III. MISSION EN PBUSSE
d'offense à la France. D'après le général, les sentiments du Président, exprimés spontanément, suffiraient pour satisfaire son gouvernement. » #
Nous devons ajouter, que pendant l'interruption des relations entre le gouvernement de Washington et celui de Paris, et alors que l'Angleterre se préparait déjà à offrir sa médiation, des négociations officieuses, pour atteindre le même but, avaient lieu à Berlin, au su du duc de Broglie, ministre des Affaires Étrangères à cette époque, entre M. Wheaton et le ministre de France, M. de Bresson, qui avait débuté comme diplomate à Washington, où il s'était marié avec la fille d'un des juges de la Cour Suprême.
Dans l'arrangement amical de cette difficulté, nous trouvons conséquemment une nouvelle preuve de ce que peut effectuer, pour assurer la paix du monde, un ministre accompli, placé par ses habitudes et ses aptitudes sur un pied de familiarité avec les membres d'un gouvernement étranger. L'acquisition de la Louisiane, arrangée à l'amiable, il y a soixante-trois ans, ainsi que nous en informe le plénipotentiaire français , entre lui et les ministres américains, MM. Livingston etMonroe, vient encore à l'appui de notre assertion. ( Voir Makbois , Histoire de la Louisiane, Paris 1829, p. 32.)
M. Wheaton, rendit encore des services essentiels en plusieurs occasions, en conférant au sujet de notre politique, avec des hommes distingués, faisant, ou non, partie du gouvernement, tels que Thiers, Molé, De Broglie, et autres avec lesquels ses relations n'étaient pas du reste basées sur des considérations officielles. Dans la lettre du 15 Mai 1838, que nous avons déjà citée une fois, et qu'il adressa à M. Butler, de Paris, où il s'était rendu avant d'aller au Congrès du Zollverein, à Dresde, il disait: «Mon temps n'a pas été employé ici sans utilité, même en ce qui concerne les affaires publiques. Durant les quelques jours que j'ai passés ici, j'ai pris des informations sur plusieurs matières politiques et commerciales; j'ai vu un grand nombre de nos compatriotes et je me suis mis en contact avec les savants , surtout avec les membres de l'Institut. J'ai assisté aussi à plusieurs de leurs séances privées. »
Ce ne fut pas seulement en 1841 — 1842, époque à laquelle