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ALPHABET ZEND. xli
par les Parses du Kirman, comme il parait l’être par ceux de l'Inde. Ce serait là un point qui mériterait d'être examine ; car, si l’on venait à reconnaître que les Destours de la Perse ne suivent pas cet ordre, on serait en droit d'en suspecter l’originalité. Comme, en effet, les manuscrits auxquels nous l’empruntons, ainsi que tous ceux d’Anquetil , ont été écrits dans le Guzarate par des Parses qui devaient connaître la classification des alphabets indiens, il ne serait pas impossible que l’idée d’un classement systématique leur eût été inspirée par l'habitude qu’ils avaient prise d’employer l’alphabet dévanâgari du Guzarate. Mais cette présomption n’est pas assez forte pour faire rejeter, sans autre preuve, l’ordre des manuscrits que nous citons; car il est toujours permis de supposer que les Parses de l’Inde le doivent aux relations fréquentes qu’ils ont, à diverses époques, entretenues avec ceux de la Perse.
Si nous comparons avec l’alphabet de la Planche d’Anquetil, la totalité des caractères donnés par le volume des Ieschts et par le Grand Ravaët, en complétant l’une par l’autre les diverses séries de notre Tableau, nous trouvons quarante-neuf formes, tandis qu’Anquetil en a cinquante et une. Cette différence vient de ce que l’alphabet du Zend Avesta renferme des groupes dont Anquetil a cru devoir donner la lecture à cause de la difficulté qu’ils pouvaient offrir. Il se trouve ainsi que quelques formes manquent dans l’alphabet que l’on peut extraire des manuscrits; ce sont le ch et le s dit , et de plus la quatrième forme du n* 6 d’Anquetil, en commençant par la droite. L'alphabet des manuscrits a, d’une autre part, le l qui, ne se trouvant pas dans la langue zende, a été emprunté au pehlvi, et que nous représentons dans notre Tableau par un l entre deux crochets, et de plus le è, que M. Rask a rétabli depuis dans l’alphabet zend , et qu’il est d’autant plus singulier de voir omis par Anquetil, que cet è se trouve non-seulement dans les deux dernières classifications du Grand Ravaët, dont il n’a pas tenu compte, mais encore dans la première de ces classifications, celle qu’il a suivie exactement. Quoi I. F
xlii ALPHABET ZEND.
qu’il en soit de cette omission d’Anquetil, qui vient de ce qu'il ne s’était pas fait une idée assez nette du rôle de cet è , nous regardons comme très-intéressants ces essais de classification, quelque incomplets qu’on doive les trouver comparativement à l'alphabet dévanâgari. Ils offrent d’ailleurs avec ce dernier un trait frappant de ressemblance , c'est que les consonnes y sont séparées des voyelles. Dans le n* II du Grand Ravact, les voyelles sont même régulièrement disposées à la manière indienne, ad, il, o 6, è è, a û, etc.; et, du même que dans le volume des Ieschts, l’alphabet commence par les gutturales , et n’arrive aux voyelles qu’après avoir épuisé & peu près toutes les consonnes. Cette division trace celle que nous allons suivre dans notre examen; seulement nous commencerons par les voyelles, parce que c’est sur elles que portent les corrections les plus importantes, dont une partie a déjà été proposée par M. Rask.