‹ Commentaire sur les Éléments du droit international, et sur l'Histoire des progrès du droit des gens de Henry Wheaton. Précéde d'une notice sur la carrière diplomatique de M. Wheaton (volume 4)Chapitre 13 sur 138 · I. ANTÉCÉDENTS · texte numérisé non relu

I. ANTÉCÉDENTS

par les assemblées législatives locales, qui se refusaient à reconnaître, même en pleines hostilités, qu'il y eût des causes suffisantes pour la guerre, et qui justifiaient les actes de la Grande Bretagne, comme des représailles envers la France, mais encore lors des victoires de notre jeune marine on alla jusqu'à en répudier les glorieux exploits, comme ne devant pas recevoir l'approbation d'un «peuple moral et religieux», ciiision Les autorités fédérales en vinrent aussi à une collision directe versement avec celles du Massachussetts, du Rhode Island et du Con- ^laîî^e' t necticut. Les gouverneurs de ces États s'arrogeaient le droit A ^KSJî. de déterminer par eux-mêmes, même en temps de guerre étrangère, les exigences qui autorisaient l'appel sous les armes de la milice, et refusaient de permettre que celle-ci fut placée sous les ordres de l'officier des États-Unis qui commandait les troupes régulières dans le département militaire. Le caractère inconstitutionnel de ces prétentions devait évidemment détruire le but dans lequel le gouvernement fédérai avait été établi, c'est-à-dire l'unité nationale dans nos rapports avec l'étranger.

Ce fut un des derniers actes de M. Wheaton alors qu'il était convention attaché à la Cour Suprême des États-Unis, d'avoir à rapporter * Ha " fnn1, la décision de ce tribunal dans ce sens. (Wheaton's Reports vol. XII, p. 29. Martin vs. Mott.) Ces prétentions avaient été, à l'époque même, habilement dénoncées par lui dans les colonnes de son journal. Son devoir fut aussi d'y faire ressortir le caractère très-repréhensible de la convention des délégués de quelques-uns des États de la Nouvelle Angleterre, tenue sur l'invitation du Massachussetts à Hartford, en 1814, et qui menaça même l'intégrité de l'Union. (Annual Regiiter 1814, p. 193.) Les nouvelles de la conclusion de la paix, arrivées presque en même temps que l'ajournement de cette Assemblée, rendirent toutefois la convention entièrement inoffensive.

Il est à noter que ces mêmes États , dont la loyauté était sujette à caution dans une guerre étrangère, ont été dans notre guerre civile, précisément les plus ardents à poursuivre une lutte fratricide. Même aujourd'hui (1867), il ne s'agit de rien moins que de l'anéantissement de la souveraineté intérieure des États , souveraineté qui fut si exagérée dans la guerre de 1812, par les gouverneurs de ces mêmes États de la Nouvelle Angleterre , et de Tassujétissement com-

NOTICE SUR M. WHEATON.

plet des États dernièrement sécédés, au pouvoir central, comme provinces conquises. (Voir Part. I, chap. a, § 24; Part. IV, chap. iv, § l.)

Qucstimi^de i) es questions de droit maritime étaient fréquemment discutées timcs. dans «VAdcocate» , et ce fut dans ses colonnes que parut d'abord l'opinion du Juge Story, déclarant l'illégalité des licences ennemies. Ce sujet attira beaucoup l'attention publique, vu l'extension qui avait été donnée alors à celles-ci dans le but d'approvisionner les armées anglaises dans la péninsule espagnole. (Voir Part. IV, chap. i, § 23.

M. Wheaton jouissant de la confiance des membres du cabinet, son journal était souvent choisi comme intermédiaire pour instruire la nation des vues de l'Administration. Après la conclusion de la paix, l'Attorney Général, M. Pinkney, lui exprima la gratitude de ses collègues pour l'assistance qu'il avait habilement prêtée au gouvernement. Il fit aussi un éloge spécial des articles publiés par lui sur le traité, articles que cet éminent jurisconsulte, déclare être « aussi bien que l'on pouvait le désirer. »

guenons Ce n'était pas seulement aux affaires américaines que se européen ne*. bornaient i es q Ues tions traitées par aVAdrocate». La connaissance que M. Wheaton avait de l'Europe , ses rapports avec les hommes qui étaient le plus au courant des événements qui s'y passaient, y compris le ministre français, M. Serrurier, dont il était un des correspondants, mettaient ce journal à même de suivre les différentes phases de la grande lutte engagée, qui était destinée à changer entièrement l'édifice de l'organisation européenne. Sa pénétration avait prévu la prépondérance permanente que l'empereur Alexandre préparait déjà à la Russie dans les affaires de l'Europe. Il démontrait aussi, comment l'accord de l'empereur avec nous, sur les questions maritimes , avait été la cause du refus de la Grande Bretagne d'accepter, dans la guerre avec les États-Unis, la médiation que celui-ci offrait, et quoiqu'elle fût son alliée dans les affaires continentales/dont semblait dépendre la destinée de l'un et de l'autre. Tandis qu'il était engagé dans ses devoirs de journaliste, il judge Advo- fut nommé Judge Advocate de l'armée. La confirmation

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■»**. unanime de cette nomination, le 26 Octobre 1814, lui fut annoncée par les lettres de deux sénateurs distingués, et le véné-

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