‹ Commentaire sur les Éléments du droit international, et sur l'Histoire des progrès du droit des gens de Henry Wheaton. Précéde d'une notice sur la carrière diplomatique de M. Wheaton (volume 4)Chapitre 19 sur 138 · ANTÉCÉDENTS · texte numérisé non relu

ANTÉCÉDENTS

de son côté : « Je vous remercie du savant discours sur le Droit international, que vous avez bien voulu m'envoyer. Je suis d'accord avec vous sur presque tous les points, et surtout, sur ce qui a rapport au caractère lacédémonien. Comment il s'est fait qu'une pareille tribu ait pu exciter l'admiration de l'univers, c'est ce que je n'ai jamais pu comprendre. Comme nation, je ne puis que les mettre au niveau de nos Indiens américains, et je trouve queLogan, Tecumseh, et la Petite Tortue (Liltlc Turtlc), valent bien leurs Brasidas, leurs Agésilas , etc. On a toutefois peine à concevoir qu'une telle horde ait pu rester si longtemps sans civilisation , étant à proximité d'un peuple aussi cultivé que les Athéniens , sans lesquels leur nom même serait resté inconnu. Tout le bien que l'on peut dire d'eux, c'est qu'ils étaient courageux comme des boule-dogues. »

Le Chief Justice Marshall écrivit ainsi à l'auteur: «Je ne vous ai pas remercié , pendant que vous étiez à Washington, pour le discours que j'ai reçu de vous, ni pour votre Digeste sur les décisions de la Cour Suprême, n'ayant pas trouvé alors le temps de les examiner. Depuis mon retour ici, j'ai lu le premier avec un sensible plaisir, et j'ai parcouru le second avec beaucoup de satisfaction. Quelque avancés qu'aient pu être les anciens dans quelques-uns des Beaux-Arts, je trouve que vous prouvez très-clairement, qu'ils nous étaient bien inférieurs en droit international, — droit qui contribue plus au bonheur de l'humanité, que toutes les statues taillées par le sculpteur et tous les tableaux jetés sur la toile par le peintre. Je n'entends certes pas déprécier les arts. J'admets leur importance, et je conviens qu'ils façonnent et embellissent la vie et les mœurs, mais ils doivent céder le pas à ces lois morales qui règlent les rapports de l'homme avec l'homme. Hugo Grotius vous est redevable de sa défense et de celle de ses citations.» (Chief Justice Mabshall à M. Wheaton, 24 Mars 1821.)

Le Chancelier Kent qui , lors d'une cause dans laquelle M. Wheaton était avocat, et dont le jugement reposait sur l'interprétation de la loi française sur le mariage (De Couche v. Savetier, Johnson's Chancery Beports, vol. III, p. 211), avait eu occasion de le remercier vivement de l'éclaircissement lucide, donné dans son plaidoyer, sur la communauté des biens dans le mariage, éclaircissement que, d'après le Chancelier, M.

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Wheaton lui seul, de tous les membres du barreau, était capable de fournir, écrivit à l'auteur en lui accusant réception de son Discours : « Il n'y a personne (à moins que ce ne soit notre ami commun, et maître dans la jurisprudence, le juge Story) , qui eût pu traiter cette question avec autant d'érudition et de jugement. C'est un sujet tout à fait de mon goût, et auquel je m'intéresse vivement. Soyez bien convaincu que je sens dans toute leur force les grandes obligations que nous vous devons tous pour vos efforts professionnels , que tant de talents accompagnent. »

On se souviendra ici que le Droit des Gens est une branche de ces « Commentarks on American Law» % qui sont aujourd'hui, pour tout étudiant de la science aux États-Unis, ce qu'était autrefois Blackstone. De plus, le nom de Kent est associé à celui de Wheaton, soit dans notre propre pays, soit à l'étranger, comme autorité sur le droit international.

Le Président Madison fait de grands éloges d'un autre discours, prononcé par M. Wheaton en 1825, à l'ouverture du «New-York Athenœum», et le qualifie de «modèle élégant d'observations judicieuses et intéressantes. » ti^luïVe- M - Wheaton contribua fréquemment aussi aux revues pév, d" H Ss rio * riodiques; celles-ci, dirigées tant à Boston qu'à Philadelphie par des hommes de talents reconnus et d'une réputation personnelle méritée, jouissaient d'une grande considération parmi le public.

Des écrivains supérieurs, tels qu'Edward Everett Jared Sparks * et Robert Walsh 3 s'étaient assurés la collaboration de plusieurs des hommes les plus éminents de l'Union , et les Quaterlies des États-Unies auraient pu à une certaine époque

1 Edward Everett, né en 1794, mort en 1865, ancien Président de Harvard University, a occupé les emplois les plus importants pendant sa vie, ayant été gouverneur de l'État de Massachusets, représentant et Sénateur au Congrès, ministre a Londres, et Secré-

taire d'Etat

5 Jared Sparks, né en 1794, mort en 1866, avait été Président de Harvard University, et est bien connu comme historien de la révolution américaine, et comme celui qui a recueilli les écrits de Washington.

3 Robert Walsh, rédacteur de V American Quarterly, et le plus connu parmi les devanciers des littérateurs américains, est mort en 1859, âgé de 75 ans, a Paris où il résidait depuis 1837.

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