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Entrevue avec l'ambassadeur d'Espagne,
280) L'ESPAGNE ET L'AUTRICHE VIS-A=VIS Part, Il,
fasse pas le gouvernement pontifical, à le soutenir dans tous les cas, soit en maintenant indéfiniment nos troupes à Koïe, soit en y appelant d'autres forces, dont la composition serait arrétée d'avance, ne serait-ce pas, en inspirant à la cour de Rome um dangereuse sécurité, encourager les tendances absolues, Jos résolutions extrêmes auxquelles d'imprudents conseils voudraient l'entrainer ?
«Au contraire, en répondant par un refus à toute mesure éventuellement proposée à l'effet de parer à l'inexéeution de la convention du 15 Septembre, ne risquerions-nous pas de laisser croire au gouvernement italien, s'il avait en effet les desseins qu'on lui attribue, qu'il pourrait impunément s'af. franchir des obligations que iui impose cet acte international à l'égard du Saint-Siége et du territoire pontifical ?
«M, l'Ambassadeur d'Espagne est venu le lendemain me faire part des préoccupations de sa cour au sujet des affaires de Rome; il m'a dit qu'il s'en était entretenu avec le prince de Metternich et il m'a demandé, à son tour, quel serait le parti que nous prendrions, si l'éventualité prévue à Madrid comme à Vienne venait à se réaliser.
«Ma réponse à M, l'Ambassadeur d'Espagne a été exacte ment conforme à celle que j'avais faite à M. le prince de Mutternich. La suite de l'entretien m'a en outre amené à dire à M. Mon que les cours catholiques avaient le choix entre deux systèmes,
« Le premier, le seul sage et pratique, à mon avis, consisterait à aider de tout leur pouvoir à l'entière et loyale exécution de la convention, ce qui serait d'ailleurs d'accord avec leurs propres vues, puisque leurs démarches mêmes semblent temoigner de tout le prix qu’elles attachent à ce que les engagements du 15 Septembre soient respectés.
«En dehors de ce système, ai-je ajouté, il y en à un autr qui est plus simple en apparence, et qui n'exige pas à coup sûr autant d'efforts ni de sagesse, Il consiste à tout abandonner à la Providence, à conseiller à la cour de Rome d'attendre les événements et de ne rien faire, à flatter les préjugés et les répugnances de certains amis de la Papauté, qui tendent ouvertement à tout pousser à l’extrème, en vertu de ce dangereux calcul, que le bien doit sortir de l’exeès du mal; enfin à rendre
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Chap. I.]
DU ROYAUME D'ITALIE, sl
impossible 1 “tâche que doit se proposer dès aujourd'hui le gouvernement pontifical, et qui sait? à amener peut-être le départ du Pape.» !
M. Bermudez de Castro demanda, le 29 Juin 1865, au ministre des affaires étrangères d'Italie a être édifié sur le sens qu'attribuerait le gouvernement royal italien au rétablissement des relations entre l'Italie et l'Espagne, De plus, il désirait baser dans ses communications officielles sa résolution de reconnaitre le roi Victor-Emmanuel sur le fait de la conclusion de la convention de Septembre.
Le généralde Lamarmora répondit, le 5 Juillet, qu'il attachait un haut prix aux dispositions amicales du cabinet de Madrid: que le rétablissement des relations régulières n'aurait auceunement pour effet à ses yeux de lier la politique de l'un des deux gouvernements avec celle de lautre. En ec qui concernait la mention que croirait devoir faire l'Espasne de la convention du 5 Septembre, dans des documents explicatifs de ses intentions , il devrait être entendu que cette mention «ne pourrait en aucune façon porter atteinte au principe d'après lequel cette convention, comme la situation politique qu'elle a eu pour objet de régler, ne concerne que l'Italie et la France, Ces explications ont pleinement satisfait le cabinet de Madrid, ?
Une lettre du 3 Août 1865.
gères d'Espagne au ministre espagnol à Vienne, se rapporte à
du ministre des affaires Ctran-
la plainte de l'Autriche, de la reconnaissance de FlItalie par l'Espagne. «ILest vrai», est-il dit, «que pendant le dernier ministère, présidé par M. le due de Tétuan, la politique que le gouvernement de la reine avait suivie vis-à-vis de Pitalie s'est trouvée jusqu'à un certain point en harmonie avec celle de l'Autriche, mais il n'en est pas moins vrai que cette conformité de vues ne provenait pas d'un accord ou de stipulations préalables en vertu desquelles les deux pays se seraient engagés à poursuivre la méme politique dans cette question. «Les liens d'amitié et de considération mutuelle qui unissent l'Espagne et l'Autriche sont nombreux: ils n'ont pu que se resserrer davantage du moment où l'Empereur à pensé qu'il
Mémorial diplomatique, 1866, p. 72
? Livre vert d'Italie, Hemorial diplomatique, 1866, p. 58.
Explications domandecs ut ouvertes menutd ftalie par l'Espagne,
Réponse du cencral de La marmora, Le Juillet 1865,
Le ministre des aflaires etraugeres d'Espagne au ministre e paguol L Vienne le 3 Aout 156),
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Politique différente de l'Autriche et de l'Espagne
282 POLITIQUE DE L'ESPAGNE ET DE L'AUTRICHE. [Part. II,
était dans l'intérêt de ses États de modifier les anciennes institutions de l'Empire en les remplaçant par d’autres qui présentent une grande analogie avec les nôtres. Il y a aussi plusieurs questions de politique au sujet desquelles les deux gouvernements peuvent se trouver d'accord. Toutefois, il ne serait pas possible d'admettre avec M. le comte de Mensdorf que l'Espagne et l'Autriche ont des intérêts identiques.
