‹ Commentaire sur les Eléments du droit international et sur l'Histoire des progrès du droit des gens de Henry Wheaton [microforme] (volume 3)Chapitre 101 sur 138 · EE HI · texte numérisé non relu

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Devoir de marcher sur Mexico.

L'Empereur au général de Lorencez,

M. Benjamin à M, Sliuell sur les intentions de la France à l'égard du Texas.

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du Texas,

360 VUES DE LA FRANCE SUR LE TEXAS. [Part. II,

Confédérés, à M. Slidell, commissaire de ces mêmes États à Paris. De cette lettre il semblait ressortir qu'il existait des preuves constatant que le gouvernement français tentait de soustraire le Texas à la Confédération du Sud. Ces preuves avaient paru suffisantes pour faire expulser le consul français de Galveston, et celui de Richmond avait été sur le point d'être traité de la même façon. Dans la lettre en question, M. Benjamin disait: «En cherchant à me rendre compte du motif que peut avoir le gouvernement français pour agir de la sorte, je ne puis trouver que l’une ou l’autre des deux raisons suivantes, sinon toutes deux en même temps:

«19 Que l’empereur des Français, ayant le dessein de conquérir le Mexique et de le garder comme colonie, désirerait voir une puissance de peu d'importance séparer sa nouvelle colonie des États-Confédérés, pour ne pas avoir à craindre d’interposition dans ses desseins sur le Mexique; 2° que le ouvernement français désire s'assurer pour lui-même une source indépendante où il pourra se procurer le coton, balançant ainsi celle que la Grande-Bretagne possède dans l'Inde. Il pense sans doute arriver à ce résultat, en prenant sous sa protection l'État du Texas. Celui-ci, après avoir été reconnu comme État indépendant, dépendrait, ainsi le suppose sans doute le gouvernement français, tout autant de la France et des intérêts français, que s’il était une colonie française. »

M. Benjamin ajoute: ,« Je sais personnellement qu’à l’époque de l'annexion du Texas aux États-Unis, M. Dubois de Saligny, aujourd'hui ministre français au Mexique, et qui était alors chargé d’affaires auprès de la république du Texas, s’opposa énergiquement à l’annexion et fit tous ses efforts pour l’empêcher. Les dépêches écrites à cette époque par M. Guizot tendent à démontrer que les intérêts du Texas sont liés à ceux de la France, et qu’en maintenant la responsabilité séparée du Texas, les deux pays ne pouvaient qu'y trouver leur avantage réciproque. Les intrigues d'aujourd'hui s'accordent par conséquent avec la politique pour ainsi dire traditionnelle de la France.» 1

Après son arrivée à la Vera-Cruz, le général Forey qui avait

1 Journal of Commerce, New-York, le 16 Janvier 1863.

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Chap. I.] EMPIRE DU MEXIQUE,

pris le commandement en chef du corps d'expédition français adressa, le 3 Septembre 1862, une proclamation aux Mexiins, dans laquelle il leur promettait l’entière liberté de se choisir un nouveau gouvernement après la défaite de celui qui existait alors. Il démit le général Almonte de ses fonctions à la Vera-Cruz, et abrogea tous les décrets et ordonnances promulgués par ce général. !

Le 27 Octobre 1862, le congrès mexicain publia un manifeste dans lequel il reconnaissait la noble et loyale conduite des représentants de l’Angleterre et de l'Espagne lors de la rupture de la convention de la Soledad. Il déclarait « que la république mexicaine a accepté la guerre inique et dévas tatrice que lui fait la France. Elle devait le faire comme toute nation souveraine et indépendante. La guerre faite au Mexique est une guerre déclarée au continent américain. Le Pérou et le Chili l’ont bien compris: ainsi doivent le comprendre et le comprennent également les États-Unis du nord et les républiques du continent. Le Mexique était un essai, c'était une porte qui, une fois ouverte, donnerait accès dans tout le reste du continent américain. » ?

