‹ Commentaire sur les Eléments du droit international et sur l'Histoire des progrès du droit des gens de Henry Wheaton [microforme] (volume 3)Chapitre 114 sur 138 · LA NEUTRALITÉ ANGLAISE · texte numérisé non relu

LA NEUTRALITÉ ANGLAISE

Un plan pour la pacification de la Grèce, préparé par le comte de Nesselrode, avait été communiqué aux ministres alliés, à la cour de St-Pétersbourg, dans les premiers jours de Janvier 1824. Le mémoire russe avait en vue la conservation de la souveraineté de la Porte, à l'instar de ce qui avait lieu dans les Provinces Danubiennes et en Servie. Des conférences à ce sujet furent tenues à St. Pétersbourg, en Juin et Juillet 1824, et l'ambassadeur anglais, Sir Charles Bagot, y assista.

Le mémoire ayant été publié n’obtint l’approbation ni des Grecs ni des Turcs, et le gouvernement britannique se refusa à ce qu’un plénipotentiaire accrédité par lui prît part aux conférences. «Le gouvernement britannique» était-il dit, «n'ayant jamais eu d’autre arrangement en vue que celui qui résulterait d’un libre accord entre les deux parties sans le recours aux armes, il serait inutile de faire des efforts pour amener un autre plan de compromis (quelque raisonnable ou impartial qu'il pût être) que l’une ou l’autre d’entre elles aurait la faculté de faire échouer, et que toutes deux s’étaient déterminées à renousser.» M. Canning fit savoir au gouvernement grec, que la Grande-Bretagne ne s’écarterait pas de son système de neutralité, et qu’elle ne prendrait part à aucune tentative que l’on pourrait faire pour imposer aux Grecs un plan de pacification dont ils ne voudraient pas. Si le gouvernement grec sollicitait la médiation de l'Angleterre, celle-ci serait prête à la proposer à la Porte, et sila Porte l’acceptait, l'Angleterre ferait son possible pour la mettre à exécution conjointement avec les autres puissances. Mais la Grande-Bretagne étant liée envers la Porte par d’anciens traités que cette dernière n’avait pas violés, on ne pouvait s'attendre à ce que l'Angleterre s’engageàt dans des hostilités non provoquées, et cela, dans une querelle qui n’était pas la sienne. !

Les plénipotentiaires français, autrichiens et prussiens, ayant refusé d'aller au-delà de l'offre à la Porte de leurs bons offices et de leur médiation entre elle et ses sujets insurgés, et ayant refusé de recourir à la coërcition, leurs offres furent

l STAPLETON, Political life of Mr. Canning, vol. II, p. 425. Voir M. Canning à M. Rodius, 1 Dec. 1824, British and foreign State Papers, 1824— 25, p. 901.

Plan pour la pacification de la Grèce 1824,

Le mémoire est repoussé par les Grecs et par les Turcs.

Assurance au gouvernement grec de la neutralité de l'Angleterre.

Elle ne refuserait pas sa médiation.

La France, l'Autriche et la Prusse refusent de recourir à la coërcition.

van

pen ré sua nes ; ag emtcrmerecs ones D

mp at rm

En es EE

tr mg ee

GET Ron

"PR ere eer ppm den rides qe Li

Fin des conférences en Août 1825.

Mort de l'empereur

i cuarquewent du , pacha d'Egypte en Morée,

Traité de 1827 assu rant l’indé-

pendance de la Grèce.

Mission du duc de Wellington.

410 L'ANGLETERRE ; LA RUSSIE ET LA FRANCE [Part. II,

repoussées ct les conférences se terminèrent en Août 1825. L’Autriche, croyant plaire à la Russie, proposa toutefois plus tard, contrairement à la politique qu’elle avait maintenue à l'égard de l'Amérique espagnole, et même jusqu'à ce moment dans la question turco-grecque, de reconnaître l'indépendance de la nation grecque. L'empereur Alexandre n'était cependant pas favorable au projet d'établir l'indépendance de sujets rebelles, quel que fût le motif qui les eût poussés à se révolter. Il ne pouvait, du reste, se rendre compte pourquoi l’on ne s'en rapportait pas à lui pour régler les affaires de la Grèce, comme il s’en était rapporté à l'Autriche pour régler celles de Naples, et à la France pour régler celles d'Espagne.

La mort de l’empereur de Russie, arrivée en 1825, peut être considérée comme ayant mis un terme à la «Sainte Alliance », appuyée comme elle l'était sur la base religieuse que lui avait donnée Alexandre, distincte en cela de l'association politique des cinq grandes puissances, établie par le traité du 20 Novembre 1815.

Le pacha d'Égypte ayant débarqué en Février 1825 dans la Morée et s'étant dans la suite rendu maître d’une partie considérable de la péninsule, le gouvernement provisoire grec, envisageant les atrocités probables qui se commettraient sous la sanction de la Porte, et qui auraient pour résultat ou l’extermination ou l’asservissement de toute la population grecque, proposa de placer le peuple grec sous le protectorat de l’Angleterre, Tout en refusant de se rendre au vœu des Grecs, M. Canning fut induit à adopter des mesures pour renouer des négociations avec la Russie. 1

On sait aujourd'hui que le traité de Juillet 1827, qui assura l'indépendance de la Grèce et lui donna un territoire restreint, fut le résultat d'un compromis arrangé à St. Pétersbourg par le duc de Wellington, dans une mission spéciale de l’année précédente. Le duc avait reçu des instructions pour offrir la médiation de l'Angleterre entre la Russie et la Turquie, et entre la Grèce et la Turquie.

M. Canning faisant connaître à Lord Granville la nomination du duc, le 13 Janvier 1826, disait: «J'espère sauver la

1 SraPLeTON, Political life of Mr, Canning, vol. II, p. 437, 475.

Chap.

Grèce lant S rir à saura

écrivait tocole 4

geterre Russie:

Il parait les trois pour ét l'empere terre et poser sa pas perà

1 Srap

3 Voir [4 Avril Le protot ral, tom.

E [Part. IT,

Août 18925.

Jutefois plus maintenue à

, Ce moment

ndépendance it cependant sujets rebelvolter. Il ne ne s’en rapce, comme il s de Naples,

1825, peut « Sainte Aleligieuse que l'association r le traité du

r 1825 dans d'une partie )visoire grec, aient sous la l’exterminaque, proposa l’Angleterre.

M. Canning négociations

f, qui assura ire restreint, brsbourg par e de l’année our offrir la Turquie, et

b Ja nomina- ‘e sauver la

Chap. I.] 411

Page 1