ET L'ESPAGNE RELATIVE AU MEXIQUE
prospérité et d'indépendance qui lui font si complètement défaut.» !
Ce n’est pas seulement des déclarations officielles qu'il faudrait déduire la politique que l’empereur se proposait de suivre au Mexique et que l’on voudrait justifier par le fait que, pendant les quarante dernières années, le Mexique a eu trente-six formes différentes de gouvernements et soixantetreize présidents. L’éminent sénateur, Michel Chevalier, écrivait en effet au mois d'Avril de l’année 1862: « L'origine et l'occasion de l'expédition, c'est la série d’outrages et de violences que les autorités mexicaines se sont permis envers des citoyens français, espagnols ou anglais, ct même envers le chef de la légation française, M. Dubois de Saligny. L'effet probable et attendu des gouvernements eux-mêmes, aussi bien de celui de l'Angleterre que de ceux d'Espagne et de France, sera de renverser le système de gouvernement établi au Mexique depuis l'indépendance, système qui a complétement échoué, et de garantir à ce beau pays les éléments les plus indispensables de l'ordre social et de la prospérité des États. Le complément de notre hypothèse, c'est que le système monarchique, mais d'une monarchie parfaitement indépendante et aussi libérale que possible, y sera substitué à une république qui n’est que nominale et dérisoire, car l'essence du gouvernement républiçain, c’est le règne de la loi, et dans les temps modernes, d’une loi faite dans l'intérêt de tous. Or, au Mexique, il n’y a plus de loi, et ce qui y règne, c'est le capaïce, la vanité, lignorance et l’avidité d’une poignée de chefs militaires faisant tour à tour d’éphémères oppositions au pouvoir.» ?
Dans un autre ouvrage, M. Chevalier dit: « Deux motifs de politique générale peuvent être assignés à l'expédition: l’un est d'intérêt européen, universel: ce sera d’opposer une barrière à l'invasion imminente de la totalité du continent américain par les États-Unis. L'autre, tiré de la politique française, serait de garantir et de sauver d’une ruine irréparable non-seulement le Mexique, mais bien le rameau espagnol tout entier de la civilisation latine dans le Nouveau-Monde. »
! Exposé, 1862, p. 91.
? Revue des Deux Mondes, 1°! Avril 1862, p. 514.
M. Chevalier
sur (l'origine
{de l'expédition,
Etablissement de la inovarchie recommande,
rente peer creer metre
NN SP PE SP D ES = - — . de — —. Pres - PF ia sélre - na en nA uen Bien . MS LEA 1 » Er ep MA 2.370008 2 PT ne Mein — ES TRE
see
348 LES ÉTATS-UNIS DANS LA [Part IT,
Diminution Le même auteur dit aussi: « Quand fut établie l'indépen-
du territoire FAN : : ; du Mexique dance, le territoire de la république comprenait 216,012 lienes
Fi Aa carrées: aujourdhui elle n'est plus que de 106,067. La perte est de 109,945 lieues carrées (plus de la moitié) qne les Améri cains du Nord se sont appropriées et dont au surplus ils tirent parti dans l'intérêt général de la civilisation infiniment mienx que les Mexicains n’eussent su le faire. » !
Noté de mi. Les ministres d'Espagne, de France, et d'Angleterre, ayant,
pagne, de par une note datée du 30 Novembre 1861, invité les EtatsaAngleterre Unis à accéder à la convention, M. Seward leur fit réponse
Det, na: le 4 Décembre. Après avoir reproduit dans sa note aux plé-
da nipotentiaires les termes de la convention, il continuait ainsi:
Réponse du «19 [Le Président ne prétend pas mettre en doute et ne
d'EÉtnt des doute pas que les souverains représentés n'aient le droit de dé-
FR sider par eux-mêmes, s'ils ont véritablement des griefs à mettre en avant contre le Mexique et s'il v a lieu d'en venir à des hostilités contre ce pays, pour obtenir la réparation demandée, Is ont également le droit de faire la gnerre séparément ou collectivement.
