PAR
Chap. I.]
CONVENTION DE MIRAMAR. 303 et ce fut par l'intermédiaire des municipalités (ayuntamientos) que la ratification eut lieu.
Le vote des communes était ainsi conçu: «Nous acceptons l'intervention française pour le rétablissement de la monarchie, sous le sceptre de l'archidue Ferdinand-Maximilien d'Autriche, pour qu'il nous gouverne comme nation libre et indépendante.» La députation mexicaine apportait à Miramar les vœux de vingt-trois provinces sur vingt-cinq dont se compose le Mexique actuel. !
Le 10 Avril 1864, l'archiduc reçut de nouveau la députation mexicaine à Miramar, et accepta le pouvoir impérial en ces termes: Un mûr examen des actes d'adhésion que vous êtes venus me soumettre me donne l'entière confiance que le vote des notables a été ratifié par une immense majorité, et que je puis à bon droit me considérer comme l'élu du peuple mexiain. Les garanties nécessaires pour asscoir sur des bases solides l'indépendance et la prospérité du pays sont également acquises, grâce à la magnanimité de l'empereur des Français, de la loyauté et de la bienveillance duquel, pendant tout le cours des négociations, je gardcrai toujours le souvenir. » ?
Le jour même de l'acceptation de la couronne par Maximilien, une convention fut conclue entre l'empereur des Français ct l'empereur du Mexique, «animés tous deux d’un désir égal d'assurer le rétablissement de l'ordre au Mexique et de consolider lenouvel empire. Par cette convention, les frais de l'expédition française au Mexique à rembourser par le gouvernement mexicain, étaient fixés à la somme de 270 millions pour tout le temps de la durée de cette expédition, jusqu’au 1° Juillet 1864. À partir du 1% Juillet, toutes les dépenses de l’armée mexicaine restcraient à la charge du Mexique. Douze millions devaient être remis immédiatement au gouvernement français comme à compte sur les indemnités dues à des sujets français, «pour les préjudices qu'ils avaient indûment soufterts et qui avaient motivé l'expédition. » 3
D'après cette même convention, il devait rester au Mexique
l'Meémorial diplomatique, 1864, p. 152 — 230. ? Ibid., p:12909; ) Jbid., p. 265.
Vote des communes,
23 provinces sur 25 se prononcent pour l'empire,
Discours de l'empereur Maximilien en acceptant la couronne 10 Avril1864,
Convention du 10 Avril 1564,
Sommes à rembourser,
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Troupes françaises an Mexique,
Arrivée de l'empereur et de
l'impé-
ratrice à
la Vera-Cruz, le 28 Mai
Bases d'un concordat avec le pape,
Biens ecelesiastiques,
M. Seward à M. Dayton, le 23 Octobre 1863,
Non-inter-
vention des
États-Unis au Mexique,
364 EMPIRE DU MEXIQUE. [Part. I],
un corps français de vingt-cinq mille hommes qui évacueraient le pays au fur et à mesure que l’empereur Maximilien pourrait organiser les troupes nécessaires pour les remplacer. Dans tous les cas, la France, même après le rappel de toutes les autres troupes, laisserait, pendant six ans encore au Mexique, une force de huit mille hommes composant la légion étrangère, qui de ce moment passerait au service et à la solde du gouvernement mexicain. D'autres articles réglaient le mode d'occupation et de remboursement des charges imposées par ce dernier acte de l'intervention.
L'empereur et l’impératrice du Mexique arrivèrent à la Vera-Cruz le 28 Mai, et firent leur entrée dans la capitale le 12 Juin 1864. Le nouvel empire fut reconnu par toutes les puissances de l’Europe.
Quoique sa candidature eût été soutenue par le parti du clergé, Maximilien n'avait pas cru devoir quitter l'Europe sans poser les bases d’un concordat avec leSaint-Siége. Le concordat devait admettre comme principes fondamentaux: 1° la tolérance de tous les cultes qui ne contrarient pas la loi civile, et la reconnaissance du catholicisme comme la religion du pays; 29 la consécration définitive et formelle de la sécularisation des biens ecclésiastiques ; 2° la dotation du clergé par l'État; 4° la facilité réservée au gouvernement de constituer l’état civil dans le délai et l'étendue qu'il jugera convenable.» !
