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Chap. I.] GRAND PROJET DE HENRI IV. 199
de Henri IV sur lequel il est basé, en ce qu'au lieu de chercher à remanier la carte de l’Europe, il prend pour base l'état de possession de ces différentes puissances établi par le traité d'Utrecht. ;
Nous ne sommes pas d'accord, quant à nous, avec Wheaton, et nous nous en tenons plutôt à ce que dit Martens (G. F.), à savoir, que le couteau de Ravaillac détruisit le prnjet de république universelle attribué à Henri IV, et oue l'abbé de St. Pierre et les philanthropes qui sont venus après lui n'ont fait que réchauffer le projet du grand roi. !
Quoique Sismondi dise à propos du partage de l'Europe, que «toute cette organisation paraissait bien vague et bien fantastique àun homme aussi positif que HenrilV », il ne nie pas cependant l'existence du projet. Ce dont il s'agit d'après lui, c'est d'établir si le projet avait été conçu par le roi lui-même ou par son ministre Sully. Il admet également que ce dernier avait tout lieu de croire que le projet avait l'approbation de HenriIV.?
Flassan dit que le projet d’une république européenne, ditisée en quinze États, a été publié originairement par les compilateurs des Économies royales de Sully, dont on sait que ce ministre n’est pas l’auteur immédiat, et que l'abbé de St. Pierre a accrédité ce qui se trouve dans cet ouvrage. Il cite d'un autre côté l’historiographe Vittorio Siri, très au fait d'après lui de la diplomatie de Henri IV, et qui rejette formellement le projec de la république européenne. #
L'autorité des compilations n’est en aucune façon affectée par le fait que les secrétaires qui racontent à Sully les circonstances de sa vie, ne sont que des personnages imaginaires mis en scène pour éviter au ministre l'embarras de raconter lui-même ses actions. +
Henri Martin donne sa sanction à l'authenticité du projet en déclarant que «sur toute la diplomatie de ce règne plane une grande et glorieuse idée, la fondation de l'équilibre euro-
1 Martens (G. K.), Precis du droit des gens, tom. I, p. 85, note 6.
? SismonDt, Histoire des Français, tom. XXII, p. 148.
$ FLassan, Histoire de la diplomatie française, tom. II, p. 233.
‘ Biographie Universelle, tom. XLIV, p. 207. Voir aussi le Mémoire de l'évêque de Ravaillière, sur le caractère des Économies royales, lu devant l’Académie des Inscriptions.
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