POLOGNE
[Part. I,
celui-ci rendit compte à sa cour, le prince Kaunitz fut convaincu qu'il fallait renoncer à l'alliance des Turcs, comme à tous les projets qui étaient fondés sur ce préalable: il comprit L'Autriche également qu'il ne pouvait plus empêcher le partage de la Po- ■JfiS IT logne, à moins d'attaquer, sans l'assistance d'aucun allié, la Prusse partage. et j a R uss j e en m & me temps. Il ne lui restait donc d'autre parti raisonnable, que celui de se joindre aux deux cours alliées, afin de participer au partage de la Pologne, et de maintenir par ce L'Autriche moyen l'équilibre entre ces trois puissances. Par suite de cette uu^T^auté résolution, lebaron'de Swieten fut chargé de proposer, au nom le part! "ge. de sa C0ur j ^ a signature d'un acte par lequel les trois cours promettaient d'observer une égalité parfaite dans le partage qui se ferait de la Pologne.
Traité du 4 Ce traité , signé le 4 Mars , entre les cours de Berlin et de lïîuîquTâ Vienne , fut incessamment communiqué à celle de St. Péters- S 'boutg. rs " bourg; l'impératrice reçut avec plaisir cette nouvelle importante. On se pressa ensuite d'égaliser le partage des trois cours; ce qui avait été réglé entre la Prusse et la Russie fut aussitôt communiqué à l'impératrice-reine; la cour de Vienne ne s'oublia pas dans son contre-projet. Il fallait se hâter de conclure, si l'on ne voulait pas renoncer à tout partage : d'autres puissances auraient immanquablement profité de cette méson craint intelligence, et toutes les peines qu'on s'était données jusqu'alors ,u uon en " auraient été perdues. Dans cette persuasion, le roi conseilla puissances, à l'impératrice de Russie d'accepter les conditions que la cour Triple con- de Vienne annonçait être son ultimatum; elle comprit combien
vention
signée à st. les moments étaient précieux , et rien n'y mettant plus d'em-
Pétorsbourg . #
te 5 Août pêchement, la triple convention des cours contractantes fut signée par leurs ministres à St. Pétersbourg, le 5 Août 1772. 1 M. Schœll dit que tout ce que le roi de Prusse a écrit sur cette négociation a été confirmé par les pièces authentiques Le comte do que le comte de Goertz a publiées en 1810. 2 Les trois traités firme tout ce sont uniformes, 3 à l'exception des noms des plénipotentiaires et de 4 de Prusse?' l'article qui trace les limites des cessions. Le traité entre l'Autriche et la Russie et celui entre la Russie et la Prusse se trouvent
1 Œuvres de Frédéric II, tom. V, p. 59, 60, 74, 75, 76, 77, 78, 79, 80, * Schœll, tom. XIV, p. 24.
8 Ibid., tom. XIV, p. 42.
Chap. II.]
PABTAGE DE 1772.
dans Martens. 1 On trouve aussi dans le même ouvrage les dé- Déclaration clarations des trois cours au sujet de leurs prétentions sur la Pologne.
L'empereur commença par notifier son mémoire au roi et au sénat de Pologne. Les cours de Russie et de Prusse ne tar- mit t*™dèrent pas à faire de même, et, au mois de Septembre 1772, les Polonais ne purent plus douter du concert des trois usurpateurs, qui exigèrent d'eux qu'ils fissent une cession régulière, Diète «n- Une diète fut convoquée pour le 19 Avril, et, malgré l'opposi- Ye'is aÏST tion de la majorité des députés pendant plusieurs jours, et mal- 17T " gré la fermeté du roi, il y eut enfin une pluralité de six voix pluralité dans le Sénat pour accéder aux demandes des trois cours. Dans dMB Jl &e " l'Assemblée, l'avis ne passa qu'à la majorité d'une voix, et pour L llvis pa , se obtenir ce consentement tardif, il fallut que les ambassadeurs menaçassent de livrer Varsovie au pillage et d'enlever la couronne au roi. La perte de population pour la Pologne ne s'éleva pas à moins de cinq millions. Pour enlever en outre aux Polonais tout espoir de se reconstituer, les cours firent adopter une coustitu- après le tion quidevait, croyaient-elles, les rendre impuissants à l'avenir. 2 partage -
Ces actes n'appelèrent de remontrances, ni de la part de l'Angleterre, ni de celle de la France. M. Harris (Lord Malmesbury), Dépêche de ministre d'Angleterre, écrivit le 1 er Mars 1772: «Au moment où j'allais fermer mon paquet, je viens d'apprendre qu'un traité de partage , disposant de diverses parties de la Pologne, a été signé à St. Pétersbourg le 15 du mois dernier. » Le 7 Avril, il écrit de nouveau: «J'ai de bonnes raisons pour croire que le traité relatif au partage de plusieurs districts polonais est revenu hier ici de Vienne avec les ratifications, et qu'avant peu toute l'affaire sera rendue publique. »
Lord Suffolk, ministre des affaires étrangères, répondant le Réponse du 26 Juin 1772, se contenta de mettre en doute les faits rapportés m affaires *" par M. Harris, qui ne s'accordaient pas, disait-il, avec les c ÏÂ"Se- 8 déclarations du ministre de Prusse. 11 ajoutait qu'il était inutile , '' ^re • de chercher à former des conjectures sur cette curieuse affaire.»
