DANS LES AFFAIRES DE LA GRÈCE
Grèce, en mettant en avant le nom de la Russie et en spéculaut sur les appréhensions de la Turquie, sans avoir à recourir à une guerre. Nul mieux que le duc de Wellington ne saura nous la faire éviter. »
Il était temps, en effet, que l’on prit une action immédiate dans cette question, la Porte ayant conclu un accord avec le pacha d'Égypte, d’après lequel toute partie de la Grèce, conquise par Ibrahim, serait à sa disposition. Le pacha s'était proposé comme moyen de tirer parti de sa conquête, de déplacer toute la population grecque, en l’emenant en captivité en Égypte ou ailleurs, eten repeuplant le pays avec des Égyptiens et autres, appartenant à la religion mahométane. !
Le protocole de St.-Pétersbourg ne fut signé qu'entre l’Angeterre et la Russie. Le ministre des États-Unis à Londres écrivait à son gouvernement, le 21 Octobre 1826, « que le protocole avait été communiqué ensuite à la France, et que celledi n’en avait pas été très-satisfaite; elle le fut encore moins de n'avoir pas été consultée à cet égard.» Cependant elle fnit par s’y rallier, et devint une des parties y intéressés. ?
On trouye un résumé du traité du 6 Juillet 1827 dans le texte des «Éléments », tom. I, p. 88, de même que dans celui de «l'Histoire », tom. II, p. 244.
Il faut noter une légère distinction entre le caractère de l’Angeterre et de la France, comme parties au traité, et celui de la Russie: cette distinction n’a pas été indiquée par notre auteur. ll parait, en effet, d’après le préambule officiel, que, quoique les trois puissances eussent résolu de combiner leurs efforts pour établir la paix entre les Grecs et la Porte Ottomane, l'empereur de Russie n'avait pas été, comme les rois d’Angleterre et de France, spécialement invité par les Grecs à interposer sa médiation. Ses rapports avec la Porte ne l’auraient pas permis. Ÿ
1 SraPLETON, George Canning and his times, p. 473.
? M. Gallatin à M. Clay, secrétaire d'État.
3 Voir le traité complet, du même que le protocole du 23 Mars [4 Avril, British and foreign State Papers, 1826—27, p. 629 — 639. Le protocole se trouve aussi dans MarTEexs, Nouveau recueil géneral, tom. VIT, part. I, p. 40, et le traité, Zhid., p. 283 et part. II,
Accord entre la Porte et le, pacha d'Egypte.
M. Gallatin à M, Clay le 21 Octobre Protocole de St, Pétersbourg.
L’Angleterre, la France et la Russie dans le traité du 6duillet 1827.
M. Gallatin sur le traité du 6 Juillet
Suzeraineté de la Porte.
M. Lawrence à M. Clay, le 13 Octobre 1827,
Article secret,
Intervention de l’Angleterre,
412 CONVENTION DU 6 JUILLET 1827. Part. 11 RSRchap. I
En communiquant à son gouvernement, le 14 Juillet 1827 Micrnier le traité du 6 du même mois, M. Gallatin ajoute: «Les articles publics sont pour ainsi dire la reproduction du protocole signé à St, Pétersbourg en Avril 1826, entre le comte de Nesselrode et le duc de Wellington. La substance des articles secrets a été arrêtée à Paris, en Octobre dernier, ainsi que je vous en ai informé à l’époque. On croit généralement que les nation, délais sont venus d'ici. se dema
«Le but constant, on peut même dire le but exclusif de ceMnent d gouvernement-ci, à été d'empêcher une guerre entre la Turquie sance et la Russie. Prévoyant que l’avénement au trône de l’empe- Le g reur Nicolas aménerait un changement dans la politique duliomme cabinet de St. Pétersbourg, le ministre anglais, convaincu qu'illiiu nom ne pouvait s'opposer efficacement à l'intervention de la RussieMunte di dans les affaires de la Grèce, n’a vu d’autre moyen pour res- posé. » treindre la Russie que de se joindre à elle. Le duc de Wel- La nd lington a donc été envoyé à St. Pétersbourg avec des instrucÆSullemei tions dans ce sens. L’Autriche et la Prusse avaient été invitées à accéder au traité, mais elles s’y refusèrent, dit-on, à cause des articles secrets, quoique l'Autriche fût probable-l
qu'il ép igalem le triste ce pays des Gr
rer les les gran Les p
ment opposée en tout.» ! que sil Le protocole et le traité stipulaient tous deux la suzerai-B sadres r neté de la Porte et le paiement d’un tribut qui devait être ordre «
fixé pour toujours. l'autre,
