‹ Commentaire sur les Eléments du droit international et sur l'Histoire des progrès du droit des gens de Henry Wheaton [microforme] (volume 3)Chapitre 112 sur 138 · DANS LA GRÈCE · texte numérisé non relu

DANS LA GRÈCE

malgré elles, et l’on ne s’attribue pas le droit de décider leur différend avec autorité, ce qui serait contraire à l’indépendance de l’état de nature. On ne leur fait pas non plus cette proposition de manière à prétendre qu'elles soient absolument tenues d’y acquiescer. Mais, comme par le droit naturel, chacun peut joindre ses armes à celles d’un autre à qui il croit que l’on fait du tort, surtout lorsqu'il a lieu de craindre qu'il ne lui en revienne du mal à lui-même, on témoigne par là manifestement un amour sincère de la paix et de l'équité, en ce que l’on souhaite d’accommoder les autres à des conditions raisonnables, et qu'on ne veut point prendre les armes contre ceux qui refusent notre médiation, avant que d’avoir tenté cette voie de douceur, qui est d'autant plus louable qu’elle peut aisément prévenir ou terminer des guerres sanglantes. » 1

Twiss, commentant ce passage de Puffendorf, dit: «La Russie, la France et la Grande-Bretagne, agissant d'après des principes de cette nature, intervinrent comme médiatrices entre la Porte Ottomane et le peuple hellénique, et obtinrent de la Porte la reconnaissance d’un royaume indépendant de Grèce placé sous leur garantie commune. » ?

Voici ce que dit Heffter: «Les nations qui admettent entre elles l'existence d’un droit commun et qui se proposent l’entretien d’un commerce réciproque fondé sur les principes de l'humanité, ont incontestablement le droit de mettre, d'un consentement commun, un terme à une guerre intestine qui dévore un ou plusieurs pays. S’affranchir, même par une intervention armée, d’un état d'inquiétude prolongé, et chercher en même temps à en prévenir autant que possible le retour, c’est resserrer des liens internationaux relachés.» 5

«L'intervention étrangère dans une guerre civile», dit Riquelme, «peut s’excuser, lorsque les intérêts de l'humanité la demandent évidemment, ou lorsque les intérêts essentiels

1 PurFENDORF, Jus naturae, lib. V, cap. xt, $ 7. Traduction de Barbeyrac, tom. II, p. 146.

2 Twiss, Law of nations, vol, IT, p, 14. Voir ABpy's-KENT's Comnrentary on international law, p. 54.

3 Herrrer, Vükerrecht, $ 45. — Droit international, édit. 1866, r, 96.

Twiss. Application des principes de Puffendorf dans l'intervention en Grèce,

Heffter. Droit de mettre fin à une guerre in-

testine.

Riqueime.

Intervention dans une guerre civile

if fl

Page 1