‹ Commentaire sur les Éléments du droit international, et sur l'Histoire des progrès du droit des gens de Henry Wheaton. Précéde d'une notice sur la carrière diplomatique de M. Wheaton (volume 4)Chapitre 63 sur 138 · AVEC LE JAPON · texte numérisé non relu

AVEC LE JAPON

cate, 1 dont le premier fut renouvelé en 1856. 2 Un traité fut conclu avec Bornéo en 1850, 3 et un autre en 1856, avec la Perse. 4

Il y avait eu avant la mission confiée au Commodore Perry MUsiondu (qui était aussi commandant en chef des forces navales des i>,'r a ',', .>*

États-Unis dans les mers des Indes Orientales) une expédition au Japon en 1846 qui n'aboutit à aucun résultat, les Japonais ayant déclaré qu'ils ne permettraient d'autre commerce que celui qui était fait avec les Hollandais. En 1849, les Japonais avaient rendu au capitaine d'un vaisseau de guerre américain, envoyé pour les réclamer, des matelots naufragés sur leurs côtes. Le commodore Perry fit un traité avec le Japon T «Jj g»*i le 31 Mars 1854, et établit par là des relations très-bornées, il est vrai, avec cet Empire, fermé depuis 300 ans au commerce de tout le monde civilisé, à l'exception d'un trafic trèslimité avec la Hollande. 6

Le traité américain ouvrit des ports aux navires américains Relations

... . . - , très - bornées

pour s approvisionner, et pourvut aux cas de navires naufragés, établies par Il fut permis aux États-Unis de nommer un consul résidant à ° e tr " ,te ' Simoda. 6 Le gouvernement américain fut cependant obligé de reconnaître qu'en effet la faculté d'établir dans les ports de commerce, des comptoirs réguliers ne pourrait être réclamée par ses nationaux. 7

Les stipulations de ce traité furent étendues en 1857, à Tnjtj de notre profit, par les efforts et l'habileté de M. Townsend Harris, ministre américain. 8

Par un autre traité conclu le 29 Juillet 1858, les parties Traité du

, , » , » Juillet

contractantes sont réciproquement autorisées a nommer des isss. représentants diplomatiques, dont celui des États-Unis devra résider à Yeddo, et aussi des Consuls dans leurs ports respectifs. Outre les ports de Simoda et de Hakodadi, déjà ouverts par

1 U. S. Statutes at large, vol. VIII, p. 454, 458.

2 Ibid., vol. XI, p. 683.

3 Ibid., vol. X, p. 909.

* Ibid., vol. XI, p. 710.

5 Hawks' Narrative of Perry's Expédition, vol. I, p. 62, 65. « U. S. Statutes at large, vol. XI, p. 597.

7 Annuaire des Deux Mondes, 1855 — 56, p. 899.

8 U. S. Statutes at large, p. 723.

148 KAPPORTS DES NATIONS CHRÉTIENNES [Part. I,

des traités antérieurs, quatre autres ports devront être ouverts au commerce américain, et il sera permis aux citoyens des Le Président États-Unis de s'établir dans ces ports. Le Président des

doit agir -r.

comme mé- Etats-Unis sera requis d'agir, sur l'invitation du gouvernement japonais, comme médiateur dans les différends qui pourraient s'élever entre le gouvernement du Japon et celui de tout gouvernement européen quelconque 1 . Un tarif des droits d'entrée au Japon sur les marchandises est annexé au traité, et l'importation de l'opium est prohibée sous peine d'être détruit. L'échange des ratifications de ce traité eut lieu à Washington où le Taïkoun avait envoyé trois ministres plénipotentiaires. 2

Traité «vec Grâce à la crainte inspirée par les armes de la France et de la Frauce e et a l'Angleterre en Chine, et aux conseils de M. Harris qui peri Angleterre suada aux j a p 0na i s d'accorder de bon gré ce qui leur serait

arraché par force, des traités furent conclus par la même occasion avec la Russie, la France et l'Angleterre. Les deux derniers n'étaient à quelques variantes près que la reproduction du traité américain , mais la clause qui a rapport à la médiation du Président ne s'y trouve pas, ni aucun autre article analogue.