«Nous éprouvons une sympathie vive et profonde envers les princes de la famille de Bourbon qui ont perdu leurs États: nous avons attendu pendant quatre ans avant de reconnaitre le royaume d'Italie, espérant que des éventualités nouvelles ou un accord des puissances européennes pourraient apporter une solution définitive à une question aussi compliquée: mais lorsque, pendant cette période, le royaume d'Italie s’est consolidé, lorsque les intérêts politiques et matériels de l'Espagne nous ont conseillé de le reconnaitre, nous ne pensons pas que l'on puisse jamais faire tourner contre nous une résolution que nous avons prise en consultant avant tout le bien du pays, et en mettant de côté des affections personnelles et des intérêts purement dynastiques qui, du reste, n’affectent pas la famille royale d'Espagne. Cette résolution ne peut servir, au contraire, qu'à constater la sincérité et le désintéressement de notre conduite.
«Je ne pourrais pas accepter l'opinion émise par M. le ministre des affaires étrangères, que la reconnaissance des faits accomplis en Italie rende difficile pour l'Espagne la tache d'élever la voix en faveur du Saint-Siége. Dans la conduite suivie jusqu'à présent par le gouvernement de la reine, une seule chose est positive, c’est que tous nos efforts sont restés jusqu'à présent sans efficacité réelle pour le but qne nous nous étions proposé d'atteindre. D'ailleurs, la reconnaissance des faits accomplis n’est pas une de ces théories dont là pratique n'ait jamais été essayée.
« L'Espagne 2t l'Autriche ont toujours suivi cette politique, et sans remonter à des époques par trop éloignées, je me bornerai à rappeler que, en 1830 et en 1848, les deux puissances ont reconnu l’ensemble des faits accomplis en France après la chute des deux branches de la famille de Bourbon.
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Part. II.
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Chap. I.] ÉVACUATION DE ROME PAR LES FRANÇAIS. 283
pas oublier que la monarchie italienne a été reconnue par toute l'Europe, sauf de rares exceptions, et que l'Autriche ellemême a sanctionné l’incorporation à l’ancien royaume du Piémont d’une des plus belles provinces du nouveau royaume d'Italie. » 1
Le chargé d’affaires de France à Rome écrivait, le 20 Septembre 1865, au ministre des affaires étrangères, relativement au départ de l’armée d’oceupation: «Son Eminence m'a déclaré que la retraite de nos troupes étant décidée, leur évaeuation successive lui semblait de tout point meilleure pour le Saint-Siége qu'un départ simultané, qui ne manquerait pas de hisser après lui de l'excitation dans les esprits ; qu'avec le parti que nous avions bien voulu adopter, le gouvernement romain aurait l’avantage de pouvoir préparer ses troupes à leur nouvelle mission, et de juger en même temps de la bonne foi que mettront les Italiens à respecter 1£ territoire pontifical. Il se félicite également de la concentration de notre armée à Rome et dans le nord des États de l'Église. » 2
Le premier détachement des troupes françaises quitta les États romains en Novembre 1865.
Le ministre de France à Florence conclut ainsi une dépêche du 2 Janvier 1866, dans laquelle il rend compte d’un entretien qu'il avait eu avec le général Lamarmora. «En résumé», dit il, «j'ai constaté une fois de plus que nous avions entendu, en signant la convention du 15 Septembre, assurer la coexistence en Italie de deux souverainetés distinctes: celle du pape, réduite aux proportions où elle est aujourdhui, et celle du royaume d'Italie; 2° que ces mots de moyens moraux, dont on à un peu abusé, signifient pour nous la persuasion, l'esprit de conciliation, l'influence des intérêts moraux et matériels, enfin, l'effet du temps, qui en calmant les passions, doit faire disparaître un jour les obstacles qui se sont opposés jusqu'à présent à la réconciliation d'une puissance éminemment catholique avec le chef de la catholicité; 3° enfin que, pour toutes les éventualités non prévues par la convention, la France s'est formellement réservé la liberté d'action la plus absolue, sans restriction d'aucune espèce. »
l Le Nord, 10 Octobre 1865.
? Ibid, 5 Février 1866.
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Evacuation successive des troupes françaises de Rome.
Dépêche du 2 Janvier 1866 du ministre de France a Florence.
Deux souverainetés en Italie assurées par la convention de Septembre,
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Discours de l'Empereur en 1566,
Traité entre lu France et l'ltalie pour le réglement de la detre pontificale.
Expose français de 1866,
Alliance entre la Prusse et l'Italie eu
Réponse de l'Italie à l’invitation a la conference, en 1866,
284 ROYAUME D'ITALIE. GUERRE LE 1866. [Part II,
Dans son discours du 23 Janvier 1866 au Sénat et au Corps législatif, l'Empereur s’exprima ainsi: «L'Italie reconnue par presque toutes les puissances de l’Europe a affirmé son unité en inaugurant sa capitale au centre de la péninsule. Non avons lieu de compter sur la scrupulense exécution de la convention du 15 Septembre et sur le maintien indispensable du pouvoir du Saint-Père,. »
Un traité entre la France et l'Italie pour le règlement de la dette pontificale fut signé à Paris le 7 Décembre 1866. 1
L'Ewposé français pour 1866 contient le passage ‘suivant: «Œn s’engageant par la convention du 15 Septembre à respecter l'indépendance de la papauté, le cabinet de Florence s’est acquis l'adhésion de ceux des gouvernements catholiques, autres que l'Autriche, qui hésitaient encore à nouer des rapports diplomatiques avec lui. »