III. MISSION EN PRUSSE
république, ainsi que sa satisfaction des mesures prises par le Président pour préserver notre neutralité dans les troubles du Canada , dont les conséquences pouvaient affecter nos intérêts. Je pris sur moi d'assurer Sa Majesté, que les États-Unis ne dévieraient en aucun cas de leurs principes, fermement établis, de non-intervention dans les affaires intérieures de leurs voisins , tant que nos propres droits et nos intérêts nationaux ne seraient pas lésés. » (M. Wheaton au Secrétaire d'État , 31 Janvier 1838.)
M. Wheaton put aussi communiquer à son gouvernement les véritables sentiments de l'Angleterre à notre égard, grâce à la confiance que lui témoignait le baron de Werther. Celuici lui communiqua une dépêche du ministre prussien à Londres, d'après laquelle notre parfaite bonne foi dans les affaires canadiennes n'était pas mise en doute, l'Angleterre ayant exprimé cette conviction aux ministres des autres puissances. (Du même au même, 23 Mars 1838.)
Un des derniers actes officiels de M. Wheaton fut de corn- Déclaration
de guerre
muniquer au gouvernement prussien notre déclaration de guerre ggjj* contre le Mexique et le blocus qui en fut la conséquence. Il fit savoir que le blocus proposé ne donnerait aucun sujet légitime de plainte aux États neutres , attendu que ce ne serait pas ce que l'on appelle un blocus sur papier, et que l'on se proposait de le rendre effectif, en investissant les ports avec des forces navales suffisantes. Il ajouta que nous professions, au sujet des droits des neutres, les mêmes principes qui avaient été maintenus et observés par la Prusse depuis le règne de Frédéric le Grand et que nous désirions ardemment rester d'accord avec nous-mêmes sur ces questions, en accordant, comme belligérants, la même mesure de justice internationale aux autres, que nous avions réclamée d'eux, lorsque nous étions neutres. A cette dépêche qui rendait compte de la manière dont il avait procédé en cette circonstance, se trouvaient joints des extraits des « Recherches sur le Droit international maritime » (Ilcscareltes on Maritime International law), de Reddie, et des « Règles internationales et Diplomatie de la Mer » par Ortolan, ouvrages cités fréquemment dans le cours de ces remarques et dans nos notes, et qui étaient alors les plus récentes autorités anglaise et française sur ces points de
NOTICE SUB M. WHEATON
droit maritime. (M. Wheaton au Secrétaire d'État, 27 Mai 1846.)
Politique «u- Dans une notice de la nature de celle-ci, il est impossible
ropéenne.
de faire même une analyse des dépêches de Berlin sur les questions générales de la politique européenne. Lorsque la mission de M. Wheaton commença, l'agitation, résultant de la Révolution française de 1830, n'avait pas encore cessé, et nous pouvons découvrir dans l'insurrection prématurée de la Pologne, dans les mouvements qui avaient lieu en Prusse et dans les autres États de l'Allemagne, ainsi que dans les efforts faits par les souverains pour satisfaire, par les concessions les plus minimes, aux réclamations des nations, le germe des démonstrations qui eurent lieu plus tard dans toute l'Europe. Les questions provenant de la division du royaume des Pays- Bas — création du Congrès de Vienne — par la séparation de la Belgique de la Hollande, résultant de la révolution de Bruxelles, édition en miniature de celle de Paris, et à laquelle le roi de Hollande résista avec obstination , ainsi que celles issues de la controverse qui accompagna ces événements, embrassant aussi les questions relatives au démembrement du Luxembourg, dans lesquelles la Diète de la Confédération Germanique se croyait le droit d'intervenir, ne furent définitivement résolues qu'en 1839. Dans l'intervalle, il y eut des conférences continues des ministres des cinq grandes puissances, qui avaient entrepris, déjà en 1831, d'arranger un traité pour la Hollande et la Belgique. M. Wheaton a donné des détails trèsintéressants sur la question Hollando-Belge, dont dépendit longtemps la paix de l'Europe. Nous les avons cités ailleurs. (Voir Éléments, Part. Il, chap. i, §11; Histoire, 4 e Période, g 27.) N«Uuuaiit« L a nationalité polonaise était un des faits que l'on crovait
polonais.-. r
admis, même après le partage de son territoire, confirmé à Vienne. Mais les assurances qui avaient été données à cet égard et qui ne reposaient sur aucune garantie sérieuse étaient destinées à être illusoires. En 1832, le royaume de Pologne avait été politiquement englobé dans l'empire russe. Le sort définitif de Cracovie qui acheva la destruction de la république, ' ne fut finalement fixé qu'après que M. Wheaton eut envoyé ses dernières dépêches. Celle* de 1836 nous apprennent toutecwovïe. f 0 i s q U ' a cette époque le ministre des Affaires Étrangères de la