« L'article secret du traité de Juillet dernier», dit une dé-B l'armes pêche de la légation des États-Unis, «est singulièrement ex- Après primé, et cela est dû, autant qu'on a pu le savoir, à l'impos-ÆŒét male sibilité dans laquelle ont été les trois puissances de s’accorder RS i'Egypte définitivement sur les mesures ultérieures à prendre. On met,àS préparés en effet, en doute la sagesse de la politique de ce pays en in-Æk 9 Sep tervenant, de quelque façon que ce soit, dans les affaires de débarqu la Grèce. Cette politique ne peut se défendre qu’en faisant Dans ressortir que l'intervention de la Russie était inévitable, et tmbre : que l’Angleterre, en devenant partie dans la médiation propo- à père l’ex
sée, pouvait empêcher qu’elle en recueillit quelque avantage avaient : spécial. Il y en a qui attribuent l'adhésion de l'Angleterre au%$ ser l'effr
1 M. Gallatin à M. Clay, le 17 Juillet 1827 MS. E :M.v 1 Lesu
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Part. 11, RSChap. IL. RÉPONSE DE LA GRÈCE ET DE LA TURQUIE. 413
Juillet 1827,8 te: «Les aron du proto- > le comte def > des articles , ainsi que je ment que les
dernier traité au caractère ardent de M. Canring, et au désir qu'il éprouvait de produire de l'effet, désir auquel on attribue igalement l'expédition de Portugal. Ce qui est vrai, c'est que k triste résultat des emprunts et la conduite de ceux qui dans « pays-ci se sont déclarés les premiers champions de la cause des Grecs, ont produit une apathie réelle pour le sert de cette ation, tandis que le sentiment qui ‘domine dans le public « demande avec appréhension quelle influence l'affranchissement de la Morée du joug des Turcs pourra avoir sur la puissance maritime future de la Russie.» !
Le gouvernement provisoire grec répondit le 13/25 Août, comme suit, à la notification du traité: «Nous reconnaissons au nom de toute la Grèce, que‘nous acceptons de la bienveilhnte disposition des trois grandes puissances l'armistice proposé. » 2
La notification du traité, faite le 16 Août à la Porte, ne fut nullement agréée par elle : elle persistait à ne vouloir considérer les Grecs que comme des rebelles, dans la révolte desquels ls grandes puissances ne devraient pas s’immiscer.
Les plénipotentiaires avaient déjà annoncé, le 9 Septembre, que si le divan se refusait à accepter l'armistice, «les escadres réunies des trois puissances avaient reçu, d’une part, l'ordre d'entrer en relations amicales avec les Grecs, et de l'autre, celui d'intercepter tout envoi par mer, d'hommes, d'armes etc., destiné contre la Grèce. »
Après la communication à la Porte du traité du 6 Juillet, et malgré les représentations faites par les Alliés au pacha de s’accorder MS l'Egypte pour l’inviter à suspendre le départ de l'expédition dre. On met, réparée par lui, celle-ci sortit du port d'Alexandrie et entra, e pays en in-M ke 9 Septembre, dans le port de Navarin où les troupes furent es affaires de débarquées.
qu’en faisant Dans une entrevue que les amiraux alliés eurent, le 25 Sepnévitable, et tmbre 1827, avec Ibrahim, qui commandait au nom de son lation propo-ff père l'expédition envoyée en Morée, ils lui déclarèrent qu'ils que avantage avaient reçu de leurs cours des ordres formels pour faire ces- Angleterre au ser l’effusion du sang et pour contraindre par la force celle
+xclusif de ce re la Turquie ne de l’empepolitique du nvaincu qu'il de la Russie en pour resduc de Wel- * des instrucient été invint, dit-on, à fût probable-l
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1 M. W. P. Lawrence à M. Clay, 13 Octobre 1827. MS. 1 Lesur, Annuaire, 1827, app., p. 140.
Réponse du gouvernement provi soire grec à la notificution du traité,
Réponse de la Porte,
Menaces des plénipotentiaires,
Débarquement de troupes égyptiennes à Navarin,
Entrevue des amiraux alliés avec Ibrahim.
Suspension provisoire,
La flotte al-
liée dans le
port de Navarin,
Destruction de la flotte turque,
M.Lawrence à M. Clay, le 14 No-
vembre 1827,
Sentiment de la nation anglaise
après la bataille de Navarin,
Vues de l'Autriche,
414 BATAILLE DE NAVARIN. © (Part. I,
des deux parties belligérantes qui refuserait de s'y prôter. Ibrahim répondit que sans ordre formel il ne tirerait pas le premier coup de canon, mais que s’il recevatt cet ordre, sans égard à la supériorité de ses adversaires, aucun danger ne l'empêcherait de l’exécuter.