Comme ces négociations éprouvaient des délais inattendus, l'empereur chargea son ministre de la justice, le 27 Décembre, de proposer avant toutes choses une révision des opérations de main-morte et de nationalisation des propriétés ecclésiastiques. ?
Dans une dépêche du 23 Octobre 1863 adressée à M. Dayton à Paris, M. Seward dit que les États-Unis professent vis-àvis du Mexique les mêmes principes qu'ils observent vis-à-vis des autres pays; qu'ils n’ont ni le droit, ni l'intention d'intervenir par la force au Mexique au sujet du gouvernement à établir, ou pour renverser le gouvernement impérial, Les États-Unis s’en tiennent à la politique de non-intervention.
1 Memorial diplomatique, 1865, p. 88.
? Le Nord, 1" Février 1869.
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Chap. I[.] LA CHAMBRE DES REPRÉSENTANTS DES ÉTATS-UNIS. 300
M. Seward pense, il est vrai, que l'opinion au Mexique est favorable au gouvernement républicain. Mais, d'accord avec leurs principes, les États-Unis laisseront les destinées du Mexique entre les mains de son propre peuple et reconnaîtront sa souveraineté et son indépendance, sous n'importe quelle forme que le peuple mexicain voudra maintenir. !
Le 27 Février 1864, !° secrétaire d'État américain écrivit à M. Dayton: «Si l’archiduc Maximilien paraît à Paris uniquement en sa qualité de prince imp: ral de la maison de Habsbourg, vous aurez soin de ne vo’.s montrer ni trop démonstratif, nitrop réservé envers lui. S'il y paraît en s’attribuant une autorité ou un titre au Mexique, vous vous abstiendrez de toutes relations avec lui. »
Dans une note du 9 Mars 1864, M. Seward fait savoir que le ministre américain, M. Corwin, devait quitter la Vera-Cruz en vertu d’un congé d'absence qui lui avait été accordé le 3 Août précédent.
Ce congé, d'après un journal européen, favorable au nouvel empire, avait été accordé avec l'intention manifeste du cabinet de Washington, d'éviter tout conflit avec le gouvernement de l'empereur Maximilien. L'avénement de celui-ci n'ayant pas encore été notifié officiellement au président des États-Unis, M. Corwin n'aurait pu assister à la réception de l’empereur, et son absence aurait pu être attribuée alors à un sentiment hostile au rétablissement de la monarchie au Mexique. ?
Le 4 Avril 1864, la chambre des représentants à Washington ft, à l'unanimité, la déclaration suivante relativement à la création de l'empire au Mexique: « Le congrès des États-Unis ne veut pas, par son silence, laisser les nations du monde dans l'idée qu'il reste spectateur indifférent des événements déplorables qui s’accomplissent actuellement au Mexique. Il juge donc à propos de déclarer qu'il ne convient pas au peuple des États-Unis de reconnaître un gouvernement monarchique élevé sur les ruines d'un gouvernement républicain, en Amérique, sous les auspices d'une puissance européenne quelconque.» ÿ
Papers relating to foreign affairs, 1863 —64, p. 799. ? Mémorial diplomatique, 1864, p. 391.
.% Le Nord, 21 Avril 1864.
M. Seward à
M.Daytonie
27 Février
Conduite à tenir par M.
Dayton enversle prince Maximilien.
Note du 9 Mars 1864,
Couge accorde à M, Corwin pour éviter tout conflit avec le gouvernement impériul,
Declaration de la chambre des représentants du 4 Avril 1864, relativement a l'empire du Mexique.
