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Le résultat de la guerre préjudiciable aux intérêts dela Grande- Bretagne.
Dépêche du comte de Nesselrode, du 25 Décembre, 6 Janvier 1828, consignée au protocole du 12 Mars.
Dépêche du 14/26 Février
416 LA RUSSIE, [Part If,
ture à faire agréer la proposition, faite de nouveau par la Rus. sie, de se charger des mesures militaires requises pour l'exé. cution du traité d'intervention, Il s'était agi de savoir si Je traité de Téhéran, conclu entre la Grande-Bretagne et Ja Perse, n'obligeait pas la première de ces puissanëes à venir au secours de son alliée, et il avait été décidé que le casus fo. deris n'existait pas, mais la Grande-' “ane n'en avait pas moins à déplorer le dénouement de ce. ,uerre. Les cessions faites par la Perse, en affaiblissant ses ressources et son indépendance politique, rapprochaient encore les Russes de l'Inde britannique,
La dépêche du comte de Nesselrode, datée du 25 Décembre 1827 (6 Janvier 1828) et par conséquent avant la guerre entre la Russie et la Turquie, fut consignée par l'ambassadeur russe au protocole du 12 Mars 1828. Le comte proposait de faire passer le Pruth aux armées russes, de leur faire occuper
les principautés de Moldavie et de Valachie, ne s’arrôtant que À
lorsque la Porte aurait souscrit à tous les arrangements qu'exigeait le traité de Londres. Ce serait au nom des deux cours d'Angleterre et de France, comme au » * de l'empereur, que les troupes russes occuperaient les nces ottomanes, et les trois puissances déclareraient soi. lement que toutes ces provinces seraient restituées sans aucun délai à la Porte, dès que l’objet de la guerre se trouverait atteint.
« Dans le plan que nous avons esquissé», dit le comte de Nesselrode, «les escadres des trois cours ne seraient pas inactives, mais il est évident que si la bataille de Navarin et le départ des ministres n’ont pas produit d'effet sur la Porte, la seule apparition des escadres combinées devant les Dardanelles n'aurait aucun résultat. »
Une autre dépêche du comte de Nesselrode, en date du 14/26 Février 1828, laquelle se trouve aussi annexée au protocole, après avoir déclaré que des circonstances indépendantes du traité de Londres obligent l'Empereur de répondre à la guerre par la guerre, dit que la Russie propose à ses alliés de faire servir à l'exécution du protocole du 4 Avril, et du traité du 6 Juillet, les mesures que d’autres raisons l'obli-
1 LESUR, Annuaire, 1828, p. 365.
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Chap. I.] LA RUSSIE ET SES ALLIÉS. 417
gent à adopter envers l'Empire ottoman. Si les alliés y consentent, la Russie ne changera rien aux propositions consignées dans les dépêches russes du 25 Décembre 1827 / 6 Janvier 1828.
« Il sera procédé », continue M. de Nesselrode, «d'après le même mode, à la réorganisation de la Grèce, les mêmes ordres seront donnés aux amiraux respectifs, le même ultimatum sera envoyé à la Porte, Le mouvement de nos troupes que cet ultimatum n'arrêtera point hâtera un résultat conforme à nos vœux. Dans tous les cas, la Russie, une fois contrainte d'avoir recours à la force des armes, croit son honneur et sa bonne foi engagés à amener l'exécution du traité de Londres.»
Dans une note adressée ie 6 Mars au prince de Lieven, ambassadeur à Londres, Lord Dudley, ministre des affaires étrangères d'Angleterre, tout en rendant justice pleine et entière aux principes de désintéressement et de modération qui avaient constamment caractérisé les actes du gouvernement impérial, s'exprime néanmoins comme il suit: «On ne peut nier que l'invasion de l'empire turc, quelles que soient les stipulations qui l'accompagneraient et quelles que soient les assurances que l’on donnerait, ne manquerait pas de jeter l'alarme dans les esprits et d'agiter des passions incompatibles avec le repos du monde civilisé. Forcés par des raisons d'humanité et de politique d'intervenir, quoique à contre-cœur, dans la lutte entre la Porte et ses sujets grecs, les Alliés ont borné leur intervention aux nécessités du cas. Leur but a été de rétablir pour leurs sujets la sécurité commerciale que la piraterie et la gucrre leur avaient enlevée, de mettre un terme aux horreurs qui pendant plusieurs années avaient eu lieu dans le Levant, et de donner aux Grecs une existence plus assurée et plus définitive sous la Porte Ottomane. Le gouvernement britannique ne pensait pas qu’une attaque combinée et générale par terre et par mer contre les domaines turcs, telle que le mémoire russe la proposait, fût essentielle pour atteindre le but que l’on avait en vue.» !
