‹ Commentaire sur les Éléments du droit international, et sur l'Histoire des progrès du droit des gens de Henry Wheaton. Précéde d'une notice sur la carrière diplomatique de M. Wheaton (volume 4)Chapitre 47 sur 138 · III. MISSION EN PRUSSE · texte numérisé non relu

III. MISSION EN PRUSSE

occupent un grand espace dans les colonnes du journal de Washington , qui publiait les transactions de la Société. Ses écrits embrassent aussi la géographie physique de Humboldt, les écrits de Diderot et la géographie de l'Afghanistan, ainsi Giu-rre dans que la guerre qui sévissait alors (1842) dans l'Asie Centrale. \îiun." D'après M. Wheaton, le but premier des Anglais dans cette guerre avait été de se créer une influence prépondérante dans cette région, et par là, de se préserver du danger fortuit qui pouvait s'offrir pour eux, s'ils permettaient aux agents russes d'obtenir sur les Afghans une influence telle, qu'elle pût être employée plus tard à faire de ceux-ci, en même temps que des Perses, des instruments d'attaque contre les possessions

Ancillon, Werther, Bulow et Canitz, successivement mi- s™ relation* nistres des Affaires Étrangères , étaient personnellement ses "S rendes'" amis; il en était de même du Chevalier Bunsen, encore mieux Étrangère* connu comme membre de la république des lettres, que comme ,le la prusse le représentant distingué de la Prusse à Londres. Le chevalier, en lui présentant un des professeurs de l'Université, alors occupé à écrire un manuel sur le Droit des gens, lui dit, que celui-ci « savait pleinement apprécier l'importance qu'il y avait, pour lui et pour sa science, à avoir accès auprès d'une des premières autorités européennes sur plusieurs des questions les plus intéressantes du droit international. »

M. Wheaton avait aussi des relations intimes avec ses col- Avec ie corps lègues du corps diplomatique, Lord William Russell, ministre tique. d'Angleterre, et frère du ministre d'État, le baron de Meyendorf, Envoyé de Russie et M. de Bresson, longtemps le représentant de la France. La correspondance familière de ceuxci prouve que ses rapports avec eux étaient tels qu'ils doivent exister naturellement entre des hommes éclairés et placés sur une même ligne, sous le rapport du talent et de la position sociale. Il était aussi en correspondance avec Sir Robert Adair, le diplomate vétéran, dont les premiers pas dans la carrière publique dataient de la révolution américaine, et qui était ministre à Berlin à l'arrivée de M. Wheaton. A l'occasion de l'envoi qu'il lui faisait d'une copie de la relation de son ambassade à Vienne, en 1806, Sir Robert citait un fait qui lui avait été communiqué par M. Fo*Hui-même. Celui-ci lui aurait dit

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NOTICE SUR M. WHEATON.

qu'il n'avait consenti à faire partie du ministère qui remplaça celui de Lord North, que sur la garantie qui lui avait été donnée de la reconnaissance immédiate et sans réserve de l'indépendance des États-Unis , et qu'il fut plus tard amené à donner sa démission par le fait que Lord Shelburne, devenu premier ministre à la mort du marquis de Rockingham, avait expédié à Paris M. Oswald, pour l'affaire des négociations, prétendant que comme ministre de l'Intérieur (Home Department) , l'Amérique était de son département qui embrassait à cette époque les colonies. M. Fox y avait envoyé de son côté M. Grenville. (Voir à ce sujet Sparks's Diplomatie Correspondenee of the Ameriean 1i évolution, vol. III, p. 378 et seq.) Membre de Ce ne fut pas seulement avec ses confrères de profession dw!sc!e!û'e* ( l ue M - Wheaton se trouva associé. Seul, parmi le corps diplo- »eî dations niati( l ue > >1 avait été élu un des quinze membres étrangers de tants'et ïes l' Académie Royale des Sciences, dont le nombre était limité à "pî-'ulsien" ce cniffre - 11 avait P° ur collègues résidents, outre Alexandre de Humboldt, dont les connaissances sans égales dans la science physique étaient universellement reconnues, Ritter, distingué dans la géographie, Buch et Lichtenstein dans l'histoire naturelle, Encke dans l'astronomie, Rose etMitscherlich dans la chimie, Savigny et Eichhorn dans la jurisprudence, Raumer et Ranke dans l'histoire, Schelling et Steffens dans la philosophie, Boekh dans la philologie et Bopp, dans la langue et la littérature sanscrites.

M. Wheaton avait reçu, pendant les vingt années qu'il avait passées dans la diplomatie , les assurances les plus flatteuses sur la manière dont il s'était acquitté de ses devoirs , de tous ses rapports les Présidents qu'il avait servis, comprenant JVI. John Quincy sidents et les A (In m s . le général Jackson, M. Van Buren (qui avait été aussi

Secrétaires . » . , «. nV> n«

d Ktatamè- son chef immédiat, étant Secrétaire d Etat, et son collègue comme ministre à Londres), le général Harrison et M. Tyler. Sa conduite avait été également approuvée par tous ceux qui avaient été chargés du Département d'Etat. Outre M. Van Buren, c'étaient MM. Clay, Livingston (auteur du code de la Louisiane, dont il se rapprochait par une similitude de travaux, comme homme de lettres et comme juriste) M c Lane, Forsyth, Webster, Legaré, Nelson, Upshur et Calhoun.