en ee german ages near tnt va
Cha
366 LE CONGRÈS DES ÉTATS-UNIS [Part. II.
Explications M. Seward, en envoyant le 7 Avril 1864 à M. Dayton une copie con send de cette résolution, dit: «Il est à peine nécessaire de dire que calnl nn cette résolution traduit sincèrement le sentiment unanime du (NA cette déclt beuple des États-Unis relativement au Mexique. Cependant âcie c’est une question distincte, et tout autre, de savoir si les États- l'En Unis peuvent juger nécessaire ou convenable de s'exprimer sur | dans la forme adoptée à présent par la chambre des représen- 1% des tants. C’est une question pratique et purement exécutive, et Mex: sa décision appartient constitationnellement, non à la chambre indé! des représentants, ni même au congrès, mais au président des les © États-Unis. Vous prendrez done note que la déclaration de Le la chambre des représentants est sous forme de résolution ce pa commune. Avant d'acquérir le caractère d’un acte législatif, lai ce elle doit recevoir: 1° la sanction du sénat; 29 l'approbation nant du président des États-Unis, ou, en cas de dissentiment, l'as- Mexi sentiment renouvelé des deux chambres du congrès, qui doit séanc être exprimé par une majorité des deux tiers de chaque corps. Le « Sans doute le président reçoit la déclaration de la chambre mité des représentants avec le profond respect auquel elle a droit, latior comme une exposition de ses vues sur un grave et important sujet: du co mais il vous ordonne d'informer le gouvernement français qu'iln'a 1% Cette nullement dessein à présent de se départir de la politique que 1864 ce gouvernement-ci a suivie jusqu'ici, en ce qui touche la guerre Au existant entre la France et le Mexique. Il est à peine nt- la rul cessaire de dire que la chambre des représentants a agi d'elle- naires: même, et non sur aucune communication du département ext- Da cutif, et que le gouvernement français serait prévenu en sessio temps raisonnable de tout changement à ce sujet que le pré- l'endr | | | sident peut juger dans l’avenir convenable d'adopter. » 1 trône [4 [| M. Dayton, répondant à cette communication, dit dans sa se dé | Réponse de dépêche du 2 Mai 1864, qu’aussitôt qu'il eût reçu la dépêche du bon s 4 pr (“ secrétaire d'État, il avait fait demander une entrevue spéciale l'éner, ER! du 2 Mai . + A à :
| | 1864. à M. Drouyn de Lhuys, et qu’il lui avait lu toute la partie de L’Æ | | ner la dépêche qui avait trait à la déclaration de la chambre des Yernei (ll PESRD représentants, constatant en même temps qu'à son avis c'était de ce 1h une preuve remarquable de la franchise et de l’empressement du posses il | président, M. Dayton ajoutait que l'extrême émotion mani- dation PE | festée par le gouvernement français, quand il avait d’abord de 1 Archives diplomatiques, 1864, tom. III, p. 378. ? We S24:t
[Part. II,
on une copie de dire que unanime du Cependant si les Étatse s'exprimer es représenxécutive, et \ la chambre résident des éclaration de le résolution cte législatif, l'approbation itiment, l'asrès, qui doit ‘haque corps.
de la chambre lelle a droit, portant sujet:
nçais qu'il n’a politique que iche la guerre , à peine nés a agi d'ellertement exéprévenu en que le préter. » 1 , dit dans sa la dépêche du evue spéciale la partie de chambre des n avis c'était ressement du otion manivait d’abord
Chap. I.]
ET L'EMPIRE DU MEXIQUE. 307 connu la déclaration de la chambre des représentants, s'était calmée, au moins en très-grande partie. 1
A la suite de l’entrevue dont parle M. Dayton, l'organe offciel du gouvernement français dit: «Le gouvernement de l'Empereur a reçu des États-Unis des explications suffisantes sur le sens et la portée de la résolution prise par l'assemblée des représentants à Washington, au sujet des affaires du Mexique. On sait, d’ailleurs, que le sénat avait déjà ajourné indéfiniment l'examen de cette résolution à laquelle, dans tous les cas, le pouvoir exécutif n’eût pas accordé sa sanction. »
La chambre des représentants à Washington, se référant à ce passage du Moniteur, demanda le 23 Mai au Président, «de lai communiquer les explications données à la France concernant le sens ct la portée de la résolution relativement au Mexique, que la chambre avait adoptée à l'unanimité dans la séance du 4 Avril 1864.»
Les dépéches ayant déjà été envoyées à la chambre, le comité des affaires étrangères fit proposer, le 27 Juin, une résotion basée sur un rapport volumineux et affirmant le droit du congrès de se prononcer sur la politique étrangère du p2ys. Cette résolution fut adoptée dans la chambre, le 19 Décembre 1864, par 118 voix contre 8. ?
Au mois de Janvier 1865, le vote du sénat fit mettre sous la rubrique de la république du Mexique les allocutions ordinaires diplomatiques et consulaires destinées au Mexique.