Cette suspension d'armes provisoire ayant été violée par la
tentative que fit la flotte turco-égyptienne pour sortir de Na- Æ
varin, et le système d’extermination inauguré en Morée par les troupes d’Ibrahim n'ayant pas été discontinué, les amiraux réunis le 18 Octobre résolurent de prendre position avec leurs escadres dans le port de Navarin, «pour renouveler à Ibrahim des propositions qui entraient dans l’esprit du traité et étaient évidemment dans l'intérêt de la Porte elle-même. »
Ils se mirent immédiatement en mesure de donner effet à leur # détermination, mais un coup de fusil parti de l’un des brâûlots, &
et qui vint tuer un aspirant anglais, inaugura le combat qui se termina par la destruction de la flotte turque. 1
Une dépêche de la légation américaine à Londres annonçant la réception de la nouvelle de la bataille de Navarin, s’exprimait ainsi:
«La nouvelle de la destruction des escadres égyptienne et turqu ne peut manquer de causer une satisfaction sans mélange au peuple des États-Unis, dont les sympathies ont 6té toujours acquises aux Grecs. Mais ici, autant que j'ai pu m'en convaincre par les rapports personnels que j'ai eus et par le ton général des journaux, la satisfaction est loin d’être aussi générale. Les impressions dont je vous ai déjà entretenu, comme prévalant ici à l'égard de l'intervention de l'Angleterre dans les affaires de l'Orient, ont pris une racine plus forte durant les derniers jours. Tous les partis semblent plus disposés à craindre l'effet que la défaite des Turcs peut avoir sur l’agrandissement de la puissance russe, qu’à se réjouir du succès d’une entreprise dans laquelle la nation s’est engagée.
«Le prince Esterhazy, chez lequel j’ai dîné le lendemain du jour où l’on reçut la nouvelle de la bataille, me fit entrer dans son cabinet avant que la compagnie fût arrivée, et s’entretint assez onguement avec moi au sujet des affaires de la Grèce.
1 Lesur, Annuaire, 1827, p. 358.
LChap. 1
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LChap.1.] LA PORTE ET LE GOUVERNEMENT PROVISOIRE GREC, 415
Im’assura que l'Autriche avait donné les instructions les plus positives à l’internonce à Constantinople pour renouveler avec tree les représentations des puissances alliées.
«L'ouverture des hostilités à cette époque avait, en effet, surpris tout le monde. Les derniers avis de Constantinople, quoique faisant connaître qu'aucune réponse n'avait encore ité faite aux propositions basées sur le traité, indiquaient néanmoins que les affaires des diverses légations continuaient i être conduites comme à l'ordinaire. » !
La destruction de la flotte turque n'avait pas été considérée par la Porte comme cunstituant un casus belli, mais les ambassadeurs, après des tentatives inutiles pour négocier sur les bases du traité de Juil':…, avaient demandé leurs passeports. Le Reis-Effendi refusait toutefois les firmans nécessaires pour leur départ, ne voulant pas favoriser par une mesure qui émanât de lui l'exécution d’un projet qui s'accordait si peu wec les vœux de la Porte,
Mais le 2 Décembre, les ambassadeurs firent déclarer au Reis-Effendi, qu’ils exigeaient l'acceptation immédiate de l’armistice et de la médiation et l’adhésion de la Porte aux prérogatives arrêtées en faveur des Grecs dans le traité conclu par les trois puissances, et si ces projets étaient rejetés, comme il était arrivé jusqu'alors, ils demandaient qu’on levât tous les obstacles mis à leur départ ou à la sûreté de leur voyage: la Porte n’y mit aucun empêchement et les ambassaleurs s’embarquèrent le 8 Décembre. ?
En attendant l’action ultérieure des Alliés, la Porte fit faire a gouvernement provisoire grec des propositions par l’entremise d’une commission d’archevèques grecs qui avaient quitté Constantinople en Février 1828. Le président Capo d'Istria leur remit une note dans laquelle il exposait nettement la résolution où la Grèce était de maintenir son indépendance sous h protection de la France, de l'Angleterre et de la Riessie, et les prélats reprirent le chemin de Constantinople. $
Le résultat de la guerre entre la Russie et la Perse, terminée à Tourmaréha, le 10/22 Février 1828, n'était pas de na-
1 M. W. B. Lawrence à M. Clay, 14 Novembre 1827, MS.
? LesuR, Annuaire, 1827, p. 366.
% Jbid., 1828, p. 459.
La destruction de ln flotte turque ne constituait pas d'après la Porte un casus belli,
des ambassadeurs étrangers au Reis-
Effendi,
Propositions de la Porte au gouvernement provisoire grec en Février 1928,
La guerre entre la Russie et la Perse, terminée en Février 1828,