Lord Suffolk paraît avoir été fort satisfait de la réponse qu'il fit, au mois de septembre, aux déclarations qui lui avaient été remises par les ministres des trois puissances, et qui
1 Martens , Recueil de traités, tom. II, p. 89 — 109.
2 Delacroix, Constitutions des États de l'Europe, tom. I, p. 222.
l'Angleterre et la France
[Part. I,
6» réponse étaient relatives au partage de la Pologne. Voici ce qu'il hÎri^Iics disait: a Le roi veut bien supposer que les trois cours sont "sances'. 1 * convaincues de la justice de leurs prétentions respectives, quoique Sa Majesté ne soit pas informée des motifs de leur conduite. » « Ces expressions », dit il, « ont été pesées avec le plus grand soin, de façon à ne pouvoir impliquer la moindre disposition favorable à une pareille transaction, dont les résultats sont trop incompatibles avec la morale publique et la bonne foi pour ne pas mériter le blâme de Sa Majesté, bien qu'elle ne les considère pas comme ayant un intérêt immédiat qui doive motiver son intervention. » 1 pésir de Frédéric II nous a dit combien l'Autriche tenait à conserver de conwrver scs relations avec la France. Joseph et Marie-Thérèse étaient r«i*titini encore retenus en 1769 par les liens qui les unissaient à cette vtlVe. cour ; aussi, lorsque le cabinet de Vienne se fut décidé à prendre sa part d'une spoliation qu'il ne croyait plus pouvoir empêcher, le comte de Merci-Argenteau, son ambassadeur à Paris, fut-il chargé d'alléguer , pour principal motif de la conduite de sa cour, l'indifférence et le silence observés par le duc d'Aiguillon, successeur du duc de Choiseul. 2 Approba- Les traités dressés par les cours co-partageantes pour sancpâVne îux tionner les cessions ne furent revêtus de l'approbation du roi 'Novemhre 19 <l ue le 19 Novembre 1773. Les diètes de 1773 et 1774 ne * 1773 - ratifièrent le démembrement de la république et ne consentirent à modifier la constitution, qu'après que les ministres étrangers eurent pris la précaution de les faire con fédérer, afin qu'il Ratification suffit de la pluralité des voix pour faire adopter toutes les moyen des résolutions. Toutefois, ces actes consentis par des diètes conco ïo e n, e . ra " fédérées ne parurent pas offrir une autorité suffisante; en La diète conséquence on convoqua en 1778 une diète libre, où toutes
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donne sa les résolutions prises dans celles de 1773 et 1774 furent sanctionnées, du moins tacitement. 3
Une alliance, après avoir été offerte à plusieurs reprises
1 Diaries and Correspondence of the Earl of Malmetbury, vol. I, p. 69, 70, 78.
2 Revue des Deux Mondes, Septembre 1863, p. 62.
8 Dur au, Duvkrgibr et Guadet , Collection des constitutions, tom. IV, p. 42.
Chap. IL] DANS US PABTAOB DE 1772. 295
par la Prusse à la Pologne, fut conclue le 29 Mars 1790 1 et Alliance de une nouvelle constitution qui abolissait le recours aux confédé- avcc j a Po . rations, de même que le liberum veto, et qui rendait la cou- ^SS».*" ronne héréditaire dans la maison de Saxe, fut adoptée le 30 Mai 1791 avec la vive approbation de Frédéric- Guillaume IL constitution Celui-ci déclara que les traités de 1773 ne pouvaient être considérés comme un obstacle à l'établissement d'une nouvelle forme de gouvernement, que la garantie promise par les trois cours co-partageantes leur imposait l'obligation de conserver à la Pologne l'intégrité de son territoire, mais qu'elle ne leur donnait pas le droit d'intervenir dans ses affaires intérieures et d'empêcher les innovations jugées nécessaires.
Le parti parmi les magnats polonais, qui était opposé à la confédéranouvelle constitution, forma une confédération à Targovice en * gô'vice d* r " 1792, et l'impératrice de Russie déclara sa détermination de p Tu soutenir leur résistance. La diète nationale demanda l'aide KuMie de la Prusse, par suite du traité de 1790. Mais un autre AppeI , la changement avait eu lieu , pour nous servir des expressions de Pru8se - M. Wheaton, dans «la politique capricieuse de cette puissance.» Frédéric Guillaume II s'était réconcilié avec l'Au- ( triche et la Russie. Il répondit que l'établissement de la con- Refus de ia
stitution du 3 Mai 1791 étant postérieur au traité d'alliance, soutenir la le casus foederis ne s'était pas encore élevé , d'autant plus eoittttanoa. qu'il n'avait jamais approuvé ce changement, mais en avait, au contraire, prévu les suites malheureuses.
A la confédération de Targovice fut ajoutée une seconde confédération dans le grand-duché de Lithuanie, dans le sens de la première. Le roi et ses principaux ministres accédèrent le l« roi de 23 Juillet 1793 aux confédérations, qui se réunirent le 29 Oc- 'eèSTto 5" tobre à Grodno. Le 6 Janvier 1793, le ministre de Prusse Confedéraremit une déclaration du roi, portant que les principes démocratiques et révolutionnaires répandus dans cette partie de la Pologne, et les liaisons que plusieurs habitants entretenaient La plus avec les Jacobins de France, le forçaient à mettre ses états à ti e de la Pocouvert de leurs machinations, et il ajouta que cette mesure pée e ie C 24 avait été concertée avec les deux cours impériales. Les JÏJ JJJ 3 troupes occupèrent, dès le 24 Juin, la plus grande partie de la tro 8 U i?nn?I. u *
1 Mabtbns, Recueil, tom. HT, p. 161.