AFFAIRES DE NAPLES
L'armée autrichienne qui avait, dans le mois de Mai 1815, enlevé le royaume de Naples à Joachim Murat, était partie au mois d'Août 1817, aussitôt que la restauration des Bourbon: avait paru bien affermie.
Le 6 Juillet 1820, le roi Ferdinand I des Deux-Siciles pronit de publier, dans la huitaine, les bases d’une constitution, ct le jour suivant, la constitution établie par les cortès espagnch: en 1812, et sanctionnée de nouveau par le roi d'Espagne x mois de Mars précédent, fut adoptée par un décret royal Cette constitution, allant plus loin même que la constitution
française de 1791, réunit presque tous les pouvoirs entre les à
mains de l'assemblée, ne laissant au roi qu’une autorité illusoire.
Il fut dit que la force et la révolution triomphante avaient contraint le roi à sanctionner cette constitution, et l'Autriche l’envisagea comme menaçante pour ses intérêts et comme con: traire au traité secret de 1815 dont nous avons parlé. So gouvernement n’hésita donc point sur le choix des mesures, mais il lui importait de ne pas laisser regarder cette guerre inévitable comme sa querelle particulière, et ce n'était pas pour elle seule, disaient les puissances alliées, que la révolu: tion était à redouter. La Russie et la Prusse étaient, de mêm que l'Autriche, décidément hostiles au nouveau gouvernement: la France ne l’avait point reconnu, et l'Angleterre se taisait.*
1 Lxsur, Annuaire, 1818, p. 371, 493.
2? Turorrt, Storia d'Italia, vol, I, p. 588. — CozretrA, Zlistoirt de Naples, tom. IT, p. 78, 90.
Chap.
Ac avec lc l'Espa, Mais u proclar États € royaumr conflag
Il pa Troppa Sa Maj plus én nécessa en Eur conférer
d'après Il ave détermii roi, des ce qu’ell | tranquill saient al en Piém faire auc directe d
Alas au congr termes ( l'invitant Laybach De son c 1820, di
vitation « à eux, et d'assurer!
et commad jté gou
1 Lesur
[Part. II
ste», dit la tale leur in.
eux ni dans ion la plus , les souves auxquelles entre leurs iter en comortent à de:
ont formelle-
le Mai 1815, M ait partie at des Bourbon:
Siciles pronit titution, et le ès espagnoles
d'Espagne a
décret royal a constitution roirs entre les orité illusoire.
hante avaient et l'Autriche t comme co1- F1 parlé. Soi des mesurts, cette guerre ce n'était pas que la révoltjent, de mêmt touvernement; re se taisait.”
pETrA, listoir
Chap. I.] CONFÉRENCES DE TROPPAU, 231
A cette époque, le petit royaume de Naples, seul aux prises avec les plus redoutables puissances, n'avait d'autre ami que l'Espagne, malheureusement impuissante pour le secourir. Mais un mouvement intérieur semblait agiter toute l'Italie; des proclamations révolutionnaires, semées à profusion dans les États de Rome, de Toscane et de Piémont, et même dans le royaume lombardo-vénétien, menaçaient la Péninsule d’une conflagration universelle. t
Il paraîtrait que, dès les premières séances de la réunion à Troppau, en 1820, il fut déclaré de la part de la Russie, que Sa Majesté Impériale était prête à contribuer de la manière la plus énergique, à toutes les mesures que l'Autriche jugerait nécessaires au maintien ou au rétablissement de la tranquillité en Europe, pourvu qu’on regardät comme première base des conférences la garantie de l'intégrité territoriale des États, d'après l'établissement des traités de 1814 et 1815.
Il avait été d'abord question d'ouvrir des négociations pour déterminer le parlement napolitain à faire, de concert avec le roi, des modifications à la constitution espagnole, de façon à ce qu’elle pût être conservée sans danger pour l’ordre et la tranquillité des États voisins, mais les événements qui se passaient alors en Espagne, et les agitations qui 5e manifestaient en Piémont, influèrent sur la résolution qui fut prise, de ne faire aucune démarche d’où l’on pût inférer une reconnaissance directe ou indirecte des changements opérés à Naples.
A la suite de ces délibérations, les trois souverains présents au congrès écrivirent, chacun séparément et dans les mêmes termes (20 Novembre), une lettre autographe au roi de Naples, l'invitant à se rendre à un nouveau congrès qui se tiendrait à Laybach, pour y délibérer avec cux sur les mesures à prendre. De son côté, le roi de France, dans une lettre du 3 Décembre 1820, dit: «Informé par mes alliés réunis à Troppau, de l'initation qu'ils font parvenir à Votre Majesté, je dois me joindre à eux, et comme membre d’une alliance dont le seul but est d'assurer la tranquillité et l'indépendance de tous les États, et comme souverain d’un peuple ami de celui que Votre Majté gouverne; j'ajoute encore, comme parent sincèrement
l Lesur, Annuaire, 1820, p. 523.
Etat de l'italie à cette époque,
Conferences en 1S20 à Troppan,
Lettres auto-
graphes des souverains au roi de Naples,
Le parlemént napolitain et le départ du roi,
De quoi il s'agissait à
Layÿbach,
Le roi de Naples à Laybach,
2392 AFFAIRES DE NAPLES,. [Part. I
affectionné. Je ne saurais trop fortement insister auprès d'elle pour qu’elle vienne prendre part en personne à la nouvelle ré. union qui va se former. Avec mes alliés je vous dirai que leur intention dans cette réunion, est de concilier lintértt et le bien-être dont la sollicitude paternelle de Votre Majesté doit désirer de faire jouir le peuple, avec les devoirs qu’euxmêmes ont à remplir envers leurs États ot envers le monde. »!
