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Le prince Gortchakoff à M. de Stoeckl, le 10 Juillet 1861.
476 LA MÉDIATION DE LA RUSSIE. [Part. IT,
Dans une dépêche du 10 Juillet 1861, le prince Gortschakoff dit en s'adressant à M. de Stoeckl: «Depuis plus de quatre-vingts ans d'existence, l’Union américaine doit son indépendance, sa prospérité et ses progrès à la concorde de ses membres, consacrée, sous les auspices de ses illustres fondateurs, par des institutions qui ont pu concilier l'Union avec la liberté, et l’Union y a jusqu'ici été fidèle. Elle à donné au monde le spectacle d’une prospérité sans exemple dans les annales de l'histoire. Il serait déplorable qu'après une expérience si concluante, les États-Unis fussent entraînés à briser le pacte solennel qui a été jusqu'à ce jour la source de leur puissance. En dépit de la diversité de leurs constitutions et de leurs intérêts, et peut-être même à cause de cette diversité, la Providence semble les inviter à resserrer les liens de leur existence politique. En tout état de cause, le sacrifice que pourra leur imposer le maintien de l’Union est sans comparaison avec celui que coûterait sa dissolution. Unis, les États arrivent à leur plus grand développement; isolés, ils sont paralysés,.
«Les débats qui viennent malheureusement d'être soulevés ne peuvent se prolonger indéfiniment, ni conduire à la distinction de l’une des deux parties. Tôt ou tard il faudra en venir à un arrangement quelconque pour concilier les intérêts actuellement en conflit. La nation américaine donnerait une preuve de grand sens politique en concluant cet arrangement avant une inutile effusion de sang, un2 dépense sans but de l’energie et de la richesse publiques, avant des actes de violence et de représailles réciproques qui ne feront que creuser un abîme plus profond entre les deux sections de la Confédération, pour finir définitivement par un mutuel épuisement et la ruine peut-être irréparable de leur puissance commerciale et politique.
«Notre auguste maître ne peut : :::s:er à, admettre de si déplorables éventualités.
«S. M. I. met encore sa confiance © ; ce bon sens pratique des citoyens de l’Union, qui leur fait si bien juger de leurs propres intérêts. $S. M. est heureuse de croire que les membres du gouvernement fédéral et les hommes influents des deux partis saisiront toutes les occasions de calmer l’effervescence des
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Chap. I] RÉPONSE DES ÉTATS-UNIS. 477 passions et réuniront leurs efforts dans ce but. Il n’est pas d'intérêts distincts qu'il ne soit possible de concilier en y travaillant avec zèle et persévérance, dans un esprit de justice et de modération.
«Si, dans les limites de vos relations amicales, votre langage et vos conseils peuvent contribuer à ce résultat, vous répondrez, Monsieur, aux intentions de S. M. l'Empereur, en consacrant à ce but l'influence personnelle que vous pouvez avoir acquise durant votre long séjour à Washington, ainsi que la considération qui appartient à votre caractère comme représentant d’un souverain animé des sentiments les plus amicaux pour l'Union américaine. »
M. Seward, en mentionnant le 7 Septembre 1861, en des termes fort civils, la communication qui lui avait été faite des instructions qui précèdent, ne laisse pas entrevoir que l’on en appellerait aux bons offices de l'Empereur.
« M. de Stoeckl», dit-il, «exprimera à son gouvernement la satisfaction avec laquelle celui de l’Union regarde ces nouvelles garanties d'amitié entre les deux pays, amitié qui a commencé avec l'existence nationale des États-Unis. » 1
Le 30 Octobre 1862, le ministre des affaires étrangères de France adressa aux ambassadeurs français à Londres et à St. Pétersbourg, les instructions suivantes: «L'Europe suit avec un douloureux intérêt la lutte engagée depuis plus d’une année sur le continent américain. Les hostilités ont provoqué des sacrifices et des efforts propres à inspirer assurément la plus haute idée de la persévérance et de l’énergie des deux populations; mais ce spectacle, qui fait tant d'honneur à leur courage, elles ne l'ont donné qu’au prix de calamités sans nombre et d’une prodigieuse effusion de sang. A ces effets d’une guerre civile qui a pris, dès le principe, de si vastes proportions, vient encore s'ajouter l’appréhension d’une guerre servile qui mettrait le comble à tant d’irréparables malheurs. Sous l'influence des rapports étroits que l’extension des échanges a multipliés entre les diverses régions du globe, l'Europe a ressenti elle-même les conséquences d’une crise qui tarissait
1 Le Nord, 25 Septembre 1861.
Ce que doit faire le ministre russe.
Réponse de M. Seward, le 7 Septembre 1861.
Instructions aux ambassadeurs français à Londres et à St. Pétersbourg, 30 le Octobre
Conséquences de la lutte américaine pour l'Europe.
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