La déclaration de guerre de la Russie contre la Turquie porte la date du 14/26 Avril 1828. Dans cet acte il est dit:
1 MaRTENs, Nouveau recueil, tom. XII, p. 228—265, British and foreign State Papers, 1829 — 30, p. 30, 45.
LAWRENCE-WHEATON. II.
La Russie engugoe à amener l'exée cution du traité de Londres,
Lord DrAiey au prinve de Lieven, le 6 Mars 1825.
L'Angleterre ne partage pas les vues de la Russie.
Declaration de guerre de la Russie contre la Turquie, 14/26 Afril 18283,
Er
{à il | }
Instruction de M. de Nesselrode du 17/29 Avril 1828,
Conférence des plénipotentiaires de
la Grande- Bretagne. de
France et
de Russie,
le 15 Juin 1828,
Blocus des Dardanelles parla Russie,
418 GUERRE ENTRE LA RUSSIE ET LA PORTE. [Part. I],
«La Russie, pour être en guerre avec la Porte, par des motifs indépendants du traité du 6 Juillet, ne s’est pas écartée et ne s’écartera pas des stipulations de cet acte. Ses alliés la trouveront toujours prête à concerter avec eux sa marche dans l’exécution du traité, toujours empressée de concourir à une œuvre que sa religion et tous les sentiments dont l’humanité s’honore, recommandent à son active sollicitude, toujours disposée à ne profiter de sa situation actuelle que pour accélérer l’accomplissement des clauses du 6 Juillet, et non pas pour en changer les effets ou la nature.» Le comte de Nesselrode dit, dans son instruction du 17/29 Avril 1828, que le protocole du 4 Avril 1826 avait prévu le cas qui vient d’arriver d’une guerre, faite pour son propre compte, de la Russie contre la Turquie. Sans doute l’applitation des stipulations dont il s'agissait était délicate. Cependant l’objection principale qu'on opposait à la Russie portait sur ce que l'Angleterre, la France et la Russie ne pouvaient adopter un plan commun, parce que les premières ne seraient pas belligérantes, tandis que la dernière le serait. Or l’empereur déclarait que la Russie cesserait momentanément de l'être dans l'expédition qui aurait pour but l’accomplissement du traité de Juillet. ! Dans une conférence des plénipotentiaires de la Grande- Bretagne, de France ct de Russie, tenue à Londres, le 15 Juin 1828, on tomba d'accord qu'il demeurait bien entendu que l'objet des délibérations de la conférence resterait étranger à la guerre entreprise par la Russie contre la Porte Ottomane, et qu’il se rapporterait uniquement à l'exécution du traité du 6 Juillet 1827. Le plénipotentiaire russe déclara que Sa Majesté Impériale déposait dans !a Méditerranée son caractère de belligérant, et que toutes les instructions données à l’amiral de l’escadre russe, en conséquence de cette guerre, étaient révoquées. Cependant le 30 Septembre suivant, le même plénipotentiaire fit part à la conférence d’une communication de sa
1 British and foreign State Papers, 1827—28, p. 636. Voir aussi notre Commentaire: «Rapport des nations neutres avec la Porte Ottomane», part. Ï, chap. 1, $ 10, tom. I, p. 120 supra; et pour les causes de la guerre entre la Russie et la Porte Ottomane, à la rubrique: Principautés de Valachie, de Moldavie et de Servie, part. I, chap. 1, $ 13, IT, Jbid., p. 332.
{[Part. 1],
Jar des moas écartée Ses alliés sa marche concourir à ont l’humale, toujours pour accéet non pas e de Nessel- 828, que le rient d’arride la Russie stipulations tion princi- ’Angleterre, an commun, ntes, tandis irait que la l'expédition Juillet. !
la Grandedres, le 15 bien entendu rait étranger e Ottomane, u traité du que Sa Main caractère hées à l’amierre, étaient même plénication de sa
, Voir aussi a Porte Otto- Dur les causes la rubrique:
rt. I, chap. 11,
Chap. I.]