L'intérêt des «29 Les États-Unis ont un profond intérêt, — qu'ils sont
Etats-Unis : , get dans la ques. heureux de croire partagé par les hautes parties contractantes,
AT de même que par tous les autres États civilisés — à ce qu'aueun des souverains par lesquels la convention a été conclue ne cherche ni n’obtienne au Mexique aucune acquisition de territoire ni aucun avantage particulier dont les États-Unis on tout autre État civilisé seraient exclus, et surtout à ce que les hautes parties contractantes ne cherchent, séparément ou caollectivement, comme résultat on conséquence des hostilités qui seront inaugurées en vertu de la convention, à exercer dans les affaires intérieures du Mexique aucune influence de nature à porter atteinte au droit du peuple mexicain de choisir et de constituer librement la forme de son gouvernement.
«IL est vrai, ainsi que le supposent les hautes parties contractantes, que les États-Unis ont de leur côté des réclamations à faire au Mexique. Cependant, après mûre réflexion, le Président s’est convainen qu'il serait inopportun, dans le moment actuel. de chercher à obtenir satisfaction, en adhérant
l CHEVALIER, Le Mexique ancien et moderne, 2° éd., p. 398, 481.
gères, sur © nôtre nature publiq rité et portés momel rieur avec d nature contre « Le nipotet Étatsrépubli ministr publiqu riels, « réclam:
détour:
entre e savoir ; n'a été poir qu le Mex:
droit à tion se tractan!
dent cri dans le citoyens
[Part IT,
l’indépen- 3,012 liens La perte
» les Amverius ils tirent ment mienx
terre, ayant, é les Étatsfit réponse ote aux pléinuait ainsi:
doute et ne droit de déjefs à mettre venir à des ju demandée, ment ou col-
- qu'ils sont ontractantes, - à ce qu'auété conclue sition de tertats-Unis on à ce que les iment ou colhostilités qui xercer dans ence de nan de choisir nement.
parties condes réclamire réflexion, tun, dans le en adhérant
Chap. [.] CONVENTION DU 31 OCYOBRE 1861. 349 à la convention. Parmi les raisons qui ont motivé cette décison, se trouvent celles-ci: en premier lieu, les États-Unis préfèrent, autant qu'il est praticable, de s'en tenir à la politique traditionnelle que leur a léguée le père de la patrie, poitique dont l'expérience a constaté les heureux effets et qui leur défend de former des alliances avec des nations étrangères, En second lieu, le Mexique est voisin des États-Unis sur ce continent; son système de gouvernement ressemble au nôtre sous beaucoup de rapports. Les États-Unis ont donc naturellement des sentiments de bienveillance pour cette république et s'intéressent vivement à sa sécurité, à sa prospérité et à son salut.
«Animés de pareils sentiments, les États-Unis ne sont point portés à recourir à la force pour obtenir satisfaction, dans un moment où le gouvernement du Mexique est troublé à l'intérieur par les factions et se trouve, à l'extérieur, en guerre avec des nations étrangères. Par la même raison, ils sont naturellement encore moins disposés à s’allier dans une guerre contre le Mexique qu'à l'entreprendre eux-mêmes.
«Le soussigné est en outre autorisé à faire savoir aux plénipotentiaires, pour qu'ils en réfèrent à leurs souverains, que les États-Unis désirent si ardemment la sécurité et le salut de la république du Mexique, qu'ils ont déjà donné plein pouvoir à leur
ministre dans ce pays, pour conclure un traité avec la république mexicaine, en lui accordant aide et avantages maté-
riels, de manière à la mettre à mème de satisfaire aux justes réclamations jet demandes des souverains réprésentés et de détourner par là la guerre que ces souverains sont convenus entre eux de faire au Mexique. Il semble superflu de faire savoir à ces souverains, que notre offre de secours au Mexique n'a été dictée par aucune inimitié envers eux, mais par l’espoir qu'ils trouveraient un moyen, grâce aux ressources que le Mexique recueillerait par ce traité, et à son désir de faire droit à leurs demandes, d'éviter les hostilités que la Cunvention se proposait de commencer. Les hautes parties contractantes sont informées par la même occasion que le Président croit de son devoir de faire stationner une force navale dans le golfe du Mexique, pour sauvegarder les intérêts des citoyens américains pendant la durée du conflit qui pourra
Politique
traditionnelle des Etats-Unis,
Aide et avan tayes materiels offerte au Mexique,
Une force navale stutionnee dans le golfe du
Mexique.
