‹ Commentaire sur les Éléments du droit international, et sur l'Histoire des progrès du droit des gens de Henry Wheaton. Précéde d'une notice sur la carrière diplomatique de M. Wheaton (volume 4)Chapitre 48 sur 138 · HT. MISSION EN PRUSSE · texte numérisé non relu

HT. MISSION EN PRUSSE

élévation. Écrivant le 18 Juin 1846, il dit: «Le roi gémit souvent sur votre départ. Il sait combien vous nous étiez utile et il ne conçoit pas l'erreur d'un gouvernement qui se prive d'un tel appui. Je suis sûr que le roi et la reine seront touchés de la délicate attention du voyage de Madame Wheaton. Je ne puis encore me persuader qu'on ne vous destine pas quelque grande place en Europe. Votre nom et celui de M. Gallatin restent hautement placés, et vous avez sur lui l'avantage d'excellents travaux historiques; c'est une grande et belle conception aussi que celle qui a ouvert la route du Nord des États- Unis par Trieste, au Levant et dans l'Inde. On vous la doit. Agréez, je vous supplie, mon cher et respectable confrère, l'hommage de mon inaltérable dévouement — Alex. Humboldt. » Le baron de Humboldt fait allusion au plan de communication entre l'Amérique et l'Asie, à travers l'Europe et par l'isthme do Suez, plan dont nous avons déjà parlé à propos des dépêches de M. Wheaton.

L'opinion exprimée par M. Humboldt ne devait pas non plus être attribuée à un sentiment passager. En parlant de la visite qu'il fit à cet homme illustre, notre compatriote Stephens, dont on se souviendra longtemps , comme de l'auteur de la description des monuments de l'Amérique Centrale , et comme de celui dont les efforts pour créer des communications interocéaniques, vers lesquelles les facultés de M. Humboldt avaient été tournées pendant tant d'années, aboutirent au sacrifice de sa vie , s'exprimait ainsi : « Le baron de Humboldt s'enquit de M. Wheaton, notre dernier ministre dans ce pays, et de sa carrière à venir. Il dit, que l'on croyait généralement à Berlin, qu'il serait nommé ministre à Paris et il s'étonna que les États-Unis consentissent à se priver des services publics d'un homme si éminent dans l'école de la diplomatie et si au fait des institutions politiques de l'Europe. »

Dans une dépêche du 20 Juillet 1846, M. Wheaton annonce Remise par ainsi la remise de ses lettres de rappel, qui eut lieu le 18 du de' *es leur** même mois, au palais de Charlottenbourg: « Je fus introduit clt rappel dans le cabinet du roi et après avoir présenté h Sa Majesté ma lettre de rappel, je lui fis savoir que le Président désirait cultiver les relations amicales, qui avaient toujours existé entre les deux pays et que je m'étais toujours efforcé de main-

8fi

NOTICE 8UR M. WHEATON.

tenir pendant mon long séjour à sa cour. Sa Majesté voulut bien exprimer son appréciation du zèle que j'avais déployé, en cherchant à étendre les relations commerciales entre les États- Unis et les États de l'Allemagne, réunis par le Zollverein, et accompagna son dire de beaucoup d'expressions , trop flatteuses pour être répétées ici, de l'estime qu'il avait pour moi. J'eus après cela, l'honneur de dîner avec le roi et avec la reine, et pris finalement congé de Leurs Majestés qui m'exprimèrent de nouveau les sentiments les plus bienveillants. Mon vénérable ami, le baron de Humboldt, m'ayant informé que le roi aurait eu le dessein de m'offrir un exemplaire de la magnifique édition Le Roi de- des œuvres de Frédéric le Grand qui se publie ici, aux frais

sire lui faire . . . , c

présent des du roi, s il m était permis de recevoir un présent de Sa Ma- Frédéric !e jesté, je profitai de l'occasion pour faire la demande de l'ouvrage h™îont E, re- 8 pour la bibliothèque du Congrès, à Washington. J'ai reçu en "requête!* conséquence aujourd'hui de M. Olfers, Surintendant Général bïïJthSqïl' dn Musée Royal, les trois premiers volumes publiés, pour être

du Congre». remis ftu p r é S ident, »

La lettre suivante dans laquelle le baron de Humbold fait en plaisantant allusion à sa qualité de citoyen honoraire du Mexique, pays avec lequel les États-Unis étaient alors en guerre, nous paraît donner une idée tellement juste de la position occupée par M. Wheaton et sa famille à Berlin, que nous ne pouvons résister au désir de la publier:

« Monsieur et très-honoré confrère , le Roi et la Reine ont été si touchés de l'expression de vos regrets et de la noble émotion de Madame Wheaton, que le Roi, au moment où je l'abordai ce soir (nous avons soupé en plein air, sur la terrasse de Sans- Souci, mais sous la triste impression de la mort récente de l'oncle du roi, résidant à Rome) que le Roi, veux-je dire, m'a consulté sur le souvenir affectueux que la Reine pourrait offrir à votre digne épouse , en commémoration du vif intérêt que votre famille a inspiré dans ce pays.

La reine fait «J'ai dû lui dire qu'il venait au devant d'une chose, à

présent a

Madame laquelle j'avais pensé; qu'un souvenir de peu de prix, mais

W llt'Ilt OU lit?

son portrait contenant des images chéries, ne pourrait blesser dans le cercle e dt» e roi. u magique des plus grandes sévérités catoniques. Les formes de gouvernement ne peuvent altérer les affections sociales et les femmes ne sont pas soumises aux lois draconiennes. C'est

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