Le général Forey fit son entrée dans la ville de Mexico le 10 Juin 1863. Par le décret du 16 Juin, il créa une junte composée de trente-cinq notables désignés par le ministre de France. Cette junte, à son tour, devait nommer un triumvirat de citoyens mexicains pour exercer le pouvoir exécutif et convoquer une assemblée de nouveaux notables au nombre de 215, lesquels devaient choisir la forme définitive du gouvernement du Mexique.

L'assemblée des notables, composée de 250 membres y compris les 35 nommés du 16 Juin, se prononça le 10 Juillet sur les questions de gouvernement futur, dans les termes suivants : «La nation adopte pour forme de gouvernement la monarchie tempérée héréditaire, avec un prince catholique. Le souverain prendra le titre d’empereur du Mexique. La couronne impériale du Mexique est offerte à S. A. I. le prince Ferdinand-Maximilien, archiduc d'Autriche, pour lui et ses descendants.

1 Almanach de Gotha, 1863, p. 939 — 944.

? Le Nord, 10 Décembre 1862.

Proclamation du genéral Forey aux Mexicains le 3 Septembre 1862,

Déclaration du congreés mexicain du 27 Octobre

itablissement d’un gouvernement provisoire.

Assemblée de notables,

La couronne du Mexique offerte à l'archidue Maximiison,

Formation d'une ré-

gence,

Démarches faites en 1346 pour placer un

prince euro-

péen sur le trône du Mexique,

L'archiduc Maximilien accepte la couronne sous certaines conditions,

302 EMPIRE DU MEXIQUE, [Part, Il,

«Dans le cas où, par des circonstances qu'on ne peut prévoir, l’archiduc Ferdinand-Maximilien ne prendrait pas possession du trône qui lui est offert, la nation mexicaine s'en remet à la bienveillance de S, M. Napoléon IIT, empereur des Français, pour qu’il désigne un autre prince catholique à qui la couronne sera offerte. » !

Dans la séance du 11 Juillet, l'assemblée des notables décréta la formation d'une régence chargée de gouverner le pays au nom du nouvel empereur, jusqu'au moment de son arrivée, La régence se composa des trois membres du triumvirat prectdemment élu par la junte supérieure. ‘Mais le 3 Novembre 1863, les deux collègues de l'archevèque du Mexique obligèrent ce dernier à se retirer du conseil de régence, à la suite du conflit qui s'éleva entre le parti clérical et les autorités françaises au sujet des biens ecclésiastiques. L’archevique avait protesté contre le maintien de la loi faite par le gouvernement de Juarez et qui autorisait la vente de ces biens. ?

Il paraïîtrait que des démarches avaient été faites, dès l’année 1846, auprès des grandes puissances occidentales pour placer un prince européen sur le trône du Mexique. Le choix des Mexicains s'était porté alors sur un archidue de la maison de Habsbourg et le prince de Metternich avait fait à M. Gutierrez de Estrada la réponse suivante: «Vous pouvez compter sur un de nos archiducs; seulement il faut les deux bras (lAngleterre et la France) pour le placer sur le trône.» ÿ

Le 30 Octobre 1863, l'archiduc Ferdinand-Maximilien donna audience à la députation mexicaine chargée de lui ofirir la couronne impériale. Il accepta celle-ci sous la condition que toute la nation mexicaine confirmerait par une libre manifestation les vœux de la capitale, et que l'intégrité du nouvel empire serait assurée par de fermes garanties contre les dangers qui pourraient le menacer.

Les plébiscites qui ont consacré l'établissement de l'empire français et du royaume d'Italie manquèrent au nouvel empire,

1 Voir le rapport de la commission sur la forme du gouvernement du Mexique. Documents diplomatiques, 1865, p. 267— 279.

? Almanach de Gotha, 1865, p. 1027.

3 Mémorial diplomatique, 1865, p. 261 — 64.

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