Traité avec L'Angleterre avait déjà conclu, le 14 Octobre 1854, quelques 1 a??»?"* mois après le premier traité américain, un traité avec le Japon, et le commissaire néerlandais en signa un autre le 15 Novembre 1855, qui confirmait et étendait les facilités commerciales Avec u>s dont les Hollandais avaient joui depuis longtemps. Il en fit Pa> îs56 S de un autre en 1856, qui fut également ratifié en 1858 avec des articles supplémentaires. 3 Avec u Un traité fut aussi conclu en 1861 avec la Prusse, mais

Prusse 1 ii

i86i. malgré les bonnes dispositions du gouvernement du Taïkoun, la haine contre les étrangers qui se manifesta dès les pre-

1 II y a aussi dans le traité des États-Unis avec la Chine une clause portant que, dans le cas où une autre nation agirait d'une façon injuste et tyranuique envers le gouvernement chinois, les États-Unis emploieraient leurs bons offices à l'effet d'amener un arrangement à l'amiable de la difficulté, témoignant par la de leurs sentiments amicaux. Treaties of the U. S., 1860, p. 71.

2 Treaties of the United States, 1858 — 59, p. 100.

3 Annuaire des Deux Mondes, 1858 — 50, p. 964.

Chap. I.] AVEC LE JAPON. 149

micrs moments chez les principaux damios ou nobles de Haine des l'empire fut bientôt partagée par toutes les classes de la po- «mETtet pulation. élrHn * ers -

C'est cette haine qui a obligé le gouvernement japonais à s'adresser aux puissances étrangères pour obtenir leur consentement à la remise à plus tard de l'ouverture des ports nommés dans les traités de 1858. Non seulement des étran- Meurtre des gers comprenant des personnes appartenant aux légations ont Vu HI Rcgent et été mis à mort, mais en 1860, le damio, qui gouvernait sous le taïkoun idiot qui venait de mourir, et qui avait été régent pendant la minorité du taïkoun actuel, fut lui-même assassiné. C'était lui qui avait fait conclure les traités de 1858. La vie du ministre anglais fut même mise en péril.

M. Ilarris avait su gagner, quant à lui, les bonnes grâces Le ministre des hauts fonctionnaires et continua à entretenir des relations réussit*'»" d'amitié avec le gouvernement du Japon. Ce fut par son entre- bonnes* mise que le gouvernement du Japon fit traduire dans la langue japonais* du pays les Éléments du droit international, tel que nous les avons publiés en 1855.

11 semble ressortir des documents officiels , qu'à la réception en Mai 1861 de la nouvelle de la mort de l'interprète de la légation américaine, le Secrétaire d'État, M. Seward, suggestion sans attendre les dépêches de M. Ilarris, qui absolvait le gou- wird'd'unë vernement japonais dans cette affaire, suggéra une Convention „»ïïie d ïb»îentre les puissances ayant des traités avec le Japon, dans le d^p d w£rari* but d'envoyer, de concert avec les États-Unis, une expédition navale dans ces parages. 11 s'agissait de faire savoir au gouvernement du Japon, que les puissances étrangères étaient décidées à faire exécuter les traités, et qu'elles étaient assez fortes pour obtenir leur exécution. Le gouvernement américain se rendit toutefois aux représentations de M. Harris qui avait obtenu pleine réparation de la catastrophe, dont un membre de sa légation avait été victime. L'idée de l'expédition fut non seulement abandonné, mais le Secrétaire d'État accorda à M. Ilarris la faculté de décider lui-môme sur la demande des Japonais à remettre à une autre époque l'ouverture de leurs ports. 1

de M. Harris.

