NÉGOCIATIONS DE VIENNE
polonaises qui le formaient, entre l'Autriche, la Prusse et la Russie, d'après les arrangements à prendre par ces trois puissances, sans aucune intervention du gouvernement français. 1
Lors du traité de Paris, l'empereur Alexandre manifesta la Disposition»
favorables de
plus haute volonté de reconstituer l'ancien royaume de Po- lempereur logne. Par un article additionnel, il avait stipulé que la exan<re - France paierait toutes les dettes et arrérages des sujets de Lithuanie ou du grand- duché de Varsovie; il annonçait la fusion de toutes les anciennes provinces polonaises détachées Toutes les
provinces
depuis le partage de 1772, pour ne plus former qu'un seul polonaises
1 r * . détachées de-
royaume de Pologne. « S'il ne pouvait accomplir cette pensée pui< \m.
.«».,,.. formeront un
immédiatement, c est que ses engagements avec 1 Autriche et la ro^mime de Prusse ne permettaient pas de leur demander impérativement ° ,ogne ' les provinces cédées dans les divers partages. » 2
A Vienne comme à Paris, l'empereur Alexandre avait montré un vif intérêt pour la Pologne. Maître du grand-duché de Varsovie que ses armes occupaient, l'empereur Alexandre voulait y rattacher toutes les anciennes provinces polonaises pour en faire un royaume annexé à la Russie. Rien n'était plus simple pour l'empereur que de rattacher la Lithuanie, alors fort dévouée à ses idées; mais pour former un royaume de Pologne, il fallait obtenir les provinces cédées à la Prusse par le ce qu ii partage de 1772, et demander à l'Autriche la rétrocession de constituer un la Galicie; il fallait surtout violer un des articles du traité de tel rûyauœe - Kalisch, du 28 Juin 1813, qui stipulait le partage entre les trois puissances du duché de Varsovie.
Le roi de Prusse avait autorisé des négociations pour échan- Proposition ger sa part du grand-duché de Varsovie contre la Saxe, alors iriHfJi'e* occupée par l'armée russo-prussienne. c °saxe. la
Le prince de Hardenberg dit dans le mémoire secret qu'il communiqua, le 7 Novembre 1814, à Lord Castlereagh, que l'empereur était prêt à donner aux Polonais toutes les garanties imaginables, et particulièrement pour leur part à l'ancienne Pologne; qu'il ajouterait au nouveau royaume toutes les provinces russes autrefois polonaises; qu'il lui donnerait une constitution qui le séparerait de la Russie et retirerait toutes les
1 Capefioite , p. XII.
2 lbid., p. xxxiii.
de Pologn faisant par lie de la
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troupes rnsses , sans exception, derrière les limites de ce nouveau royaume.
«Décidons-nous donc», dit-il, «à déclarer sans détour à l'empereur qu'en renonçant à l'article secret du 15/26 Janvier 1796, nous consentirons au rétablissement d'un royaume de Pologne séparé de l'empire russe, auquel il joindrait toutes les provinces russes ci-devant polonaises et donnerait une constitution à part, pourvu qu'il veuille se prêter à un arrangement territorial qui puisse nous contenter, et qu'il nous garantisse nos États polonais. » 1 Lord Castle- Lord Castlereagh s'opposait itérativement et avec force, huropSiM au nom de sa cour, à l'érection d'un royaume de Pologne, qui fût uni, et qui fît partie de la couronne impériale de la Russie — le désir de sa cour étant de voir une puissance indépendante, plus ou moins considérable en étendue, établie en Pologne, sous une dynastie distincte et comme un État intermédiaire entre les grandes monarchies (note du 18 Octobre 1815). 2 M A range h à Cette 0 P inion de Lord Castlereagh, l'Autriche l'adoptait Lord"cMt?e e - pl einement > et M - de Metternich déclarait « que loin de conreagh. sentir à la réunion de Varsovie à la Russie, il était plutôt disposé à concourir, par des sacrifices, à l'entier rétablissement de la Pologne comme royaume indépendant. » s Louis xvni Bien que la restauration dût beaucoup à l'empereur de Rus- "coX^eT sie, Louis XVIII n'hésita pas à se prononcer contre ses idées w Sisie. 1 * sur la Pologne. « D'abord la Russie ne veut pas le rétablissement de la Pologne pour perdre ce qu'elle a acquis, elle le veut pour acquérir ce qu'elle ne possède pas. Or, rétablir la Pologne pour la donner tout entière à la Russie, pour porter la population de celle-ci en Europe à quarante-quatre millions de sujets, et ses frontières jusqu'à l'Oder, ce serait créer pour l'Europe un danger si grand et si imminent, que, quoiqu'il faille tout faire pour avoir la paix, si l'exécution d'un tel plan ne pouvait être arrêtée que par la force des armes, il ne faudrait pas balancer un seul moment à les prendre. » Pour ce qui était de l'établissement d'une Pologne indépendante, Louis XVIII dit: « Il serait désirable que le roi de Saxe, déjà souverain du
1 Capefioub, p. 406.
a Ibid.y p. I.
a Ibid., loc. cit.
Chap. IL] ROYAUME DE POLOGNE. 303
duché de Varsovie, dont le père et les aïeux ont occupé le Louis xvii trône de Pologne et dont la fille avait été appelée à porter le ïSSSï sceptre polonais en dot à son époux, fût fait roi de Pologne. f En exceptant le cas où la Pologne pourrait être rétablie dans une indépendance entière de chacune des trois cours co-partageantes, la seule proposition admissible et la seule à laquelle le roi pourrait consentir, c'est (sauf quelques rectifications de frontières) de tout rétablir en Pologne sur le pied du dernier partage. » 1