Dans son discours du 15 Février 1865 à l'ouverture de la session législative, l’empereur Napoléon s'exprima ainsi à l'endroit de l'empire mexicain: «Au Mexique, le nouveau trône se consolide, ie pays se pacifie, ses immenses ressources se développent, henreux effet de la valeur de nos soldats, du bon sens de la population mexicaine, de l'intelligence et de l'énergie du souverain. »
L'Erposé qui suit le discours montre quelle part le gouvernement français a eue dans la consolidation des institutions de ce pays. «L'empereur Maximilien», est-il dit, «a pris possession de la couronne qui lui avait été offerte par le vœu national, et son arrivée dans ses États a mis heureusement fin à
! Archives diplomatiques, 1864, tom. IT, p. 380.
? Memorial diplomatique, 1865, p. 19, Voir aussi part, I, chap. n, Ÿ 24; tom. II, p. 127, supra,
Explications du Moniteur,
La chambre des représentants demande à connaître les explications four nies à la France.
Résolution adoptée le 19 Decembre 1564,
Vote du sénat, allocutions diplomatiques etc.
au Mexique.
L'empereur Napoleon sur les affaires du Mexique, le 15 Février
Part de la France dans la consolidation des institutions du
Mexique.
368 LES ÉTATS-UNIS ET [Part. II, Cha]
la situation provisoire du Mexique. La réception faite à l'em- voir
pereur dans la capitale et dans les provinces par toutes les blées
classes de la population, les adhésions que les hommes consi- tions
dérables des différents partis sont venus successivement ap- avec
"4 HO MAR porter au régime impérial, ne permettent plus aucune équi- el
JULIE | 1 voque sur les aspirations de l'immense majorité du peuple À it!
Mur HE mexicain. La pacification d’une aussi vaste contrée où le bri- sur L
DU EE gandage, mettant à profit la permanence des dissensions in- dact
IEEE {li testines, s'était constamment abrité sous le drapeau d’un parti tèrné
| FA | | ! politique, ne pouvait s’accomplir en un jour. Elle s’achève, situat
LUE néanmoins, rapidement, grâce à l'activité et au cot .age de été d
[1] ï à AN nos soldats dans des expéditions qui les ont conduits sur les rait à il nu] points les plus opposés du territoire, Aussi la rentrée en ment
| ITU France des hommes qui composent notre effectif a-t-elle déjà l'amit
q DA commencé, et elle suivra son cours dans la mesure que nous eur le (ETAT EN IR indiquera notre sollicitude pour les intérêts qui nous ont ame- M.
4! LE n nés au Mexique. Des fonctionnaires, empruntés à diverses quis «
ER | branches de notre administration, ont été mis à la disposition Unis «
AIR il du gouvernement mexicain, sur sa demande, pour l'aider dans over:
AL | a) son travail de réorganisation intérieure, » 7 aidera
{If 1} Na | Efet de a Cependant la lutte cngagée aux Etats-Unis entre le Nord et le pourri
DETCUUNE are aux Sud touchait à sonterme. Au mois d'Avril 1865, les principales Nue
HITS East armées confédérées rendaient les armes, et les États-Unis dre: à
1h | |, Maine, allaient pouvoir s'occuper à leur tour des affaires des autres Mn;
| À pays. Aussi M. Bigelow, chargé d'affaires américain à Paris, pleine:
HI! If écrivait-il, le 26 Mai 1865, qu’à l'égard du Mexique, la nou- vérnér
on | ne velle de la reddition des armées du Sud avait créé une véri- «Ce dl 1 table panique. divés
En réponse à une lettre de M. Bigelow dans laquelle celui- not
ci discutait dans toutes ses parties le sujet des relations des dkrant
États-Unis avec la France, par rapport à la situation du la se
M. Sewara Mexique, M. Seward écrivait à la date du 6 Septembre 1865: ment f
AN «Le vif intérêt populaire qu'avait excité pendant les dernières «Le
Sepétre années l'existence d’une guerre civile de vastes proportions, a par l'a
eu pour effet de détourner jusqu’à un certain point l’atten- sitts:s
tion des questions extérieures. Mais aujourd'hui, cet intérêt dévotné
s’efface rapidement, et l’on peut raisonnablement s'attendre à nion,
1 Mémorial diplomatique, 1865, p. 124. 1 Le
LAwWRE
{[Part. I],
rite à l'emtoutes les mes consivement apcune équidu peuple e où le brisensions inu d’un parti le s'achève, cot .age de uits sur les rentrée en a-t-elle déjà e que nous Jus ont ames à diverses a disposition l'aider dans
le Nord et le s principales s États-Unis bs des autres cain à Paris, ique, la nouéé une véri-
aquelle celuirelations des situation du embre 1865:
les dernières roportions, à point l’atteni, cet intérêt s'attendre à
Chap. I.) LA FRANCE AU MEXIQUE. 369 soir le congrès des États-Unis et le peuple, dans ses assemblées primaires, porter plus grande attention sur les questions étrangères, et principalement sur celle de nos relations avec la France au sujet du Mexique.
