L'ESPAGNE ET L'AUTRICHE VIS-A-VIS
[Part. Il
lettre autographe du 6 Mars, le Saint-Père s'était adressé di. rectement au roi Victor-Emmanuel, l'invitant à entrer en pour. parlers avec la cour de Rome au sujet de l'affaire des évéchés Le gouvernement italien avait accueilli sans retard Retour des évêques éloignés de leurs sièges, admission des évêques déjà préconisés par le Saint-Père, no. minations aux évêchés vacants, exequatur royal, et serment, tels étaient les cinq points de la négociation. !
Ces négociations qui devaient laisser en dehors toute ques-
tion politique de nature à faire naitre des froissements on à soulever des difficultés, ont été renouvelées dans la suite,
Depuis le départ des troupes françaises, on a même annonci
mun accord,
que toutes les questions religieuses ont été réglées d'un com-
Le 29 Octobre 1866 cependant, Pie IX faisait la déclara-
tion suivante dans une allocution lue en consistoire secret:
«Nous ne pouvons pas renoncer au pouvoir civil établi par la
divine sagesse de la Providence pour le bien de léglise uni-
verselle ; nous devons, au contraire, défendre ce gouvernement et protéger les droits de ce pouvoir civil, et nous plaindre fortement de la sacrilége usurpation des provinces du Saint-
Siége. »
L'empereur Napoléon IE, dans son discours à l'ouverture
d'un difficile problème.
de la session législative de 1865, s'explique ainsi sur la question italienne-romaine: «J'ai voulu rendre possible la solution La convention du 15 Septembre, «igagée d’interprétations passionnées,
consacre deux grands
principes: l’affermissement du nouveau royaume d'Italie et
l'indépendance du Saint-Siége.
qui excitait tant d’alarmes va disparaître.
L'état provisoire et précaire
Par cet acte de
patriotisme, l'Italie se constitue définitivement et se réconcilie
en même temps avec la catholicité; elle s'engage à respecter l'indépendance du Saint-Siége, à protéger les frontières des
États-Romains, et nous permet de retirer nos troupes, «Le territoire pontifical, efficacement garanti, se trouve placé sous la sauvegarde d’un traité qui lie solennellement les
deux gouvernements. »
1! Annuaire des Deux Mondes, 1864— 65, p. 16.
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Chap. 1.] DU ROYAUME D'ITALIE. 279
Avant d'agir à l'égard du royaume de Victor-Emmanuel, l'Espagne avait fait demander à la France, de même qu'à l'Itaie, des renseignements au sujet de la convention. L’Autriche ‘était également adressée au gouvernement français pour sauvegarder les intérêts du pape.
L'ambassadeur de France à Madrid avait annoncé le 24 Février 1865 à son gouvernement, que le discours de l'Empereur du 15 Février 1865) avait produit une impression très-favorable à Madrid, et que le paragraphe concernant la situation de la papauté avait particulièrement fixé l'attention, le ministre des affaires étrangères d'Espagne ayant surtout été frappé de ce qu'avait dit Sa Majesté au sujet de la convention du 15 Septembre.
En réponse à cette communication, M. Drouyn de Lhuys, écrivant le 14 Mars 1865, fit savoir à M. Mercier que M. de Grammont lui avait transmis de Vienne des informations analogues. « L'ambassadeur d'Autriche», continue le ministre des affaires étrangères, «est venu me donner connaissance d’une dépêche de M. le comte de Mensdorff, exprimant la satisfaction qu'avait ressentie le gouvernement autrichien des dispositions modérées et pacifiques manifestées par l'Empereur. Le cabinet de Vienne a été heureux de trouver dans le discours de Sa Majesté les meilleures assurances quant au maintien du pouvoir de la papauté et à la conservation de ses possessions dans les limites actuelles. Toutefois, si la valeur et l'efficacité de ces assurances ne peuvent faire, à ses yeux, l'objet d’aucun doute pour les deux années fixées par la convention, le gouvernement autrichien se demande ce que l'on ferait, s'il arrivait que les dispositions destinées à sauvegarder les intérêts du Saint-Siége fussent méconnues, .et que la Papauté se trouvât de nouveau en présence des dangers dont le gouvernement de l'Empereur a voulu la préserver? Je lui ai répondu que je ne pouvais le suivre sur le terrain hypothétique où son gouvernement nous conviait à nous placer, par cetteraison très-simple, mais suivant moi péremptoire, que la convention du 15 Septembre est précisément destinée à prévenir les faits sur lesquels le cabinet de Vienne croit devoir porter ses prévisions.
«Déclarer que nous serions résolus, quoi que fasse ou ne
L'Espagne vis-a-vis du royaume d'Italie,
Etret a Madrid et a Vienne du discours de l'Empe:
reur,
M. Drouyn de Lhuys à l'ambassa deur de France à Madrid, le 14 Mars 166.
Eotrevue avec l'ambassadeur d'Autriche,