‹ Commentaire sur les Eléments du droit international et sur l'Histoire des progrès du droit des gens de Henry Wheaton [microforme] (volume 3)Chapitre 77 sur 138 · EN FAVEUR DE L'ITALIE · texte numérisé non relu

EN FAVEUR DE L'ITALIE

Chap. I.]

la Lombardie et des provinces vénitiennes, comme le seul moyen d'éviter l'intervention de la France. L'empereur ne peut abandonner les provinces vénitiennes sans abandonner virtuellement le Tyrol ‘talien. »

Le 17 Juin 1848, l’envoyé officiel du ministère autrichien, étant arrivé à Milan, adressa au président du gouvernement provisoire de la Lombardie une lettre à laquelle était joint l'office ministériel signé à Innsbruck, le 13 Juin, par le baron de Wessemberg, ministre des affaires étrangères de S. M. im-

périale et royale. Il y était dit: «Je suis autorisé à ouvrir avec

le gouvernement provisoire établi à Milan, une négociation qui serait basée sur la séparation ct l'indépendance de la Lombardie, le gouvernement de Sa Majesté impériale et royale n’y rattache que des conditions. équitables, lesquelles comprendraient principalement le transfert d’une partie proportionnelle de la dette de l’empire d'Autriche à la charge de la Lombardie, plus un règlement qui assurerait certains avantages au commerce autrichien et quelques stipulations par rapport aux propriétés particulières de la famille impériale et aux pertes qu'ont éprouvées les employés militaires et civils à la suite des derniers événements. »

Quoique une convention eût été signée le 13 Juin précédent entre la Sardaigne et le gouvernement de la Lombardie pour la réunion de ce dernier pays aux États de Charles-Albert, le président du gouvernement provisoire répondit à la proposition autrichienne sans consulter le roi. Après avoir résumé

| les points de cette proposition, il continue ainsi: «L’énoncia-

tion de ces propositions fit naître en nous aussitôt l'idée que Votre Excellence considérait la question simplement comme une question lombarde, tandis que nous l'avons toujours considérée comme une question italienne. Cela posé, si au lieu de parler de l'indépendance lombarde, il s'était agi de l’indépendance de toutes les provinces italiennes sujettes de l'Autriche, les articles auraient présenté matière à des négociations, et nous sommes persuadés que nous n'’aurions pas été éloignés de nous entendre. Votre Excellence est déjà informée que la Lombardie a déclaré ne former qu'un seul et même État avec le Piémont. Cet événement va changer la forme des relations politiques et internationales, vu qu'aucune négociation ne

Le ministère autrichien au gouvernement de la Lombardie,.}

Offre de négociations basées sur la séparation ei l'indépendance de la Lombardie,

Réponse du président du gouvernement provisoire lombard,

2560 MÉDIATION DE L'ANGLETERRE ET DE LA FRANCE. [Part.Il,

saurait plus être entamée par nous sans l’assentiment du gouvernement du roi Charles-Albert. Par conséquent, le gouvernement provisoire ne pourrait pas avoir un intérêt à ce qu'un armistice vint suspendre l’état actuel des choses, et il ne croit pas d’ailleurs que le roi Charles-Albert veuille y donner son adhésion. » 1

Les bases Le jour où l'intervention de l’Angleterre et de la France

melauer vint faire revivre les bases Hummelauer, du 24 Mai, comme ve sont plus . .

possibles un élément de transaction dans les circonstances nouvelles

après l’ar-

mistice &a- Créées par l'armistice Salasco, il n’était plus temps; la média-

1 ; . du A . . .

."%% tion ne pouvait être qu’une tentative impuissante. Dépêche au Dans la dépêche adressée par le cabinet autrichien à ses cabinet au-

trichien à représentants près les cours de Berlin et de £t. Pétersbourg, fants à Dar. en date du 17 Janvier 1849, le prince de Schwartzenberg

adbaus s’exprimait ainsi: «Après l’acceptation par le cabinet de Tu-

Mai rin de l'offre de médiation de la France et de l'Angleterre, les représentants des deux puissances firent des ouvertures au cabinet de Vienne, prenant pour base principale de la négociation à ouvrir le projet de pacification présenté à Lord Palmerston par M. de Hummelauer. Nous ferons observer ici que ce projet, tendant en substance à détacher la Lombardie de l'empire d'Autriche, et auquel il plaît à Lord Palmerston de revenir sans cesse, n’émanait pas du cabinet impérial. Au contraire, il avait été proposé à notre cabinet par le secrttaire d'État d'Angleterre, et M. de Hummelauer ne l'avait accepté que sous la réserve de le soumettre à l'approbation de sa cour qui ne l’a jamais sanctionné. Toutefois, le baron de Wessemberg, guidé par des considérations tirées de notre situation intérieure, consentit à accepter la médiation et céda aux pressantes sollicitations de la France.