«Il ne faut pas se dissimuler que le seul fait que les forces militaires des deux nations se trouvent quelquefois en présence sur la frontière est de nature, au grand regret sans doute de chacune d'elles, à créer de l’irritation et du malaise. Le gouvernement français n’a pas été sans se préoccuper de cette situation incommode, et, de son côté, notre gouvernement a été désireux d’user d’une prudence égale. Mais le temps parait être venu où les deux nations doivent examiner sérieusement si les intérêts suprèmes de la paix internationale et de l'amitié n’exigent pas que toute leur attention se concentre sur les questions politiques auxquelles j'ai fait allusion. » !
M. Drouyn de Lhuys, écrivant le 18 Octobre 1865 au marquis de Montholon, dit: «Il dépend grandement des États- Unis de faciliter le départ de nos troupes. S'ils adoptaient envers le gcuvernement du Mexique une attitude amicale qui aiderait à la consolidation de l’ordre, et dans laquelle nous pourrions trouver des motifs de securité pour les intérêts qui sous obligeaient à porter les armes au-delà de l'Atlantique, nous serions prêts à adopter sans délai les bases d’un arrangement à ce sujet avec le cabinet de Washington, et je désire pleinement vous faire connaître aujourd’hni les vues du gouvernement de Sa Majesté.
«Ce que nous demandons aux États-Unis, c’est d'être assurés que leur intention n’est pas d’entraver la consolidation du nouvel ordre de choses fondé au Mexique, et la meilleure garantie que nous pourrions recevoir de leur intention strait la reconnaissance de l’empereur Maximilien par le gouvernement fédéral.
«Le Mexique, il est vrai, est encore occupé en ce moment par l’armée française, et nous pouvons facilement prévoir que cette objection sera soulevée, mais la reconnaissance de l’empereur Maximilien par les États-Unis aurait, dans notre opirion, une influence suffisante sur l'état du pays, pour nous
\ Le Nord, 30 Janvier 1866.
LaAWRENCE-WHEATON. Il, 24
Rapports entre les Btats-Unis et la France relativement au Mexique.
M. Drouyn de Lhuys à M. de
Montholon,
le 18 Octobre
Comment les Etats- Unis peuvent aider à la consolidation de l'ordre,
Effet de la reconnaissance de Maximilien , par les Etats-Unis.
