CHAPITRE I. a
radical. Est-ce celle de « digne du sacrifice et du culte,» ou «qui » est un objet d’adoration?» Cela me paraît asscs vraisemblable; je remarquerai, toutefois, que l’idée de « digne du sacrifice » serait exprimée plus régulièrement et d'une manière plus analogique par un mot formé avec le suffixe ya , que par un terme où entre un suffixe dont le sens est jusqu’à présent aussi peu déterminé que celui de ata.
1. Ce second article contient le nom de l’Ized du bien-être, nom qu’Anquetil , d’après l’autorité des Parses , se contente de transcrire Rameschné Kkârom, et qu’il traduit par «plaisir désirable, ou qui « donne le plaisir désirable M. > La première partie de ce nom est lue de la même manière par tous les manuscrits, la seconde l’est comme dans le Vendidad-sadé par les n" 2 F et 3 S; le seul n” 6 S, p. 3, lit De ces deux mots, le premier est traduit dans la
glose de Nériosengh par bonheur, sécurité; le second par » faction de «manger, ou de percevoir par le goût. » Seulement, pour qu’on ne prenne pas ces mots au propre, mais dans leur sens mythologique et comme des personnifications d’un être invoqué dans la liturgie, le commentaire ajoute cette pbrasc : « c’est un être invisible, par la • puissance duquel les hommes connaissent le goût de la nourri- « ture, » r.’est-à-dire , sans doute, « obtiennent leur nourriture »
Le premier mot, rcbnand, a la désinence du gén. d’un mot en an; et dans le fait nous trouvons le nom do cet Ized dans d’autres passages, et notamment à l’accusatif, rama, forme qui ne peut partir que du thème râman. Ce thème, à son tour, ne peut être formé que des suffixes an ou man. Dans la première de ces deux hypothèses, nous en ferons un substantif dérivé du radical ram, et signifiant plaisir. satisfaction. Mais il faudra remarquer que cette formation n’est
w Z end Avala, tom. 1 , a* port. pag. 82 , glose de Nérioaengh est justifié par la uote note 1a. qui contient les variantes de cette glose.
** Le sens que nous donnons ici à la Voy. ci-dessus, même paragraphe, uote 86.
pas parfaitement conforme aux lois de la dérivation du sanscrit, car an n’cxigc pas, dans cette langue, le vriddhi de la première voyelle du radical; ram, en supposant qu’il se joignît au suffixe an, ferait raman et non rûman, comme en zend. Cependant, comme en sanscrit on trouve quelques radicaux qui, avec ce suffixe, prennent un gana, il se pourrait que le zend eût remplacé, pour la racine ram, ce gana par un vriddlii, particularité que je crois avoir remarquée dans quelques autres dérivés. Une autre irrégularité de1 raman, c’est que le suffixe an, en sanscrit, ne forme d’ordinaire que des noms d'agents qui sont masculins; d’où il résulterait que puisque rama est au neutre, on doit le regarder comme un adjectif en rapport avec qâçtrahé, dont le genre véritable est le neutre. Je persiste cependant À considérer raman comme "un substantif, en me fondant sur un autre passage du Yaçna où ce mot est employé seul, et traduit dans Nériosengh par plaisir n. Or, si râman est un substantif neutre, notre seconde hypothèse sur la nature du suffixe qui sert h le former acquerra une assez grande vraisemblance. Seulement, pour tirer râman de ram et de man, il faudra supposer qu’en zend ce suffixe exige vriddhi, au lieu du gana qu'on trouve fréquemment en sanscrit dans les noms neutres qui en sont formés, et on devra admettre qu’une des deux nasales, celle du radical ou celle du suffixe , est tombée devant l’autre, en vertu du principe qu’en zend la même consonne n’est jamais écrite deux fois de suite.
Le rôle du mot suivant, qâçtrahé, est bien plus facile à déterminer que celui de râman, et il n’est pas permis d'hésiter entre l'adjectif et le substantif. Après avoir retranché la caractéristique du génitif, qui nous avertit que le thème du nom dont il s’agit est en a, nous obtenons qâçtra, dans lequel tra ne peut être que le suffixe sanscrit tra, écrit ailleurs en zend //ira. Si le I n’est pas aspiré dans qâçtra, c'est qu’il est précédé d’une sifflante qui arrête l'action de la lettre r. Le retranchement de ce suffixe tra donne qdç, que je n’hésite pas & " \ cndiiad sudt , p»g. 3o5; Yaçna , ch. xxxv, ms. Anq. n*a F, p»g. ï53.