Proposition du secrétaire d'Etat américain pour faire un prêt au Mexique.
Lu proposition inacceptable aux ulliés,
Ce qui cou-
stituait les
réclamations des puissauces.
350 RÉCLAMATIONS DE LA FRANCE, DE L'ANGLETERRE |Part, II,
surgir entre les hautes parties contractantes et cette ré. publique, Le ministre américain au Mexique est en outre autorisé à conférer avec les parties belligérantes, de manière à sauvegarder les justes droits des États-Unis contre toute atteinte involontaire.
«Le soussigné ayant ainsi soumis aux hautes parties contractantes les vues et les sentiments de ce gouvernement-ci sur cette importante question, vues et sentiments inspirés par un esprit de paix et d'amitié, non-seulement envers le Mexique, mais aussi envers les hautes parties contractantes elles-mêmes, a la conviction qu'il n’y a rien dans les mesures de surveillance que l’on se propose de mettre en œuvre, qui puisse offrir un juste sujet d'inquiétude à aucune des parties en question.» !
Le secrétaire d'État américain avait proposé que les États- Unis fournissent au Mexique une somme de onze millions de piastres pour faire face à l'intérêt de la dette étrangère, et jusqu'à ce que ce pays fût en état d'en effectuer lui-même le paiement. En retour, le Mexique devait engager aux États- Unis ce qui restait invendu des biens du clergé, et toutes les terres inoccupées de la république,
Les vues du sénat, contraires à la proposition du secrétaire d'État de faire payer par les États-Unis l'intérêt de la dette étrangère du Mexique, ne furent connues que lorsque cette proposition eût été déclarée inacceptable à Londres, aussi bien qu'à Paris et à Madrid.
M. Thouvenel déclara que l’on ne pourrait empècher les États-Unis d'offrir de l'argent au Mexique, ni faire que le Mexique n'acceptât pas l'argent des États-Unis, mais que ni l'Angleterre ni la France ne devraient en aucune facon sanctionner une pareille transaction. » ?
Lord Russell ? fit savoir à M. Adams que «les réclamations ne se bornaient pas au paiement d’une dette dont le chiffre plus ou moins élevé pouyait être fixé, mais qu’elles embrassaient aussi une satisfaction à obtenir pour les torts soufferts
l'Congressional Doc. in loc. vit. — Noir aussi Archives diplomutiques, 1862, tom. 1. p. 295.
? Earl Cowley to Earl Russell, 24"Septembre 1861,
3 Lord John Russell a été élevé à la pairie sous le titre de comte Russell (Earl of Russell), le 30 Juin 1861.
ur de ransféi ne que Bretagn ftats-U pays ex lrouillé En d tux Do itait dé le gouve ionnel | ait être fait du ] anglais , conventi iméricai l'Espagr millions.
montant tait pet par d'au Il avai mentionn cret du 1 mesure, plaintes D'apri dette de réclamer des droit importée:
Dans l'amiral :
l Le cc lung. D Le M. C # Sir CI
& [Part. If,
cette rét en outre s, de ma- Inis contre
arties conernement-c1 nspirés par le Mexique, Iles-mêmes, de surveilpuisse offrir question.» !
e les Etatsmillions de rangère, et lui-même le aux États t toutes les
n du secréntérêt de la que lorsque à Londres.
mpêcher les faire que le mais que ni façon sanc-
réclamations nt le chiffre les embrasrts soufferts
Lives diplomu-
itre de comte
Chap. I.] KT DE L'ESPAGNE CONTRE LE MEXIQUE. 351
ur des sujets anglais. L’Angleterre ne pouvait donc guère ransférer ces obligations aux États-Unis, sans faire surgir me quantité de questions de détail, pour lesquelles la Grande- Bretagne et le Mexique auraient à en appeler à l'équité des ftats-Unis.» Lord Russell pensait que «l'intérêt des deux pays exigeait qu'il y eût entre eux le moins de questions embrouillées et le moins d'intérêts opposés possibles. » !