1 Présidents message, 1862 - 63, p. 804.

EAPPOETS DES NATIONS CHEÊTIENNE8 [Part. I,

Mais depuis le départ de ce ministre expérimenté, il parait que les autorités et les populations ne font plus de distinction entre les Américains et les autres étrangers.

L'époque de l'ouverture des ports de Yeddo, d'Osacca, Iliaga et Nécé Gâta, fut remise par son successeur M. Pruyn, d'après l'autorisation accordée à M. Harris, à cinq années à partir du 1 er Janvier 1863. 1 un vaisseau \ u mo j s (j e juillet 1863, un vaisseau de guerre des États-

aniericain * °

ouvre les Unis attaqua et coula à fond des navires de guerre japonais, sous

hostilités. • ~~

prétexte qu'un navire appartenant à un daimio japonais avait tiré sur un vapeur marchand américain. D'après le compte rendu , il semblerait que l'officier américain aurait agi sans attendre des renseignements précis , et que le vapeur marchand que l'on croyait coulé n'avait pas souffert la moindre avarie. 11 paraît aussi que le vapeur américain se trouvait dans des eaux fermées au commerce étranger. * un amiral Après avoir reçu, le 20 Juin 1863, l'indemnité de 100,000

anglais corn-

romee 1» livres sterling, demandée par son gouvernement à celui du Ja-

guerre au ,

Japon, pon comme pénalité pour le meurtre d un de ses compatriotes, l'amiral anglais mit de côté le gouvernement central (soit qu'il repose dans le Mikado, soit qu'il appartienne légitimement au Taïkoun) , et fit la guerre au daimio que Ton regardait comme Destruction l'auteur de l'assassinat. Sous ce prétexte les Anglais brûlèrent

d'une ville de

180,000 hnbi- le 12 Août 1863 la ville de Kagosîma, contenant une population d'au moins 180,000 habitants, et située dans le territoire dudit daimio.

Le chargé Le Chargé d'Affaires anglais se rend responsable de ce utilisai sinistre par une dépêche publiée le 27 Juin à Yokohama, et Vom»wiSV adressée avant l'affaire, aux ministres des Affaires Étrangères du Japon (il y en a toujours deux au moins). Outre l'indemnité en argent ci-dessus mentionnée, il dit que, comme les ministres japonais avaient déclaré en plusieurs occasions, aux ministres des autres États étrangers, que le gouvernement japonais ne pouvait ni poursuivre ni arrêter des malfaiteurs sur le territoire du daimio prince Satsuma, une force

1 Diplomatie correspondence , 1864 — 65, p. 484.

2 Voir M. Pulyn à M. Seward, 24 Juillet 1863. Diplomatie correspundence, 1863 — 64, part. III, p. 1129.

Chap. I.] AVEC LE JAPON. 151

navale serait envoyée dans un port à lui appartenant, pour exiger de ce prince l'arrestation et l'exécution des assassins dont on avait parlé, de même qu'une indemnité de 25,000 livres sterling (625,000 francs) , pour être distribuée aux parents de la victime, et à ceux qui avaient échappé en cette occasion à la mort. En cas de refus, de délai ou d'évasion de la part du prince pour s'exécuter, l'amiral anglais aviserait à adopter les mesures coercitives les mieux calculées pour obtenir la réparation demandée.

Dans un mémoire de la « Société de la Paix » présenté à la u société reine d'Angleterre par l'entremise du Secrétaire de l'Intérieur, sur le» opéau sujet du caractère effroyable dont étaient empreintes les giS* alî dernières opérations militaires au Japon, et surtout de l'in- Ja ' ,on cendie de Kagosima «le comité expose que cet acte horrible de vengeance commis par les armes britanniques ne peut se justifier par aucune espèce de raison, nous ne dirons pas de justice et d'humanité, mais de droit international , ou même par les lois de la guerre. Les signataires sont profondément convaincus que des actes comme ceux-ci, qui malheureusement sont trop fréquents dans ces régions lointaines , impriment une tache durable au caractère anglais. Loin de seconder le progrès, à la cause duquel nous coopérons par nos efforts comme apôtres de la civilisation et du christianisme en orient, nous suscitons à sa marche une barrière insurmontable. « 1