370 LES ÉTATS-UNIS ET (Part. 11, 2 Chap.
permettre de prenuüre en considération leurs susceptibilités à ment
ce sujet; et si le cabinet de Washington se décidait à ouvrir une 1
des relations diplomatiques avec la cour de Mexico, nous ne questi
verrions aucune difficulté à entrer en arrangement pour le «L
rappel de nos troupes dans une période raisonnable, dont nous inforn
pourrions consentir à fixer le terme.» ! ment
M. Seward Dans sa réponse au marquis de Montholon, le 6 Décembre de ce
Montholon, 1865, M. Seward s'exprime ainsi: «Les vues de l'Empereur dérers
SDimtre heuvent, je le crois, se résumer ainsi: La France est toute de s’s
disposée à évacuer le Mexique au plus tôt, mais elle ne peut Mexiq
1 convenablement le faire, sans avoir reçu l'assurance des senti- existe | ments, sinon d'amitié, du moins de tolérance des États-Unis «M ; pour l’empire du Mexique. Toutefois, en remerciant Sa Majesté pion q L de ses bonnes dispositions, le Président a le regret de dire qu'il d'expo | considère la demande de l'Empereur comme entièrement im- cette € praticable. En effet, la présence d’armées étrangères dans décisio les pays voisins ne peut que causer de l'inquiétude à notre tjer
Cause au gouvernement, C’est pour nous une cause de dépenses extra- rues €)
“ent des ordinaires, sans parler des dangers d’une rupture. D'après nant q
FRS Ja teneur de votre dépêche, je crois que la cause du mécon- regret
tentement causé aux États-Unis par l'occupation du Mexique hisser n'est pas bien comprise par le gouvernement de l'Empereur, espérer La principale raison de ce mécontentement n'est pas la pré- une de
sence d'une armée française: Nous reconnaissons le droit des M. I nations à se faire la guerre tant qu’elles ne portent pas atteinte À jéche :
à nos droits et à notre juste influence. La véritable raison À disait : du mécontentement des États-Unis est qu'en envahissant le que la «
Le rempla- Mexique, l’armée française attaque un gouvernement républi- tout, le
‘“ement d'une : F. À ,, à For A à “#époblique cain, profondément sympathique aux États-Unis et choisi par otre e
par une
monarchie Ja nation, pour le remplacer par une monarchie qui, tant aux ins
“te me qu'elle existera, sera regardée comme une menace pour n0s À moins a leurs. propres institutions républicaines. » «Not: er Le 16 Décembre 1865, M. Seward écrit à M. Bigelow: quelles :
M. Seward s 2 . , Je x
àM.Bigelow, «Le département exécutif de ce gouvernement n'est pas le après ax le 16 De- , Very , , : : : s À L :
cembre 1863. seul qui soit intéressé dans la question de savoir si la présente mations
situation des affaires doit continuer au Mexique. Cet intérêt Æ C'est en est national aussi, et, à tout événement, le congrès actuclle- Æ dénis de
1 Le À
1 Voir Archives diplomatiques. 1866, tom. I, p. 385. 1866, ton
ptibilités à it à ouvrir 0, nous ne nt pour le , dont nous
ÿ Décembre l'Empereur ce est toute elle ne peut *e des sentis États-Unis t Sa Majesté de dire qu'il èrement imngères dans tude à notre Jenses extrare. D'après e du mécondu Mexique l'Empereur.
pas la préle droit des t pas atteinte jtable raison ivahissant le nent républiet choisi par ie qui, tant ce pour n0$
M. Bigelow:
n'est pas le ji la présente
Cet intérêt près actuelle-
Chap. I.] LA FRANCE AU MEXIQUE, 371 ment en session est autorisé par la constitution à diriger par ue loi l’action des États-Unis relativement à cette importante question.
«Le Président a désiré que la France fût respectueusement informée de deux points: 1° que les États-Unis désirent vivement cultiver une amitié avec la France; 2° que la réalisation de ce désir rencontrer a des obstacles, tant que la France considérera comme incompatible avec ses intérêts et son honneur de s'abstenir de la poursuite d’une intervention armée au Mexique, pour renverser le gouvernement républicain qui y existe et établir sur ses ruines une monarchie étrangère.
«Mon désir a été d'exprimer, au nom des États-Unis, l’opipion que l’idée de reconnaissance ne pouvait être acceptée, et d'exposer, comme explication, les motifs sur lesquels se base cette décision, J'ai pesé avec soin les arguments contre cette décision qui vous ont été représentés par M. Drouyn de Lhuys, et je n’y trouve aucunes raisons suffisantes pour modifier les vues exprimées par les États-Unis. Il ne reste plus maintenant qu'à faire savoir à M. Drouyn de Lhuys mon profond regret de ce qu'il a cru devoir, dans sa conversation avec vous, hisser le sujet dans une condition qui ne nous autorise pas à espérer qu'un accord satisfaisant puisse Ôtre conclu sur auune des bases qui ont été présentées jusqu'à présent.» !
M. Drouyn de Lhuys adressa le 9 Janvier 1866 une dé- M. Drouyn x On 4 x r : ., de Lhuys au pêche au ministre de France à Washington, dans laquelle il
ministre de
disait: «Le gouvernement de Sa Majesté demeure convaincu Me que la divergence des vues entre les deux cabinets est, avant aire tout, le résultat d’une appréciation erronée de nos intentions. otre expédition, ai-je besoin de le dire, n'avait rien d'hostile aux institutions des peuples du Nouveau-Monde, et encore moins assurément à celles de l'Union.