En dehors des réclamations provenant de l'argent enlevé ux bondholders, de la légation britannique à Mexico, où il tait déposé, et de celui pris à une conducta, actes commis par le gouvernement opposant, traité de gouvernement insurrecionnel par celui de Juarez, mais pour lesquels ce dernier deait être responsable comme représentant le gouvernement de fait du pays, il y avait encore les dettes dues aux bondholders Dettes nglais, y compris ce qui avait été reconnu comme «English vegugnors, wnvention debt.» Le chiffre en était porté par le ministre américain à 68 millions de dollars, tandis que la dette due à l'Espagne, sous une dénomination analogue, était estimée à 8 nilions. M. Corwin dit qu’il ne savait pas exactement le uontant de la dette conventionnelle française, mais qu’elle itait petite\et pouvait être arrangée sans difficulté, ou payée par d’autres fonds.
Il avait été pourvu au paiement de ces dettes spécialement Droits de
: , : , , douanes afuentionnées, par l’abandon des droits de douane; mais le dé- fectés au
cet du 17 Juillet 1861, ayant suspendu l'exécution de cette Do mesure, cette suspension avait été l'origine déclarée des paintes adressées au Mexique. ?
D'après le ministre anglais, les Français n'avaient qu'une Dette fraudette de peu d'importance, s'élevant à 190 mille piastres à Waits, réclamer , et elle allait être acquittée principalement par 25 ?/, FE des droits d'entrée perçus à la Vera-Cruz sur des cargaisons inportées par des navires français. Ÿ
Dans les instructions du 11 Novembre 1861 adressées à d'après les lamiral français, les réclamations furent portées au-delà de de Novembre
l Le comte Russell au comte Cowley, 27 Septembre 1861, 37* ss long, 2° Sess., H. of R. Ex. Doc., No, 100.
? M. Corwin à M. Seward, 21 Octobre 1861.
# Sir Charles Wyke à Lord John Russell, 25 Juin 1861.
All RTE ñ ol 352 PÉCLAMATIONS DE LA FRANCE, DE L'ANGLETRRE [Part. I]. qui Chap. ] dix millions de piastres, sanf défaleation des paiements déjà È ) commencés. | pas po Elles étaient fixées dans l’ultimatum des plénipotentiaires DER
toutes à t'a pas La Gra \ un a avec le:
qui soit
français au Mexique, en raison des faits accomplis, à 12 millions de piastres, ?
