II. MISSION A COPENHAGUE
avec les duchés de Schleswig, de Holstein, et de Lauenburg, sujet qui après avoir menacé pendant des années de troubler la paix de l'Europe vient de se terminer (1866) par l'absorption des pays en litige par la Prusse victorieuse. M. Wheaton s'était aussi rendu maître, en peu de temps, de la linguistique danoise, au point de pouvoir faire paraître parmi ses écrits pour la presse américaine une notice sur la grammaire du Professeur Rask.
Le Droit public du Danemarck fut suivi, bientôt après, d'un Essai sur la mythologie, la poésie et l'histoire du Nord, dans lequel il indique les sources pour les matériaux d'une histoire des premiers temps des royaumes gothiques ou teutoniques de Norvège, de Suède et de Danemarck. M. Wheaton continua à passer en revue les anciennes lois de l'Islande, de môme que la langue et la littérature anglo-saxonne , tout en s'arrêtant, en passant, aux antiquités d'une contrée et d'un peuple tout différents , antiquités révélées au monde par l'explication des hiéroglyphes due aux découvertes de Champollion, et que son ami , le Professeur Rask , avait contribué à dégager des ténèbres. Tous ces articles forment un prélude approprié à l'ouvrage classique qui parut en 1831 à Londres et à Philadelphie, sous le titre «History of the Norihmcn, frotn the «Hutory of earliest Urnes to the conquest of Evgland, by William of men». Normand?/)). Cet ouvrage, lors de sa publication, fut mentionné avec éloges dans les principaux journaux de l'Europe et de l'Amérique. Le compte rendu qui en fut fait dans le mNorth American » est dû à la plume de son compatriote Washington Irving.
Ce livre prit tout d'abord rang parmi les ouvrages classiques de la langue, M. Guillot le fit connaître aux lecteurs du continent par la traduction française qu'il en fit, après que ce livre eût été encore enrichi parles nouvelles recherches de M. Wheaton. L'auteur avait mis à profit les matériaux que lui fournit la publication, faite en Danemarck, des Sagas d'Islande, et aussi «îvupu* du les travaux de Magnussen. Cette édition qui eut une notice duction Iran- Spéciale de l'Académie Française, et que M. Wheaton, à ÇiûiS? l'époque de sa mort, se préparait à faire publier en anglais avec les additions qui y avaient été faites, était surtout intéressante
NOTICE SUR M. WHEATON.
pour les étudiants des États-Unis à cause des lumières qu'elle jette sur les découvertes des Scandinaves en Amérique, dont le livre soutient l'authenticité.
Le baron de Uumboldt, philosophe et voyageur, dont nous Lettre .ie aurons encore occasion de parler, comme de l'ami personnel if . Guiiiot. et de l'associé intime du roi de Prusse en même temps que de notre auteur, écrivit ainsi au traducteur, M. Guillol : «L'histoire des Peuples du Nord, est devenue, grûce aux importantes additions de l'auteur, comme aussi grAce à vos soins et à votre pénétration, un ouvrage bien différent de celui qui déjà, dans sa forme primitive, avait obtenu le succès le plus mérité. C'est un spectacle , digne du philosophe , que cette civilisation réfugiée, abritée, noblement agrandie dans un réduit du monde polaire, — que cet aspect d'une colonie insulaire étendue sur un continent voisin , si différent par sa nature et des colonies Helléniques et de celles qui se rattachent aux besoins un peu prosaïques des siècles industriels. Je mets un double prix au don que vous avez daigné me faire, Monsieur, à l'intérêt qu'inspirent des recherches, dont vous avez exposé la valeur dans la préface de l'ouvrage , avec autant de goût que de sagacité, où l'importance historique se joint à la haute estime que dans ce pays on professe, à la cour et dans les cercles littéraires, pour l'habile et vertueux diplomate que je suis fier de compter parmi mes amis les plus intimes. Citoyen de l'Amérique tropicale, je peux m'enorgueillir de l'amitié d'un grand citoyen des États-Unis. Cette profession de foi est permise sur la colline très-monarchique et très-historique que j'habite. » (Le Baron Alexandre deHumboldt à M. Guillot, Sans Souci, 12 Juin 1844.)
Dans une note adressée à M. Wheaton , M. de Humboldt disait aussi: «Votre excellent ouvrage historique, augmenté de votre 'Scandinavie', aura auprès du Roi, tout l'attrait et tout le succès de la nouveauté. Je désire vivement que le roi offre au traducteur son image dans la grande médaille d'or, destinée aux travaux méritoires dans les sciences et les arts. »
D'autres ouvrages, fruits de ses études historiques à Copenhague , parurent aussi après qu'il eût quitté le Danemarck. « The liïstor?/ of Scamlinavia» (Histoire de la Scandinavie)