‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 84 sur 139 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

regarder comme le sanscritîsnj svâd (goûter), le yi <y zend remplaçant le sv sanscrit , et la dentale douce ayant été changée en sifflante devant la dentale t, suivant la règle qui" veut que deux dentales ne puissent se rencontrer sans que l’une des deux devienne une sifflante. Le témoignage des manuscrits, et l'affinité connue des lettres m a et a» ç l’une pour l’autre , nous permettent d’avancer que la sifflante a ç est ici régulière ; cependant la sifflante dentale ay s , que donne un manuscrit, pourrait être conservée, parce que s’appuyant sur la dentale t, elle ne peut plus être soumise au changement en h , auquel l’obligerait naturellement la voyelle au a qui la précède. De cette analyse il résulte que qdçtra doit signifier « l’instrument pour

* goûter, » et par conséquent le goût , tant le sens du goût lui-même que l’action de goûter ou de percevoir par le goût, et, comme l’ajoute la glose de Nériosengh , ■ ce par quoi les hommes connaissent

• le goût des aliments. >

De la réunion de ce mot avec celui que nous avons analysé tout à l’heure, il résultera une expression signifiant • le plaisir qui consiste

■ dans l’action de goûter, » c’est-à-dire, « le plaisir du goût; » le mot qâçlrahê étant joint par apposition à râmanô, littéralement « le plai-

■ sir goût. < Si au contraire on préfère voir dans râmanô un adjectif, on le fera rapporter au mot qâçtrahê , et l’on traduira : « le goût « agréable. • Quelque interprétation , au reste, qu’on adopte: (et l’on voit que celles que nous proposons rentrent à peu près l’une dans l’autre), on doit reconnaître que • le plaisir du goût * est considéré par les Parses comme un Ized dont le rôle est d'être le coopérateur de Mithra, considéré comme gardien des troupeaux. On pourrait croire, au premier coup d’œil, que ces deux mots râmanô qâçtralié sont des épithètes de Mithra, puisqu’ils sont immédiatement joints à l’invocation relative à ce génie supérieur, et qu’ils semblent suivre sans interruption les épithètes caractéristiques de ce dieu. Mais, outre que les mots aokhtô nâmanô yazatahé paraissent clore l’invocation de Mithra, le témoignage des Parses sur la valeur my-

aaa COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.

thologique des mois râmanô qdçlrahé est trop positif, et en même temps trop facile à justifier, pour qu’il soit permis de douter que par râma qâçtra on doive entendre ou « le plaisir du goût , * ou bien le plaisir que l’on trouve à manger de bons aliments, plaisir que les anciens peuples de l’Arie, dans la simplicité d’une religion primitive, ont idéalisé, ou plutôt ont rapporté à un génie spécial, charge de le donner aux mortels.

Après l’analyse que nous venons de faire de ce paragraphe, nous le traduirons de la manière suivante, en réunissant les deux articles qui le composent :

« J'invoque, je célèbre Mithra qui multiplie les couples de bœufs,

• qui a mille oreilles, dix mille yeux, appelé du nom d'Ized; [j'in-

• voque, je célèbre] Ramcschné Khàrom (le plaisir du goût). •

jou*

(Lignes 18 i, 19 a.)

TRADUCTION DE NÉRIOSENGH.

H'ijufqifôi qvmjcff « »

( Ms. Anq. n° a F, pag. 5. )

** VARIANTES DE LA TRADUCTION DF. NÉRIOSENGn.

Les deui nias écrivent toujours mmamtrayâmi avec un anusvâra. Le n° 3 a fauti-

vement samparna. . . le n* a F double le n sous la liquide r. Le n* 3 S lit rapithvtattâmni madhvAmknah mdhytl panyâtmant punyagum. Il suffit de citer ces leçon* pour foire voir combien elles sont fautive».

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