DENT I y avait de plus, dans l'ultimatum, des réclamations noneker Jiquidées, y compris celles de la maison Jecker. M. Calceron Collantes dit à Sir J. Crampton, que les réelamations de l'Espagne avaient été formulées dans le traité
Ë CEE ne “ibliqu conelu avec Miramon et confirmées par le traité ::on-Al- 1 anglais monte. 0 ; RE RENTE FAT adminis
« Le gouvernement espagnol était décidé à insister pour que j 468$ 1
ees engagements fussent tenus, et tout ce qu'il demanderait en
Le Ÿ e ne ; » mêm dehors de là serait le châtiment des auteurs des assassinats k
commis depuis sur des sujets espagnols, » * jbl His Dans les instructions adressées à Sir Ch. Wyke, le 30 Ma Dates Rte 1861, le eomte Russell reconnait « qu'il n'entre pas dans à at ris, l'habitude du gouvernement britannique d'intervenir avec au- 2 Mars 1861. torité, quoiqu'il eût toujours maintenu le droit de le faire, en ea faveur de ceux qui ont bien voulu prêter leur argent aux gou- en vernements étrangers, et que les créanciers du gouvernement NUE "
mexicain ne font pas exception à la règle. Mais il justifie @ AVS l'intervention dans le cas qui se présentait, par le fait que le Lu gouvernement de Juarez avait fait des arrangements à la Vera: Dons Cruz, par lesquels les revenus des douanes devaient être affec- JE
tés, dans une certaine proportion, au remboursement des por- be teurs de titres. Quoique ces arrangements n'eussent jamais de qu
pris la forme d'un traité, les réclamations des sujets anglais Ar
n'en rentraient pas moins parmi les obligations internatio- Le a
nales. » +
L ! de Salig A propos des réclamations provenant des actes des gouver- 4+
duit ent
nements que Juarez avait déclarés insurrectionnels, le comte tosnnd f : 4 2 P A crpreta
Russell dit: «Le gouvernement de Sa Majesté ne tiendrait LU y principe Documents diplomatiques, 1861, p. 1238. légitime ? Jbid,, 1862, p. 198. (C'est la le montant nommé duns le traite ment l’ de Miramon du 10 Avril 1863, infra. ment un Sir J, Crampton au comte Russell, 15 Décembre 1861. nos inté
# No. 106, 37° Cong., DJ Segs., 11. of R. Ex, Doc. » Pe 188, 206 308, 291.
: l No.
LAWREN
RE [Part. Il.
ements déji
ipotentiaires IS, à 12 mil-
mations non-
que les ré.
lans le trait ité Zon-Al-
ster pour que manderait en 1S assassinats
*, le 30 Max re pas dans enir avec aue le faire, en rent aux goujouvernement ais il justifie le fait que le nts à la Verant être affecnent des porssent jamais njets anglais ns internatio-
s des gouver-
els, le comte
ne tiendrait
duns le traite
let 2 |
Chap. I.] DE L’ESPAGNE CONTRE LE MEXIQUE. 309
pas pour excuse, que le vol a été commis par le ci-devant guvernement, car quant à cette réclamation, de même qu'à wutes autres réclamations, le gouvernement anglais n'admettra pas que le parti qui a fait le tort soit seul responsable. La Grande-Bretagne ne reconnaît aucun parti de préférence jun autre, comme constituant la république dans ses rapports «ec les nations étrangères. Quel que soit celui des partis qui soit en possession du gouvernement, elle considère la réwiblique entière comme responsable du tort infligé à des sujets anglais, n'importe par quel parti ou par quelles personnes aiministrant à n'importe quelle époque le gouvernement. !
Les réclamations françaises et espagnoles étaient basées sur ke même principe, et le gouvernement de Juarez était rendu responsable des actes de Miramon, de même que de ses propres actes commis à l’époque où les deux chefs se partaæaient le territoire de la République, l’un gouvernant à la Yera-Cruz, l’autre à Mexico.
Dès la première conférence, tenue à la Vera-Cruz par les plénipotentiaires, un conflit éclatait à l'occasion des réclamations françaises relatives à ce qu’on a appelé la créance de la maison Jecker. Sir Charles Wyke se refusait absolument à prêter l’appui de la conférence à cette réclamation. On demandait, d’après lui, à Juarez la somme de 15 millions, pour
D 150,000 piastres prêtées à Miramon la veille de sa chute. Le
général Prim se rangeait à l’avis de Sir Charles Wyke, en disant qu'il ne pouvait se résigner à mettre l'influence de sa «noble et généreuse nation » et le sang de ses soldats au servise de «réclamations si injustes, »
Le ministre des affaires étrangères de : rance écrivit à M. de Saligny , le 28 Février 1862: «Le désaccord qui s’est produit entre vous a été amené, à ce qu'il m'a paru, par une interprétation forcée de la convention de Londres. C’est, dans le principe, à chaque puissance à apprécier seule ce qu'elle est légitimement fondée à réclamer. En ce qui concerne spécialement l’article III relativement à l'affaire Jeckér, il y a évidemment une distinetion à faire entre ce qui touche directement à nos intérêts, et ce qui y est étranger. Le gouvernement actuel
1 No. 106, 37° Cong., 2° sess., A. of R. Ex. Doc., p. 256.
LAwRENCE-W4EATON, ÎI, DE
Kesponsabilité du Mexique
de tout tort
infligé à des etrangers par les personnes administrant le gouvernement,
Le gouvernement de Juarez responsable des actes de Miramon,
Refus de l'Angleterre et de l'Esväagne de reconnaître la
créance
Jecker,
Le ministre des affaires étrangeres
de France
sur l'affaire Jecker, Le 2s Février 1362.
