CHAPITRE I
c’est un point où Je zend diffère assez du sanscrit pour qu’il soit nécessaire de le remarquer. Nous aurons occasion de reproduire plus tard cette observation sur le génitif fsavà , dans lequel l’zî radical a également été changé en ao par le guna 1M.
Au reste , en avançant que le thème auquel se rapporte ce datif est terminé par un ù long, je fais une supposition en faveur de laquelle je ne puis alléguer qu’une seule preuve, c’est l’analogie du mot zend fsaov-é avec le sanscrit suvê , analogie que je remarque ailleurs entre le radical feh a et le sanscrit sâ , et , selon les grammairiens indiens, chu 1M. Si, comme je le pense, ce n’est pas à tort que ces deux radicaux ont été rapprochés l’un de l’autre , on peut admettre que le substantif su, qui dérive de la racine sanscrite su (ou su), a son analogue dans le zend fsû , dérivé du radical fehu. Nous serons également conduits à reconnaître que ce mot doit s’écrire avec un ftÿ ch, et non avec un xy s, comme le donnent nos trois manuscrits, non-seulement parce que le participe présent fehuyâç est ainsi lu à peu près uniformément par les anciens manuscrits, mais parce que nous rencontrons quelquefois divers cas du mot fsû écrits fehù. Si cette opinion est fondée, fchû aura le sens du sanscrit su (action d’engendrer, production); et réuni au mot frddat (auquel nous conserverons le sens de qui donne abondamment . qui répand), ce substantif formera un adjectif composé signifiant, « celui qui répand la génération. » Ncriosengh , (pii considère ce paragraphe comme consacré à l’invocation d'un génie coopérateur de Rapitan, transcrit, sans le traduire, le mot dont nous essayons de donner en ce moment l’explication, et le considère comme un nom propre. Mais la glose dont il l’accompagne et qui peut se traduire par, • ce génie qui fait croître les trou- « peaux de bestiaux, » rappelle d’une manière assez directe un être
1 M. Bopp, dans sa Grammaire compa- le sanscrit bhuvé, nous .semblent mériter rative, n'a pas cru devoir parler de» formes d'ètrc prises en considération. comme fsavê et fsaovê, formes qui, ccpen- m Voyez ci-dessous, Notes et éclaircisse dant , par l'analogie qu'elles présentent avec ment », uole R , pag. cxxvij.
jî8 COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.
auquel on attribue le pouvoir de répandre la fécondité. Si, comme le témoignage des Parses nous porte à le croire, ce titre doit, ainsi que chacun de ceux qui suivent les noms des Gâhs ou divisions du jour, se rapporter à ces divisions elles-mêmes, on trouvera sans doute que ce caractère de fécondant , et de propagateur de la production , convient bien au génie sous la protection duquel est placée la partie du jour pendant laquelle le soleil, ce dieu que les Brahmanes appellent le générateur, domine sans partage. Ce ne serait pas une objection sérieuse que de dire, d’un côté, que le radical chu ou chu prend ainsi trois formes en rend (car nous y rattachons déjà hdvani, çâvagh, et en ce moment fchu), et de l’autre, qu’il en résulte une répétition trop fréquente des mêmes attributs. En effet, nous savons que quelques racines se présentent en zend sous des formes assez diverses; et de plus, la reproduction fréquente des mêmes épithètes, ou d’épithètes analogues, quand il s’agit d’un caractère aussi primitif et aussi simple que celui de générateur, en parlant du soleil, n’a rien qui doive étonner.
Le second mot, zantumûitcha, est lu de la même manière dans tous les manuscrits du Yaçna, à cette différence près que le n° 6 S sépare en deux mots division fautive sans doute, mais qui
nous apprendrait toujours, si nous pouvions l’ignorer, quels sont les éléments dont se compose ce mol. En supprimant la copule tcha, monosyllabe enclitique joint au mot qui le précède, nous obtenons le datif d’un thème en a, zantuma, mol que nous rencontrerons ailleurs et que nous reconnaîtrons pour un adjectif. Cet adjectif est dérivé, au moyen du suffixe ma, du nom substantif zahtu, auquel Anquctil et, jusqu'à un certain point, Nériosengh donnent le sens de ville ou bourg. Si je restreins ainsi cette assertion quant à ce qui regarde Nériosengh, c'est que ce dernier ou la glose pehlvic, en limitant à trente le nombre des couples d'hommes et d’animaux dont se compose un zantu, ne dit pas précisément qu’il s’agisse d’une ville, et que même le traducteur se contente de transcrire presque