractères zends, et à indiquer d’une manière générale la relation de ces valeurs à celles de l'alphabet dévanâgari. Je n’ai pas trouvé qu'un tableau de l'alphabet /.end, avec les valeurs des signes dont il se compose , suffît pour atteindre au premier but. La lecture du zend présente en effet des difficultés qui viennent de ce que nous

nombre des signes zends de l'al-

sommes placés entre deux systèmes . soutenus l’un et l'autre par le témoignage des Parses. Anquetil Du perron a publié l’un vers la fin du dernier siècle . et il l’a suivi pour la transcription des mots qui se trouvent dans son Zend Avesta; M. Rask a fait connaître le second dans sa dissertation sur l’antiquité et l'authenticité de la langue zende . traduite du danois en allemand , el publiée à Berlin en 1826. Ces deux systèmes de lecture diffèrent en plusieurs

ALPHABET ZEND

phabct d’Anquctil à cinquante et un *. Ces caractères n’expriment que trente-cinq valeurs : douze voyelles et vingt-trois consonnes. Le grand nombre des signes, relativement au petit nombre des valeurs.

points importants, et comme ils reposent tous deux sur des autorités également res |>ec tables , c’est à la critique de décider lequel doit être préféré. J’ai donc dû, pour U mettre a même de faire sou choix, comparer en détail la lecture d’Anquctil à celle de M. Rask. Après avoir déterminé la valeur de chacune des lettres en particulier , j’ai cru nécessaire de donner un résumé de ce que m’avait appris , quant à leur rôle dans la formation des mots , l’analyse des textes zends que j’ai interprétés jusqu'ici. Le sanscrit , comme celle de toutes les langues qui se rapproche te plus du zend , a été le point principal de mes comparaisons, d’où j’ai essayé de déduire quelques conséquences sur l'antiquité relative des alphabets zend et dévanâgari. Dans cette seconde partie de la discussion, j’ai du m'abstenir de multiplier les exemples : ils se présenteront en foule dans la suite du Commentaire. Les faits qui , se répétant le plus fréquemment, sont le mieux constatés, m’ont donné les lois les plus générales , celles que je me suis cru dispensé de démontrer par un grand nombre de preuves , lesquelles viendront plus tard. J’ai agi autrement pour certains faits moins communs, qui ont cependant de l'importance, en ce qu’ils caractérisent le système des sons et des articulations de la langue zende , et qu’ils permettent d'en apprécier la relation avec le système des sons et des articulations du sanscrit. J’ai toujours appuyé les observations auxquelles ces faits donnaient Ueu d’un des exemples au moi#* qui leur ser-

vaient de preuves. EnGn , j’ai laissé dans l’ombre d’autres faits beaucoup plus rares , qui seront discutés dans les circonstances particulières où ils se présenteront. L’état dans lequel nous sont parvenus les livres zends, cl la difficulté de les entendre complètement , ne m’ont pas jterrnis de restreindre le nombre de ces faits encore obscurs dans des limites aussi étroites que je l’eusse désiré. 11 y a encore , du moins pour moi , trop de mots sur le sens et sur la forme desquels il reste des doutes , pour qu'on puisse donner une opinion précise sur les éléments . tant voyelles que consonnes, dont ils se composent. Quelle pourrait être la certitude de lois déduites de termes qui , peut-être, sont mal écrits ? Mais , outre que les mots obscurs ou incorrects peuvent être plus tard déterminés avec précision par la comparaison de nouveaux manuscrits, et par la découverte de textes plus étendus, le lecteur peut déjà considérer comme fondées et valables, quant aux faits qu’il est en son pouvoir de vérifier avec moi, les remarques que ma suggérées la comparaison des alphabets zend et sanscrit Je désire seulement qu’il ne s’attende pas à trouver ici , sur tous les points, une opinion définitive, qu'il me serait encore bien difficile de lui donner quand je posséderais la collection complète de tous les manuscrits zends qui existent en Europe. Toutefois c’est un résultat auquel je ne désespère pas de parvenir un jour: ce sera le résumé de la partie philologique de mon travail.

* Zend Avtita, t. II, p. 4a4

ALPHABET ZEND. xxxtx

vient de ce que quelques-uns sont employés au commencement, d’autres au milieu, d'autres à la lin des mots. C'est. uniquement à ces détails que se réduisent les explications qu’Anquetil a données sur la Planche qui contient l'alphabet zend, et qui fait partie du tome second de son Zend Avesta 5..