«Notre unique but a été de poursuivre les satisfactions aux- Unique but quelles nous avions droit, en recourant aux moyens coërcitifs, nee
L'idée de reconnaissance ne peut ître acceptée,
réclama-
iprès avoir épuisé tous les autres. On sait combien les récla- jusirançais. mations des sujets français étaient nombreuses et légitimes. C'est en présence d’une série de vexations flagrantes et de dénis de justice éclatants que nous avons pris les armes.
| Le Nord, 27 Janvier 1866. Voir aussi Archives diplomatiques, 1866, tom. I, p. 454.
Les idées de monarchie existaient au Mexique,
L'empereur Maximilien a été appelé par le vœu du peuple,
Les États- Unis vis-à-
372 LES ÉTATS-UNIS ET [Part. I,
«Les griefs des États-Unis étaient moins nombreux et moins importants, lorsqu'ils ont été amenés, eux aussi, il y a quelques années, à employer la force contre le Mexique.
« Le cabinet de Washington ne l'ignore pas; il y avait dans ce pays, depuis un certain nombre d'années, un groupe considérable d'hommes, qui, désespérant de trouver la force dans les conditions du régime ulnrs existant, nourrissaient la pensée de revenir à la monarchie. Leurs idées avaient été partagées par l’un des derniers présidents de cette république, qui avait méme offert d’'user de son pouvoir pour favoriser l'établissement d’une royauté. Nous n'avons pas cru devoir décourager ce suprême effort d'un parti puissant, dont l'origine est bien antérieure à notre expédition, mais fidèles à des maximes de droit public qui nous sont communes avec les États-Unis, nous avons déclaré que cette question relevait uniquement du suffrage du peuple mexicain.
«Le peuple mexicain s’est prononcé. L'empereur Maximilien a été appelé par le vœu du pays. Son gouvernement nous a paru de nature à ramener la paix à l'intérieur ct la bonne foi dans les relations internationales. Nous lui avons accordé notre appui. Nous sommes donc allés au Mexique pour y exercer le droit de guerre, que M. Seward reconnait pleinement, et non en vertu d’un principe d'intervention sar lequel nous professons la même doctrine que les États-Unis. Nous y sommes allés, non pour faire du prosélytisme monarchique, mais pour obtenir les réparations et les garanties que nous avons dû réclamer, et nous appuyons le gouvernement
qui s’est fondé avec le concours des populations, parce que
nous attendons de lui la satisfaction de nos griefs, ainsi que
des sécurités indispensables pour l'avenir.
«Le cabinet de Washington entretient des relations ami-
vis du Bré- Cales avec la cour du Brésil, et il ne s'était pas refusé à nouer
sil et de l'empire mexicain de 1822,
Nature de l'appui prêté au gouvernement mexicain,
des rapports avec l'empire mexicain, en 1822.
« Aucune maxime fondamentale, aucun précédent de l’histoire diplomatique de l'Union ne crée donc un antagonisme nécescessaire entre les États-Unis et le régime, qui a remplacé au Mexique un pouvoir qui a continuellement et systématiquement vicié les obligations les plus positives envers les autres peuples.
« Quant à l'appui que le gouvernement mexicain reçoit de notre armée et que lui prêtent aussi des volontaires belges tt
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Chap. I.] LA FRANCE AU MEXIQUE. 379
autrichiens, il ne porte aucune atteinte ni à l'indépendance de ses résolutions ni à la parfaite liberté de ses actes. Quel est l'État qui n'ait pas eu besoin d'alliés, soit pour se constituer, soit pour se défendre? Et les grandes puissances, telles que la France et l'Angleterre par exemple, n’ont-elles pas entretenu presque constamment des troupes étrangères dans leurs armées? Lorsque les États-Unis ont combattu pour leur émancipation, le concours donné par la France à leurs efforts a-t-il fait que ce grand mouvement populaire cessât d'être véritablement national? Et dira-t-on que la lutte contre le Sud n'était pas également une guerre nationale, parce que des milliers d'Irlandais et d’Allemands combattaient sous les drapeaux de l'Union? On ne saurait contester le caractère du gouvernement mexicain et considérer comme un motif de désaffection à son égard ni les résistances qu'il doit vaincre pour se consolider, ni les troupes étrangères qui l’auront aidé à faire renaître la sécurité et l'ordre dans un pays si profondément bouleversé.
