‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 82 sur 139 · CHAPITRE I. a · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. a

de guna. Or, je remarque que aokhta, et avec la désinence du nominatif aokhtô (comme ci-dessus hazaghrô), n’est employé, à ma connaissance, que quand le participe ukhta forme la première partie d’un composé, et je crois pouvoir conclure de ce fait que c’est sa position dans un composé qui entraîne cette modification de la voyelle initiale. Si cette conséquence est admise, ne peut-on pas supposer que le changement de u en ao a pour but de caractériser cette espèce de composé possessif qui résulte de la réunion de ukhta et de nâman? Il semble, en effet, que si l'on se contentait de juxtaposer ces deux mots, il en résulterait un composé déterminatif signifiant • nom dit ou prononcé. » Mais pour faire passer cet adjectif dans la classe des bahuvrihi, et lui donner le sens de « celui qui a « le nom dit ou appelé, » on a pu vouloir ünir intimement les deux parties composantes, et marquer la première d’un signe qui ne permît pas de la séparer de la seconde, et qui indiquât clairement que ce composé se rapporte à un sujet qui possède la qualité exprimée par les éléments dont est formé l’adjectif. Je ne me rappelle pas, il est vrai, d’avoir vu en sanscrit une composition de ce genre (si ce n’est peut-être celle des dérivés comme sdrvabhâuma, « souverain de toute la terre»), et ce n’est, conséquemment, qu’avec défiance que je dois proposer l’explication de ce fait obscur. Ce sera au lecteur à décider si elle peut se soutenir contre celle de M. Bopp.

Au reste, quelque opinion qu’on ait sur le changement de ukhta en aokhta, il me paraît difficile d’assigner à ce composé une autre signification que celle que lui donnent Anquetil et Nériosengh, celle d’un composé possessif, « qui a le nom dit. » Il me paraît également permis de considérer yazalahé comme indiquant ce nom même, et de traduire, • dont le nom est dit Ized. » Certainement rien ne prouve que la réunion de ces deux mots soit absolument indispensable, et on peut bien traduire en les séparant, • Mit lira — dont le • nom est prononcé (invoqué) Ized. » Mais je ferai remarquer que l’expression aokhtô nâman ne se trouve jamais dans le Vendidad-sadé •I. 38

•j 18 COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.

qu’avec le mot yazata (à quelque casque soit employé ce mot), et qu’elle semble former une locution consacrée pour exprimer qu’un être a reçu le nom d'Ized. Je n’ai rencontré jusqu’ici qu’une fois cette expression aokhto n aman avec un autre mot que yazata , dans la partie encore inédite du Zend Avcsta ; c’est avec le mot yaçna , et le sens général m’a paru exiger qu’on le traduisit par « le sacrifice où mon « nom est prononcé **, » Mais cette traduction n’est qu’une nuance légère de celle que je propose en ce moment, et elle présuppose toujours l’emploi de aokhto ndman , comme adjectif possessif. On comprend d’ailleurs que les mots aokhtô nâmana yaçna peuvent également se traduire, • avec ce qui est nommé yaçna. * En un inot, le substantif yazatahé, ou le nom même que le texte veut indiquer comme appartenant à Mithra, me paraît joint i aokhtù ndmanô par apposition, comme quand on dit en latin, • Cæsar appellatus est im- * perator, * ou comme on dirait en allemand , « der so genannte laed. » Ce nom est, comme on sait, celui des génies du second ordre qui, dans le système tliéologique des Parses, prennent rang immédiatement après les Amschaspands ; mais il s’applique également aux Amschaspands eux-mêmes, et désigne, à proprement parler, tous les êtres auxquels s’adresse l'adoration des hommes. L’étymologie de yazata , qui’ vient évidemment de yaz, en sanscrit yatlj (offrir le sacrifice), explique suffisamment la grande extension que les textes donnent à l'emploi de ce titre'1*. Je ne crois pas que ce mot soit le participe parfait passif de yaz, car nous savons par d’autres passages que le participe de ce verbe est yaçta, mot qui est plus régulièrement formé que le sanscrit ichta. Dans yazata, il faut reconnaître la racine yaz, sans doute avec un suffixe ata, qui peut être le ata que les grammairiens indiens nomment atatch; mais je ne puis préciser exactement la signification que ce suffixe ajoute au

■ Vom ci-des»ous, Notei et éclamiuc- pag. i?) a déjà vu que va -a ta venait de ments, note P, pag. Ixxiv. j«uÿ. .Nous n'aions pas besoin de remarquer

" M. de Bohlen (De Orig. ting. zend. quo le parsi lied n'en est que l'altération.

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