Avant d’examiner en particulier chacune des lettres dont cet alphabet sc compose, il est peut-être permis de reprocher & Anquctil de les avoir classées d’après un ordre pour lequel il n’a pas trouvé d'autorité suffisante dans les textes. Il est certain, en effet, que des trois classifications que nous offrent les livres zends rapportés par Anquctil , celle qu’il adopte ne s’y rencontre qu’une fois. L’une des deux autres, au contraire, est répétée dans deux ouvrages différents, le volume des Ieschts-sadés et le Grand Ravaêt*. Nous donnons dans un tableau ces diverses classifications avec l’indication des manuscrits où elles se trouvent : on verra que la troisième du Grand Ravaêt est la môme que celle du volume des Ieschts. La seconde du GrandRavact a aussi beaucoup d'analogie avec celle des Ieschts, mais elle s’en distingue en ce qu’elle est plus complète sous le rapport des voyelles. Entre ces divers ordres, Anquctil a choisi le premier de ceux que présente le Grand Ravaêt. Mais les raisons qu’il expose à l'appui de son choix ne me paraissent pas convaincantes. En effet, de ce que les lettres pchlvies, dérivées des lettres zendes, procèdent suivant l’ordre qu’il a reproduit dans sa Planche, on ne peut conclure que les lettres zendes aient suivi ce même ordre dans l'origine. Anquetil avoue que l’arrangement primitif de l’alphabet est inconnu ; c’était un motif de plus pour examiner avec soin les diverses classifications conservées par les livres zends, surtout celles qui nous

* Voyez le Tableau ci -joint contenant l'alphabet zend d'après Anquelil, l'alphabet rectifié , en partie d'après M. Rask . et la série des caractères zeiuls d'après les diverses classifications des Parses.

* Mss. Anq. n® 3, Supp. p. 373, et n° 12, Supp. p. a84 et a85. Notre Tableau donne la classification du volume des Ieschts , et les trois alphabets du Grand Ravaêt dans l’ordre du manuscrit.

xl ALPHABET ZEND.

montrent les lettres disposées presque systématiquement selon le plus ou le moins d’analogie qu elles présentent entre elles. Anquetil a fait connaître, il est vrai, la disposition du volume des leschts5; mais il eut dû, selon nous, la respecter davantage, ou au moins en proposer une qui fût plus systématique, et plus conforme à la nature de l’alphabet rend.

On peut déjà se convaincre , en examinant la disposition suivie par le copiste du volume des leschts, et la classification du Grand Ravaët, que l’ordre qu’elles présentent offre des traces d’une tentative de régularisation. Les lettres de même organe y sont généralement réunies ensemble , mais d'une manière moins parfaite que dans l’alphabet dévanâgari. Plusieurs lettres y sont répétées sans qu’on en puisse apercevoir la raison. D’autres sont suivies d’additions qui peuvent être ou des mots servant de nom à la lettre, ou seulement des syllabes destinées à en faciliter la prononciation. Les mots ananaya, ananya , yaya, me paraissent être de cette dernière espèce. On y voit dominer la voyelle a, qui sert à vocaliser la consonne , système qui semble imité de l'alphabet sanscrit. La répétition de la consonne parait elle-même un cnipruut à la manière dont on prononce dans quelques provinces, et notamment chez les Tamouls, l’alphabet et le syllabaire dévanâgari. Je crois, en effet, me rappeler d’avoir entendu rapporter par des voyageurs, que, quand on apprenait à lire aux enfants malahares, chaque consonne était prononcée deux fois, ou suivie d’un a répété deux fois, de cette manière: na-a, na-a.

Ces observations sembleraient indiquer que nous regardons l’ordre des caractères zends, tel qu’il est donné par le volume des leschts et par le Grand Kavaët, comme imité de l’alphabet dévanâgari. Nous ne croyons cependant pas qu’elles suffisent pour trancher la question. L’origine et l’antiquité de cet ordre nous sont également inconnues. Nous ne savons pas même avec certitude s’il est adopté

* ifém. de l'Acad. da Inter. L XXXI , p. âây.pl. i , n* 1 .

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