La constitution ne permettait pas au chef de l'Etat de sortir du royaume sans l'autorisation du parlement. Il fut dé. cidé toutefois par le conscil des ministres, que le roi se rendrait à l'invitation des souverains. A un message du 7 Décembre, le parlement répondit le 8, par une déclaration en forme de décret, portant, premièrement, qu'il n'avait aucune faculté d'adhérer à tout ce que le message royal contenait de contraire aux serments mutuels et au pacte social établi par la constitution d'Espagne, et deuxièmement qu'il n’avait aucune faculté, non plus, d’adhérer au départ de Sa Majeste, qu'autant que le but de son voyage scrait de soutenir la constitution d'Espagne jurée ensemble, ?
D'après les principes établis à Troppau, il ne s'agissait plus à Laybach que de leur application, c'est-à-dire, de savoir en quel cas, par quelles voies et jusqu'à quel point on pouvait s’immiscer dans le gouvernement d'une puissance indépendante.
Le roi de Naples arriva à Laybach le 8 Janvier 1821, ct dans une lettre adressée par lui à son fils le prince-régent, le 28 de ce mois, il dit: «Dès mes premières entrevues avec les souverains et à la suite des communications qui me furent faites des délibérations qui avaient eu lieu entre les cabinets réunis à Troppau, il ne m'est plus resté aucun doute sur la inanière dont les souverains jugeaient les événements arrivés à Naples, depuis le 2 Juillet jusqu'à ce jour. Je les ai trouvés irrévocablement déterminés à ne pas admettre l'état de choses qui est résulté de ces événements ou qui pourrait en résulter, à le regarder comme incompatible avec la tranquil-
l LesuR, Adunuuire, 1820, p. 015, 684, ® bid., p. 686. — Correrra, Histoire de Naples, tom. IV, p. 242. Lesur, Annuaire, 1821, p. 307,
Chap. 1
lité du
le coml de la pe est au-d sultat. »
Le co
à Naple:
volution mant po vent dir lution mi cette réy qui s’en résultats les États rectemen!
système « de Vienne plir un de engageme mières, € tant de r licitude de «Cepen dérer la r kolé: ils ( qui désole comprimé mais qui s dans plus « «Les so iaître jam:
moment à 1 réunir leur pernicicux bleins de di «Ils ont lbérations
| Lesur, ,
Part. II
rès d'elle velle rédirai que l'intérût e Majesté S qu'euxmonde. »!
at de sor- Il fut dé.
Oi SC rendu 7 Diaration en ait aucune ntenait de établi par n'avait aua Majeste, nir la con-
s'agissait , de savoir jt ON pouance indi-
r 1821, ct -régent, le es avec les me furent is cabinets ute sur là ts arrivés es ai trou- » l’état de ourrait en a tranquil-
IV, p. 242.
Chap. I.] CONGRÈS DE LAYBACH. 233
lité du royaume ainsi qu'avec la sûreté des États voisins, ct à le combattre par la force des armes, dans le cas où la force de la persuasion n’en produirait pas la cessation immédiate. Il est au-dessus de tout pouvoir humain d'obtenir un autre résultat. » 1
i Naples du 19 (31) Janvier 1821, s'exprime ainsi: «La révolution de Naples porte en elle-même un caractère trop alarmant pour ne pas appeler l'attention des souverains. Ils doivent diriger leurs mesures d’après les maux dont cette révolution menace les États voisins. Les moyens employés par cette révolution, les principes hautement professés par ceux qui s'en déclarent les chefs, la marche qu'ils ont suivie, les résultats déjà connus, tout devait répandre l’épouvante dans ls États d'Italie ct agir fortement sur les puissances plus directement intéressées au repos de la Péninsule. Fidèle au système qu'elle à invariablement suivi depuis sept ans, la cour de Vienne a cru dans une circonstance aussi importante, remplir un devoir également imposé ct par sa position ct par ses engagements, en invitant ses alliés à l’éclairer de leurs lumières, et à délibérer avec elle sur des questions dignes sous tant de rapports d'occuper sérieusement la pensée ct la sollcitude de toutes les puissances.
«Cependant les cabinets réunis à Troppau n’ont pu considérer la révolution de Naples comme un événement absolument solé: ils ont reconnu ce même esprit de trouble et de désordre qui désole le monde depuis longtemps, et qu’on a pu croire wmprimé par les salutaires effets d’une pacification générale, mais qui s’est bientôt et malheureusement réveillé de nouveau dans plus d’un État en Europe.
«Les souvécrains sont définitivement déterminés à ne reconnaître jamais une révolution produite par le crime et qui, d’un moment à l’autre, pourrait troubler la paix du monde, mais à réunir leurs efforts pour mettre un terme aux désordres aussi pernicieux pour les pays qu'ils frappent directement, que pleins de danger pour tous les autres.
QIls ont invité le roi de Naples à prendre part à leurs délbérations et à y concourir. Aussitôt que, par la suppression
| Lesur, Annuaire, 1820, p. 691.
Le comte de Nesselrode, dans sa dépêche au ministre russe Le comte de
esselrode au ministre russe à
Naples,
Les souve-
rains ne re-
connaîtront
pas la révo-
lution.