‹ Commentaire sur les Eléments du droit international et sur l'Histoire des progrès du droit des gens de Henry Wheaton [microforme] (volume 3)Chapitre 86 sur 138 · GUERRE DE · texte numérisé non relu

GUERRE DE

Nous avons eu occasion dans notre article sur la Confédération germanique de faire mention de l'alliance entre la Prusse et l'Italie dans la guerre de 1866 contre l'Autriche.

Daus une dépêche circulaire adressée par le général de La- Marmora aux agents diplomatiques d'Italie, le 27 Avril 1866, il est dit: «Le gouvernement du roi s'était déterminé à différer provisoirement les opérations de la levée de 1866, lorsque survinrent entre la Prusse et lAvtriche de graves complications. Au moment même où l’on était partout dans l'attente d'un désarmement qui paraissait convenu entre les cabinets de Berlin ct de Vienne, l'Italie se vit tout-à-coup en butte à des menaces directes de l'Autriche, » ?

La Grande-Bretagne, la France et la Russie ayant invité le gouvernement italien à prendre part à une conférence, le général de Lamarmora répondit, le 1% Juin 1866, que le gouvernement du roi adhérait à la proposition, Parlant du différend qui divisait l'Autriche et l'Italie, le général s’exprimait ainsi:

U Voir pour le traité le Mémorial diplomatique, 1866, p. 807. % Memorial diplomatique, 1862, 281.

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Chap. I.] ALLIANCE AVEC LA PRUSSE CONTRE L’AUTRICHE. 285

«Sous quelque point de vue qu’on le considère, il est impossible de méconnaître ce fait, que la domination de l'Autriche sur des provinces italiennes crée entre l'Autriche et l'Italie un antagonisme qui touche aux bases mêmes de l'existence des deux États. Cette situation, après avoir constitué pendant de longues années un danger permanent pour la paix générale, vient d'aboutir à une crise décisive. L'Italie a dû s’armer pour assurer son indépendance: elle est persuadée, d’auire part, que la réunion convoquée à Paris aidera à la solution déjà jugée indispensable, il n’est pas téméraire de le dire, dans la conscience de l'Europe. !

Le 20 Juin suivant, le roi d'Italie publiait son manifeste.

La campagne d'Italie s’ouvrit par la bataille de Custozza livrée le 24 Juin. Quoique victorieuse en cette occasion, l'Autriche, menacée dans les parties vitales de son empire, dut faire abandon de la Vénétie, objet de la guerre de la part de Italie. Cette province revint définitivement au royaume d'Italie, après la cession qu’en fit l'empereur d'Autriche à l'empereur Napoléon, le 5 Juillet. En faisant cette cession, l'empereur François-Joseph avait accepté la médiation de l’empereur des Français pour amener la paix entre les belligérants. Un armistice avait été proposé en conséquence par l’empereur Napoléon aux rois de Prusse et d'Italie. Un conflit naval avait lieu cependant le 20 Juillet, dans les eaux de Lissa, entre les flottes italienne et autrichienne et se terminait à l'avantage de là dernière. Le 26 du même mois furent signés les préliminaires de la paix entre la Prusse et l'Autriche. L'article VI disait: «S. M, le roi de Prusse prend l'engagement de décider S, M, le roi d'Italie, son allié, à donner son approbation aux préliminaires de la paix et à l'armistice basé sur ces préliminaires, dès que, par une déclaration de S. M. l’empereur des Français, le royaume vénitien aura été mis à la disposition de S, M. le roi d'Italie. »

Cependant l'Italie, quel qu'eût été l’insuccès de ses armes sur terre aussi bien que sur mer, semblait ne pas vouloir accepter la Vénétie des mains de la France. Elle aurait voulu

ne la devoir qu’à elle-même, encouragée en cela par le vœu

| Mémorial diplomatique, 1866, p. 376.

Manifeste de l'Italie.

Campagne d'Italie,

Prélimihaires entre la Prusse et l'Autriche.

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paix du 3 Octobre

entre l'Autriche et l'Itulie,

Transfert de la Vénétie,

Plébiscite.

Réunion définitive à PItalie.

286 RÉUNION DE LA VÉNÉTIE À L'ITALIE. [Part.Il,

général de la nation. Ce ne fut donc que le 12 Août qu’une convention d’armistice fut conclue par elle avec l'Autriche,

Le traité de paix, conclu le 3 Octobre, se rapporte au traité austro-français de Vienne du 24 Août, par lequel l’empereur des Français avait déclaré qu’en ce qui le concernait, la Vtnétie était acquise à l'Italie. L'empereur François-Joseph consentit à la réunion de la Vénétie à l'Italie dans les formes déterminées par le traité.

Le transfert de la Vénétie par l'Autriche à la France fut fait le 9 Octobre 1866, et le 19 du même mois, eut lieu par l'empereur des Français la remise de possession de l’État cédé entre les mains de ses autorités municipales.

Les citoyens des provinces cédées ayant été convoqués dans les comices, les 21 et 22 Octobre, déclarèrent s’unir au royaume d'Italie, résolution qui fut annoncée par le décret royal du 4 Novembre et convertie en loi par le parlement.

La réunion définitive des provinces vénitiennes au royaume d'Italie fut annoncée par le baron Ricasoli aux préfets et commissaires du roi en Italie, par une circulaire en date du 15 Novembre. «Ilest vrai», ajoute-t-il, «qu’une question reste encore à résoudre, la question romaine, mais, après la con-

vention qui en a régi la partie politique, cette question ne |

peut et ne doit pas être désormais un motif d’agitations. La souveraineté du pontife à Rome est placée, par la convention du mois de Septembre 1864, dans la condition de toutes les autres souverainetés: elle doit demander à elle seule et trouver en elle seule ses motifs d'existence et de durée. L'Italie à promis à la France et à l’Europe de ne point s’interposer entre le pape et les Romains, et de laisser s’accomplir cette dernière expérience sur la vitalité d’une principauté ecclésiastique dont il n’y a plus d'exemple dans le monde civilisé, ct qui est en contradiction avec le progrès accompli. L'Italie doit maintenir sa promesse et attendre de l'efficacité du principe national qu’elle représente l’immanquable triomphe de ses droits. Par conséquent, toute agitation qui prendrait pour prétexte la question romaine doit être déconseillée, blämée, empêchée et réprimée, quel que soit le caractère qu'elle revôte.» 1!

1 Mémorial diplomatique, 1866, p. 746.

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Chap. I.] CONGRÈS DE VÉRONE.

Nous terminerons cet article en:citant le passage du discours de l’empereur Napoléon à l'ouverture de la session de 1867, qui se rapporte à la question romaine: «A Rome», ditil, «nous avons exécuté fidèlement la convention du 15 Septembre. Le gouvernement du Saiïnt-Siége est entré dans une nouvelle phase. Livré à lui-même, il se maintient par ses propres forces, par la vénération qu'inspire à tous le chef de l'Église catholique et par la surveillance qu’exerce loyalement sur ses frontières le gouvernement italien; mais si des complications démagogiques cherchaient dans leur audace à menacer le pouvoir temporel du Saint-Siége, l'Europe, je n’en doute pas, ne laisserait pas s’accomplir un événement qui jetterait un si grand trouble dans le monde catholique. »

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