Il paraîtrait, d'après le système public du Japon, que le Le Taïkoun pouvoir du Taïkoun (lequel semble jouer dans la hiérarchie po- e< 1 ' * d °' litique de l'Empire le même rôle que jouaient en France sous les rois de la race mérovingienne les maires du Palais), est strictement limité , et qu'il aurait outrepassé les bornes de ses attributions en concluant des traités sans avoir obtenu le consentement préalable du Mikado.

Il y a plus de deux cents ans que Ton a établi le pacte cou- Pwte constitutionnel, qui est connu sous le titre de lois gongensama. D'après ce système, les dix-huit grands daimios restaient maîtres à peu près dans leurs principautés. Une assemblée de grands daimios était chargée de proposer les mesures d'intérêt général: le taïkoun avait à les exécuter, lorsqu'elles avaient reçu la sanction du Mikado. Le Mikado avait été forcé en

1 Le Nord f 6 Décembre 1863.

152 RAPPORT DES NATIONS CHRÉTIENNES [Part. I,

1616 de sanctionner une loi, en vertu de laquelle le taïkounat devait être maintenu dans la descendance directe de l'héritier choisi par Hicos , ou dans les familles gasaukès.

Un écrivain français termine ainsi un article sur le Japon : « Toutes les investigations ont prouvé que le gouvernement avec lequel les étrangers avaient traité jusqu'alors n'était pas le vrai gouvernement du Japon, que la Cour de Yeddo ne pouvait prendre des engagements au nom de l'Empire, Traités con- Cl itin, que le Taïkoun, en concluant des traités avec les nations tSiioud. occidentales , en usurpant ainsi le pouvoir du maître suprême, s'était placé dans une situation illégale, et qu'il n'avait ni la force ni le droit d'accomplir les promesses faites aux étrangers. C'est dans l'erreur où nous étions, relativement à la puissance du Taïkoun, qu'il faut voir les germes de nos difficultés avec le Japon. » 1

Mécontente- Le Mikado fit valoir, à ce qu'il paraît, le mécontentement

raci k«(i(î. ' causé par ces traités pour reprendre son pouvoir. Le Taïkouu, qui émit en son propre nom l'ordre qui enjoignait à tous les étrangers de quitter le Japon avant le 25 Juin 1863, déclara qu'il agissait d'après les ordres du Mikado.

Le ministre américain (M. Pruyn) écrivit à son gouvernement le 30 Avril 1863, que le Taïkoun, de même que son tuteur, régent de l'Empire, et les trois ministres des affaires étrangères étaient partis le 31 Mars pour Kioto, d'après les visite du ordres du Mikado, et qu'une telle visite n'avait été faite par

T m£!So M aucun Taïkoun depuis 200 ans. Le 24 Juin 1863, le ministre japonais adressa une circulaire aux ministres étrangers au Japon, et leur notifia que le Taïkoun, qui résidait encore à Kioto

or.ire de re- et qui agissaient conformément aux ordres du Mikado , l'avait

fermet les

ports et ex- chargé de refermer les ports qui avaient été ouverts en vertu

puiser les

étrangers, des traités, et d'en expulser les sujets des puissances étrangères, attendu que le Japon ne voulait plus entretenir de relations avec eux. a

Ordre retire. Les ministres du Taïkoun annoncèrent, le 26 Octobre 1863, au représentant des États-Unis et des Pays-Bas que le décret

1 Annuaire des Deux Mondes, 1861, p. 788. — Revue des Deux Mondes, 1 er Mai 1863, p. 75, 97, 100.

2 Almanach de Gotha, 1865, p. 1033. — Diplomatie cor respondence, 1863 — 64, p. 1074, 1118.

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