«Le droit de faire la guerre, qui appartient, ainsi que Île déclare M. Seward, à toute nation souveraine, implique le droit d'assurer les résultats de la guerre. Nous ne sommes point allés au-delà de l’Océan uniquement dans l'intention d'attester notre puissance et d'infliger un châtiment au gouvernement mexicain, Après une série d'inutiles réclamations, nous devions demander des garanties contre le retour des violences dont nos nationaux avaient si cruellement souffert, et ces garanties, nous ne pouvions les attendre d’un gouvernement dont nous avions constaté dans tant de circonstances la mauvaise foi. Nous les trouvons aujourd’hui dans l'établissement d’un pouvoir régulier qui se montre disposé à tenir honnêtement ses engagements.
«Confiants dans l’esprit d'équité qui anime le cabinet de Washington, nous attendons de lui l'assurance que le peuple américain se conformera à la loi qu’il invoque, en maintenant à l'égard du Mexique une stricte neutralité. Lorsque vous m'aurez informé de la résolution du gouvernement fédéral à ce sujet, je serai en mesure de vous indiquer le résultat de nos négociations avec l’empereur Maximilien pour le retour de nos troupes. »
1 Archives diplomatiques, 1866, tom. I, p. 394.
La France et l'Angleterre entretiennent des étrangers dans leurs armées,
, Etrangers servant sous le drapeau de l'Union pendant la guerre de 1861 — 65,
Le droit de faire la guerre implique le droit d'en assurer les résultats, +
L'empereur Napoléon se décide à rappeler ses troupes,
M. Drouyn de Lhuys au ministre de France au Mexique, le 14 Janvier 1866,
Raisons qui nécessitent le rappel
des troupes,
Le terme de l'occupation française doit être tixé,
M.Drouynde Lhuys, le 15 Janvier 1866.
314 LES ÉTATS-UNIS ET [Part, II,
L'empereur Napoléor. s'étant décidé à rappeler ses troupes du Mexique, M. Drouyn de Lhuys adresca, le 14 Janvier 1866. au ministre de Fra.ce à Mexico une lettre dans laquelle il dit : «La situation dans laquelle nous nous trouvons au Mexique ne saurait se prolonger, et les circonstances nous obligent à prendre à cet égard une résolution définitive que l'Empereur m'a ordonné de vous faire connaître. Notre coopération devait se renfermer dans des limites précises, que la convention de Miramar a eu pour objet de déterminer. Les arrangements réciproques consignés dans cet acte ont fixé la mesure et les conditions dans lesquelles il nous était permis de faire servir les forces de la Frauce à la consolidation d'un gouvernement ami. Il serait superflu d'insister sur les motifs qui mettent la cour de Mexico, malgré la droiture de ses intentions, dans l'impossibilité reconnue de remplir ces conditions désormais, D'une part, tout appel au crédit demeurerait infructueux: de l’autre, nous ne pouvons pas, en dehors des stipulations convenues, prendre à notre compte exclusif les charges du gouvernement mexicain, pourvoir par notre armée à sa défense et par nos finances à ses services administratifs. Les avances que nous avons plus d’une fois consenties ne sauraient être renouvelées, et l'Empereur ne demandera pas à la France de nouveaux sacrifices.
«Il faut donc que notre occupation ait un terme, et nous devons nous y préparer sans retard. L'empereur vous charge, Monsieur, de la fixer de concert avec son auguste allié, après qu'une loyale discussion, à laquelle M. le maréchal Bazaine est naturellement appelé à prendre part, aura determiné les moyens de garantir, autant que possible, les intérêts du gouvernement mexicain, la sûreté de nos créances et les réclamations de nos nationaux. Le désir de Sa Majesté est que l'évacuation puisse commencer vers l'automne prochain, »
Le jour suivant, c’est-à-dire le 15 Janvier, M. Drouyn de Lhuys adressa au même ministre une autre lettre, où il se référait aux arrangements pécuniaires arrêtés entre la France et l’empereur Maximilien. «L'Empereur», dit le ministre des affaires étrangères, «par une sage prévoyance, a voulu défendre son gouvernement contre les entraînements d’une idée généreuse, en définissant la nature et en limitant d'avance
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Chap. I.] 370