Ce fut à l'apogée de sa célébrité et lorsqu'il pouvait espérer

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avec justice d'être transféré à l'une des grandes cours de Paris Démission

forcée dfl M.

ou de Londres , où son expérience et ses aptitudes spéciales wheaton. auraient pu être plus utiles à son pays, qu'il fut informé par le Secrétaire d'État, M. Buchanan, de l'intention qu'avait le Président Polk de mettre fin à sa mission et de lui donner un successeur. La seule faveur que l'on proposait de lui accorder, était qu'il allât au-devant de son remplacement, en offrant lui même sa démission.

La lettre suivante, en date du 15 Mai 1836, écrite par M. f-* système

diplomatique

Wheaton à un ami, pendant l'Administration précédente, dont ce dernier possédait la confiance, détaille ainsi les défauts de notre diplomatie: «Le cabinet autrichien est sur le point de former une nouvelle union commerciale avec les États du Nord et du Centre de l'Italie, et il serait du devoir de notre ministre à Vienne de veiller à ce mouvement et de le faire tourner à notre avantage. Si M. Calhoun avait pu voir, de ses propres yeux, comment nos affaires ont été mal gérées depuis des années dans les différentes cours européennes, par ignorance des formes officielles et de cette langue qui est la langue universelle de la diplomatie, sans laquelle un diplomate pourrait tout aussi bien être sourd et muet, et aussi par le manque de cette expérience, qui dans notre profession, aussi bien que dans toute autre, donne un avantage décidé à ceux qui la possèdent, il se convaincrait de l'importance qu'il y a à faire occuper les principales missions, au moins, par des hommes qui possèdent ces qualités. Du moins, ceux qui réunissent les qualités voulues devraient être employés, là où ils peuvent rendre le plus de services , tandis que les incapables devraient être supplantés sans égard à la faveur et à la partialité. Ceux qui auraient servi le pays fidèlement et habilement devraient être encouragés et transférés d'une cour à une autre, ce qui constitue le seul avancement que notre système comporte. Le seul moyen de compenser les appointements insuffisants, alloués sous notre système , serait de voter de nouveaux frais d'installation pour ceux qui les auraient mérités, toutes les fois que l'intérêt du pays justifierait et demanderait leur translation à un autre poste. Telle est ma manière d'envisager les choses; elle est le résultat de beaucoup d'observation et de réflexion. «Je crois qu'il y a encore beaucoup à faire pour avancer nos

NOTICE SUR M. WHEATON.

intérêts politiques et commerciaux en Europe et rien ne me vexe davantage , que d'entendre dire à un ministre américain, quelle que soit la cour à laquelle il est accrédité, 'il n'y a rien à faire ici', ou, 'rien ne peut se faire'. Je ne connais pas de poste , qu'il soit important ou non , qui ne puisse offrir à un agent zélé, actif et habile, l'occasion de faire quelque chose pour les intérêts de son pays. Mais c'est surtout aux cinq grandes missions de Londres, de Paris, de Vienne, de Berlin et de St. Pétersbourg, que des ministres accomplis et expérimentés seraient indispensables, en admettant qiïon pût en tram er de semblables. »

Quoique nos missions étrangères soient généralement consisidérées comme des postes diplomatiques transitoires , on avait espéré toutefois , que l'importance qu'il y avait à se prémunir contre les situations inattendues aurait engagé le gouvernement de Washington à conserver, à l'étranger, au moins un des diplomates expérimentés, qui aurait pu l'instruire de ce qui se passait dans les cabinets de l'Europe. Telle paraîtrait avoir été la politique des administrations précédentes, à l'égard de M. Wheaton. A l'étranger, où notre système de rotation dans les emplois publics n'est pas connu, système qui, parce qui avait lieu pour M. Wheaton, ne semblait admettre aucune exception , même en faveur des services les plus éminents et des Le rappel <ie aptitudes les plus reconnues , le rappel de M. Wheaton paraisinexplicable sait à peine explicable. Il n'y eut pas un seul journal publié a utrat.Kti. ^ Allemagne, qui n'exprimât sa surprise de cette mesure du gouvernement américain, et la Gazette d'Augsbourg fit de son rappel le sujet d'un article de fond. Les seules raisons données pour son remplacement étaient précisément celles qui auraient dû lui ouvrir plus large encore la carrière diplomatique c'est-à-dire, sa grande expérience et les services qu'il avait déjà rendus.

Nous sommes informés des regrets que le roi de Prusse éprouva du rappel de M. Wheaton, non pas uniquement par une phrase du discours royal, qui aurait pu passer pour un compliment banal , mais par une note particulière d'Alexandre de vues du roi Humboldt, l'ami intime de Frédéric Guillaume IV. Le baron, ainsi

et du Baron

de Humboidt qu on le verra, ne pouvait considérer le rappel de M. Wheaton Mij.t. ^ comme une mesure qui devait le conduire à une plus grande

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