Note adres-
see par les alliés au
gouverne ment de
Juarez,
Réponse de Juarez.
Convention de la Soledad,
394 LES ALLIÉS ET LE MEXIQUE. [Part. IL.
ne saurait prétendre priver nos nationaux des avantages que leur assarait une mesure régulière prise par l'administration du général Miramon, par cette unique raison que cette mesure émanait d'un ennemi; mais nous serions mal fondés, de notre côté, à vouloir imposer ax gouvernement actuel des obligations qui ne découleraient pas essentiellement de sa responsabilité gouvernementale. » 1
Au lieu dan ultimatum précis et décisif, ne laissant place qu’à un refus ou à une acceptation, on adressa de la Vera-Cruz à Mexico une note collective qui était plutôt une démonstration
morale qu'un acte diplomatique. On n'avait pu s'entendre sm la présentation des réclamations européennes itarent l'ob-
jet immédiat de l'alliance, et on posait au gouvernement de Mexico cette question de réorganisation intérieure sur laquelli on s’entendait peut-être encore moins; on lui proposait (| suicider, et les plénipotentiaires s’offraient à être «les témoins et au besoin les protecteurs de la régénération mexicaine. Le gouvernement de Juarez répondit que le Mexique n'avait pas besoin de leur secnurs, que les alliés n'avaient ; rembarquer tout d’abord, et puis que les plénipotentiaire: juurraient se rendre avec une garde de deux mille hommes à Orizaba, cù on négocierait. ?
La convention de la Soledad, — convention que l'Angleterre approuvait absolument, que l'Espagne blâmait dans chacun: de ses clauses, pour la sanctionner dans son ensemble comme un fait accompli, et qui devint pour la France l’objet &un désaveu durement signifié — fut conclue le 19 Février 1862, entre les commissaires des alhiés et le ministre mexicain, le général Doblado. Elle laissait tout en suspens jusqu’au 15 Avril, jour où devaient s'ouvrir des négociations définitives. Elle ne reconnaissait pas précisément le gouvernement de Juarez mais elle partait de ce point que ce gouvernement possédait «les éléments de force et d'opinion pour se maintenir, et qu dès lors les alliés croyaient pouvoir entrer sur le terrain des traités, atin de formuler les réclamations qu'ils avaient à faire au nom de leurs nations respectives.» Cette convention auto-
l Documents diplomatiques, 1862, p. 162,
2 Revue des Deux Mondes, Juillet et Août 1862, p, 747— 700, — Annuaire des Deux Mondes
Chap.
risait
sur le Tehua chaîne
drapes (ruz € Ver les Es quent :
Mexiqn donner de Jua 10s des en aval projet de l’orc rage et Le gén soldats lUX ASS de chas Let commis.
pour la nissaire eier ave tés, en 1 passe ‘ommun Wvke se
ie romb:
prète à | L rd
hate du
ment di
duite, |
Ann
° Re ru:
[Part. II,
ntages que ninistration e cette mefondés, de actuel des t de sa res-
ssant place a Vera-Cruz monstration ntemlre sui nt l’obernement de sur laquelle posait dl «les témoins mexicaine.
ique n'avait aien!
itiaire: jour »mmes à Ori-
l'Angleterre lans chacun:
amble comme l'objet «un évrier 1862, xicaiu, le géd'au 15 Avril, res. Elle ne
de Juare’, nt possédait tenir, et que
terrain des raiant à faire rention auto-
Chap. I.]