L'Autriche «Nous avons déclaré péremptoirement à Paris et à Londres

ne consen-

tira à aucune QUE NOUS ne consentirons en aucune façon à la moindre alté-

altération

dans l'état ration de l’état de nos possessions territoriales en Italie fixé à

RSS. par les traités de 1814 et de 1815, et rétabli depuis par les does % armes victorieuses de l'empereur: que la réorganisation de nos provinces italiennes était exclusivement du ressort de notre politique intérieure. et que, tout en voulant donner à ces provinces les institutions que la parole impériale avait garanties,

1 Lesur, Annuaire, 1848, p. 195.

Chap.

nous gère le que le:

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1 Lesur

[Part. II, Chap. I.] PROJET DE FÉDÉRATION. 251

it du gou- nous ne souffririons jamais de la part d’une puissance étranle gouver- gère la plus légère intervention à ce sujet. Nous avons ajouté \ ce qu'un que les conditions de la paix à conclure entre l'Autriche et la il ne croit Sardaigne étaient, à notre avis, l’uninue objet de la médiation consenteonner son de la France et de l'Angleterre. L'Autriche est disposée à conurès des adhérer à un congrès des autres cours signataires des traités fées la France qui ont décidé du sort de la péninsule. Nous nous flattons “Vienne ai, comme que dans une telle réunion, une bonne intelligence entre les nouvelles cours alliées aurait assez de poids pour faire pencher la ba- ; la média- lance en faveur d’une nouvelle consécration des principes de justice et de saine politique que le congrès de Vienne avait eu chien à ses la sagesse d'établir. » 1 étersbourg, L'abbé Rosmini, que le cabinet Casati-Gioberti avait dé- Négociations artzenberg puté immédiatement après l'armistice de Salasco auprès de Rosmint à inet de Tu- Pie IX, négociait un projet de fédération d’après lequel les is leterre, les États de l'Italie, en commençant par les États de l'Église, la Projet de vertures au Sardaigne et la Toscane, se garantissaient leurs territoires. Le "1 la négocia- pape avait la présidence de la fédération; un pouvoir central, rd Palmer- représenté par une diète siégeant à Rome, était investi du ver ici que droit de faire la paix et la guerre, de fixer les contingents miymbardie de litaires de chaque État, de régler le système de douanes, de Imerston de signer des traités de commerce, en un mot de veiller à tous périal. Au les intérêts généraux de la confédération. L'abbé Rosmini ar le secré- n'avait nullement dépassé ses instructions; seulement le noue l'avait ac- veau ministère de Turin, le cabinet Revel-Pinelli, n’accédait robation de plus à une fédération ainsi constituée. Au projet négocié par le baron de l'abbé Rosmini il en opposait un autre qui en réalité n'était de notre si- qu'un projet d'alliance offensive et défensive pour la guerre,

tion et céda et qui, en posant le principe d’une organisation fédérale, en

ajournait l’application. De là les tiraillements les plus pét à Londres nibles et des luttes pleines d’amertume parfois entre les gouoindre alté- vernements.

Italie fixé À Les affaires à Rome se trouvaient Ôtre à cette époque aux 1e comte uis par les mains du comte Rossi, lequel s’exprimait ainsi dans la gazette AU ation de nos D officielle de Rome: «A quoi se réduit la proposition piémon- °°" brt de notre JE taise? A ceci: Décrétons la ligue en principe, envoyez-nous

à ces pro- D des hommes, des armes, de l'argent, puis aussitôt qu’il sera t garanties, Æ possible, des plénipotentiaires se réuniront à Rome pour dé-

l Lesur, Annuaire, 1849, app. p. 177, 178.

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252 ARMISTICE DE SALASCO DÉNONCÉ, [Part. I,

libérer sur les lois organiques de la 1igue. L’autonomie de l'Italie ne suppose pas nécessairement l'empire de la maison de Savoie du Tanaro aux Alpes. Si cet empire est une des formes que l'Italie indépendante pourrait prendre, elle n'est pas la seule.»

La Toscane elle-même eût préféré au royaume de la Haute. Italie la création d’un État nouveau et séparé en Lombardie sous l'autorité d’un fils de Charles-Albert.

projets de M. Rossi travaillait à la réorganisation civile de l'État ro. main, et afin de préparer fortement l'indépendance territoriale de l'Italie, il négociait à Turin, à Florence, à Naples une confédération qui unît ensemble les États italiens, fixât leurs rapports en temps de paix, déterminât leurs contingents militaires en cas de guerre. Le 15 Novembre, il devait exposer ses

gsssuat projets à la chambre des députés romains. Ce même jouri tombait sous le poignard des sectaires, et avec lui disparaissait toute espérance de confédération italienne. !

Pia IX quitte Pie IX, assiégé au Quirinal, n'avait plus dès lors qu’à quitter furtivement Rome et à prendre la route de Gaëüte. Du meurtre de Rossi et de la fuite du pape il n’y avait qu’un pas à la république romaine et à la dictature de M. Mazzini. En Toscane, la république faisait son opposition avec MM. Gucrrazzi et Montanelli, d’abord sous l'apparence d’un ministère démocratique imposé par une émeute de Livourne, puis sous son vrai nom, tandis que le grand-duc s’enfuyait aussi à Gaîte.

Giobertiveut Cependant Vincenzo Gioberti, devenu premier ministre, con-

Rome et à Cevait la pensée d'intervenir à Florence et à Rome pour étoufier

Ferne L'esprit insurrectionnel, en ramenant le pape au Quirinal. Il dut néanmoins se retirer devant une chambre d’un libéralisme turbulent, et le Piémont resta avec son parlement agité et un

dll se rotire ministère dont toute la politique se réduisait à la guerre immédiate avec l’Autriche.

L'armistie Charles-Albert ayant accepté le principe de la guerre immcstaenncé diate, l'armistice avec l'Autriche était dénoncé le 12 Mars 1849. 1849. Ainsi le Piémont marchait de nouveau au combat avec un parlement turbulent, un ministère aveuglément obstiné et

1 Lesur, Annuaire, 1848, p. 580, ,

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Chap.

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Bot un conseil d'État.

Chap. I.]

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