DE L'UNION ENTRE LA RUSSIE ET LA POLOGNE
Éléments, § 19, tom. I, p. 53.
Histoire, 3* pér. § 1, 2, 3, tom. I, p. 333—342. — 4* pér. § 13,
tom. II, p. 110—122.
Il y a déjà longtemps que les révolutions polonaises occupent une place assez considérable dans l'histoire du monde. Nous ne nous proposons pas de remonter à l'époque où ce pays a été la terreur du Turc, le libérateur de Vienne, ni de discuter les prétentions surannées par lesquelles les États copartageants ont voulu justifier le dépouillement d'un voisin, en réclamant des conquêtes faites plusieurs siècles auparavant. Mais , pour mieux faire comprendre les efforts que l'on fait de temps à autre depuis plusieurs années pour rétablir l'autonomie et l'indépendance politique polonaises, nous croyons à propos de jeter un coup d'œil sur les institutions qui étaient institution» particulières à ce pays. Pologne*.
Ce fut Jagellon, déjà grand-duc de Lithuanie, qui, en devenant roi en 1386, réunit la Lithuanie, la Samogitie et une p» ys réuni-, partie de la Russie à la Pologne; mais ce ne fut qu'en 1569, Pologne et que la Lithuanie, la Russie-Blanche et l'Ukraine furent dé- ration de la finitivement incorporées au royaume. Mais les Russes , qui Je^uïlU. veulent justifier les partages faits par la Russie, la Prusse et l'Autriche, prétendent que, quoique ces provinces eussent été envahies par une nombreuse aristocratie polonaise et que plusieurs colonies polonaises y eussent été établies, la masse de la population était restée russe et avait continué à professer la religion orthodoxe (grecque-russe).
La couronne, quoique dite élective, dès l'avènement de quoique Louis, roi de Hongrie, en 1370, fut toujours gardée dans la ga^déedans même famille jusqu'à l'extinction des Jagellons en 1572. A ïamniT
288 RÉPUBLIQUE DE LA' POLOGNE. [Part. I,
partir de cette époque, elle devint purement élective. Il fut arrêté que toute la nation, c'est-à dire toute la noblesse, prendrait part à l'élection du roi : celle-ci avait lieu dans une plaine près de Varsovie, et tous les nobles s'y rendaient en armes. Lors de la première élection, le roi souscrivit aux pacta
Pacta cou- convcnta, qui établissaient comme principe qu'il existait, entre les gouvernants et les gouvernés, des obligations et des droits réciproques, et que la violation du contrat par l'une des parties dégageait l'autre de toute obligation.
Traité^ etc. Malgré le titre royal, la Pologne s'appelait république: les roi et do u traités et les autres actes publics se rendaient au nom du roi
republique
de Pologne, et de la république.
Diète poio- La diète polonaise n'était composée en principe que des prélats et de toute la noblesse. En 1404, Jagellon y appela les nonces ou députés élus dans les diétines tenues dans chaque palatinat, et pris parmi les gentilshommes ayant le droit de voter. La diète réunissait l'exercice de tous les pouvoirs suprêmes et néaumoins il était libre au dernier gentilhomme de paralyser ses résolutions, en leur refusant son suffrage. Ce qui influa beaucoup sur le sort futur de la Pologne , ce fut le Liberum liberum veto, d'après lequel l'élection du roi, et même les autres résolutions devaient être prises nemine contradieente. Ce règlement amena l'institution pratique de Confédérations ', deveuues si fréquentes dans les derniers jours de la république. 1
Rien de plus singulier que ces associations bizarres, révoltes organisées, anarchie quasi légale. Il y en avait de plusieurs sortes; les unes, formées du consentement du Sénat et de l'Ordre équestre, n'étaient, à vrai dire, que des diètes oû le
Conrédéia- veto était suspendu, car dans toutes les confédérations les décisions se prenaient à la pluralité des voix. Les autres étaient formées tantôt par la noblesse de quelque district, tantôt par l'armée. Presque toujours instrument d'ambitions personnelles, de rébellions, de jalousies et de haines, elles s'appuyaient sur la force, et comme il en existait d'ordinaire plusieurs à la fois, l'une d'elles finissait par l'emporter, en entraînant la majorité de la nation, et en faisant violence au pouvoir royal.
1 Dcfau, Duvergier et Ghadkt, Collection de constitutions, tom. IV,
Cbap. IL]